Among The Living
Interview

Interview MALEMORT pour l’album Château-Chimères

Nous avons rencontré Xavier, chanteur et compositeur du groupe MALEMORT pour parler de leur dernier album Château-Chimères

malemort
Photo Thierry KIKEVIST

Pour commencer, comment s’est passé votre confinement et ces dernières années un peu compliquées pour tout le monde ?

Pour nous ce n’était pas un problème en soi. Nous étions revenus à un effectif plus restreint et nous étions en plein processus créatif de Château-Chimères. Nous étions déjà dans notre grotte. La mise en place d’un concept album nécessite déjà un auto-confinement quelque part. Donc, non, cela ne nous a pas gêné plus que cela.

Comment peut-on définir MALEMORT musicalement parlant ?

Pour moi il y a trois choses dans MALEMORT : Du Rock, du Métal et de la chanson. Les proportions diffèrent selon les morceaux. Mon postulat de départ, lorsque j’ai créé MALEMORT, n’était pas de surprendre à tout prix. Il s’avère que cela surprend malgré tout mais l’important pour moi c’est que la chanson existe et ait un sens. Le texte compte aussi beaucoup pour moi. Il n’y a pas que dans la variété qu’il y a une notion de « chanson ».

On comprend bien que tu es le créateur de MALEMORT et sa colonne vertébrale en quelque sorte. Quelles places ont les autres musiciens au sein du groupe et quel est ton rapport à eux ? La place de batteur au sein du groupe est accessoire ? car on ne le voit pas sur les photos promos ?

Lorsque j’ai créé MALEMORT, je voulais revenir au Métal mais avec mes conditions, et se démarquer de ce qui se faisait ailleurs. C’est ce que j’ai fait avec des amis d’enfance pour le premier album. Rapidement ils n’ont pas souhaité continuer car cela prenait trop d’ampleur (on est toujours de supers potes aujourd’hui). J’ai donc intégré les deux Sébastien aux guitares (Sébastien Berne et Sébastien Lafaye) et Jean-Christophe Tassin un peu après à la basse.
Le problème du batteur, dans le Métal, c’est que c’est un poste crucial pour lequel il n’y a pas tant de gens qualifiés que cela. C’est pour cela que l’on se partage beaucoup les batteurs dans ce milieu. Aurélien Ouzoulias, qui avait déjà joué sur le premier album, a rejoint naturellement le projet sans autres considérations pour l’instant. Les histoires de line up sont des histoires de groupe, les gens ne s’entendent plus parfois et les chemins se séparent.
Les 3 personnes qui ont créé Château-Chimeres, les deux Seb et moi, sont les mêmes qui ont créé Ball Trap.
Nous sommes un groupe de scène, mais nous sommes aussi un groupe d’album. On place l’écriture en avant, l’art du détail, les mélodies, c’est ce qui nous passionne.

Parlons du Artwork. C’est Laurent Blitz’Art, homme de cœur et tellement talentueux, qui s’en est occupé. Comment s’est construit votre collaboration autour du projet ?

Lorsque je suis en confiance avec des personnes, et que je sais qu’ils savent ce qu’ils font, je lâche totalement la bride. Ça rejoint un peu la question que tu m’as posée sur mon rapport aux autres au sein du groupe. J’ai contacté Laurent parce que j’adore son travail que je suis depuis longtemps. Je savais qu’il allait me proposer des choses décalées en rapport avec son univers, mais ce n’était pas grave car j’étais moi-même en décalage par rapport au mythe du château d’Hérouville. Quitte à aller dans le fantasme autant y aller jusqu’au bout.
Lui-même s’est passionné pour l’histoire du château d’Hérouville et on s’est vraiment compris et amusés comme des petits fous (rire). C’est ça l’important, de travailler avec des passionnés et qui plus est talentueux.


MALEMORT – Château–Chimères


Parlons du thème développé dans Château Chimères. On est une fois de plus sur le format d’un concept album avec comme fil rouge un lieu mythique (voire mystique) mais aussi le destin tragique de Michel Magne. Ce sont les deux protagonistes de l’album ?

Tu as raison de dire ça. C’est une sorte de dualité dans laquelle le château a « bouffé » Michel Mage. C’est une sorte de sortilège.

Tu avais déjà l’idée de faire un album sur cette thématique, et cela avant Ball Trap ?

Oui c’est ça. C’est une histoire qui m’avait fasciné quand je suis arrivé dans la région où je me suis installé. J’habite concrètement à 3 kilomètres du château. En plus à l’époque il y avait encore peu de sources écrites à ce sujet. J’ai retrouvé des bribes d’histoires dans les interviews d’artistes comme Iggy Pop, Bowie, ou encore Elton John, lorsqu’ils parlent de la France et évoquent leurs séjours au château.
Au moment ou je me suis intéressé à l’histoire je n’avais pas l’impression d’avoir l’angle d’attaque suffisant, d’avoir toutes les billes pour m’y mettre. J’ai mis cette histoire de côté et me suis attaqué à Ball Trap.

Lors de notre précédente rencontre tu me disais composer la musique avant les textes, c’est toujours le cas ?

Oui bien sûr. Lorsque je fais de la musique ce n’est pas pour faire le poète. C’est bien quand il y a ça en plus, mais pour moi la musique prime. Pour moi, quand je dis musique, j’inclus les mélodies vocales. Elles sont l’essentiel de ton morceau.
Lorsque j’ai tout ça d’établi, je bosse le texte en essayant de faire du mieux que je puisse. Chanter en français et que cela sonne sur une musique très rythmique, c’est le défi.
Il faut que cela colle aussi au concept album mais pas seulement. Les paroles de chaque morceau doivent évoquer individuellement quelque chose à l’auditeur.

En fait c’est un rock opéra ce Château-Chimères ?

Oui, il y a un peu ça. C’est marrant parce que je me suis longtemps méfié de ce genre de truc, car ce n’est pas toujours une réussite.

C’est une sorte de gros paquet qui contient 12 cadeaux différents en quelque sorte ?

Oui voilà, c’est très bien si cela fonctionne comme ça. Je n’ai pas l’impression que le fait de varier ton propos soit synonyme de disparate. En remontant très loin, tu prends certains albums de QUEEN, et tu passes d’univers très différents d’un morceau à l’autre. Et aujourd’hui on les trouve totalement cohérents.
Je trouve que c’est également très bien pour la scène. Cela permet aussi de faire respirer ton set et d’amener les gens à vivre un truc qui évolue.

Au niveau du chant tu as travaillé différemment que sur Ball Trap ?  On entend bien les variations que tu mets dans des titres comme « Quelles Sortes d’Hommes » par exemple et ton phrasé à la M.

Oui, tu as raison. C’est aussi le fait de se mettre au service du morceau. Je n’ai pas une grande voix, ni très variée, parce que je n’ai pas de grande capacité vocale. Mais ce que tu dis me fait plaisir car cela veut dire que j’arrive quand même à adapter mon chant au propos général. Je suis plus nuancé, j’ai aussi travaillé sur la diction et la rareté de la syllabe. J’ai épuré un peu les textes et je pense que cela ressort un peu mieux que sur les précèdents albums. De manière générale j’avais envie de faire quelque chose d’un peu plus épuré. Cela a impliqué une petite modification de mon écriture également.

Pourquoi ce final instrumental et cinématographique avec « décembre » ?

Alors en tant que fan de Métal, je me suis toujours un peu méfié des instrumentaux. Fut une période c’était un peu une figure obligée sur les albums, avec plus ou moins de réussite…
Avec «Décembre» j’ai tout de suite su que c’était celui-ci qui viendrait clore l’album sur la mort de Michel Magne.

Qui est Xavier Malemort au fond ? Un artiste nostalgique ? Un visionnaire ? Un anarchiste profondément libre ? Un peu de tout ça en même temps ?

(Rires) Tu me sers la réponse sur un plateau. C’est un peu tout ça en même temps. Tu as raison, la nostalgie c’est quelque chose qui me caractérise pas mal. Pour moi la nostalgie est aussi un outils de création. Avec la nostalgie tu n’es pas dupe avec toi-même, tu sais que tu fantasmes l’histoire, que tu la recrées en partie. Finalement ça génère des émotions en toi, ça agit comme un carburant et cela te permet de créer.
Regarde Château-Chimeres, c’est une création de 2022 mais l’énergie m’a été impulsée par cet endroit-là sans pour autant trouver d’influence 70’s.
La nostalgie est très présente dans ma vie, et lorsque le présent est moche cela me sert de refuge pour revenir plus fort. 

Je te laisse le mot de la fin.

Il faut écouter l’album car je pense qu’il y a des chansons qui peuvent vous accompagner pour un moment.


 

 

 

 

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