Rencontre avec Cédric, chanteur de Hangman’s Chair à l’occasion de la sortie de « Saddiction » leur dernier album.
Quand avez-vous commencé l’écriture de Saddiction ?
Comme pour les albums précédents, c’est Julien et Medhi qui ont composé la musique. Julien avait déjà quelques idées de riffs pendant la dernière tournée, c’est un processus assez continu. Mais cette fois, Medhi n’était plus en Île-de-France, donc ils ont travaillé chacun de leur côté, en élaborant des maquettes. Ensuite, avec Clément, on a écouté et ensuite on a proposé des arrangements et des idées pour finaliser les morceaux.
Comment s’est passé l’enregistrement ?
L’album a été enregistré cet été chez Francis Caste. Je ne l’avais pas réécouté pendant un moment, et je l’ai redécouvert juste avant la tournée avec Dool. Cet album est dans la continuité de Loner, tout en apportant évidemment des évolutions et des nouveautés.
Francis Caste semble jouer un rôle clé dans votre processus de création…
Oui, c’est un peu notre « cinquième Beatles » ! Il comprend notre musique, nous conseille et participe à la bonification de nos morceaux. Il m’aide beaucoup sur les parties chant, propose des idées, et son studio est un peu notre maison.
L’album Saddication comme tu l’as dit se place dans la continuité de Loner. Tu peux expliquer pourquoi ?
Tout à fait. On avait testé certaines choses sur Loner, et on a voulu poursuivre cette direction, notamment avec des sonorités claires, des effets chorus et des influences post-punk/cold-wave. Cela dit, on a aussi musclé certains passages avec un son plus massif, un peu dans la veine de Banlieue Triste.
Vous travaillez souvent sous forme de trilogies, est-ce encore le cas ?
Oui, c’est Julien qui est attaché à cette idée. Il considère que les trois albums précédents Loner forment une trilogie. Avec Loner, on a ouvert un nouveau chapitre sonore, que l’on prolonge avec Saddication. Si on fait un autre album, on restera logiquement dans cette même dynamique.
Avec Loner, vous avez gagné en visibilité. Qu’est-ce qui a contribué à cela ?
Notre signature avec Nuclear Blast a ouvert des portes et nous a permis de tourner en première partie de groupes qui nous ont exposé à un public plus large. Même si les spectateurs ne venaient pas spécifiquement pour nous, cela nous a permis de toucher de nouvelles audiences.
Vous avez collaboré avec Raven de Dool sur 2AM Thoughts, comment cela s’est-il fait ?
On avait déjà joué avec eux, mais initialement, aucun feat n’était prévu. Julien avait écrit un texte avec deux couplets identiques, ce qui me paraissait curieux. Finalement, on s’est dit que ce serait intéressant d’inviter Raven à poser sa voix, ce qui a donné une autre dimension au morceau. Ensuite, on est partis en tournée avec eux, et tout s’est aligné naturellement.
Dans le clip d’un de vos morceaux, vous mettez en avant « Keo », l’ancien chanteur d’Es La Guerilla. Pourquoi ce choix ?
C’est une idée de Julien. Il connaît Keo depuis longtemps, ils ont joué ensemble. Keo a traversé une période difficile, mais il s’en est sorti, et Julien lui a proposé d’apparaître dans le clip car cela correspondait parfaitement au thème du morceau. Une excellente idée selon moi.
Vous avez aussi réalisé un mini-documentaire sur votre chaîne YouTube…
Oui, même si on n’est pas très branchés réseaux sociaux, on trouvait intéressant de raconter un peu notre histoire sous un format court.
Votre identité visuelle est très marquée, notamment inspirée de l’environnement urbain. Pourquoi cette esthétique ?
Ce n’est pas calculé, c’est simplement notre réalité. Nous avons grandi dans cet univers de béton, de banlieue, et cela se reflète naturellement dans notre musique et nos visuels. Nous aimons aussi jouer avec les contrastes et faire émerger une certaine lumière au milieu de cette ambiance sombre.
Vous allez tourner pour Saddication ?
Oui, quelques dates sont prévues en mars. Pour l’instant, on se concentre sur la France. On aura un set plus long, ce qui nous permettra de jouer des morceaux plus anciens. Pour l’international, ce sera plutôt en 2025-2026, notamment pour marquer les 20 ans du groupe.
Quel est ton rapport à la consommation de musique aujourd’hui ?
Les plateformes comme Deezer ou Spotify ont changé notre manière d’écouter la musique. Je ne rachète plus de CD, mais j’aime toujours posséder de beaux vinyles. Je suis aussi attaché à écouter un album dans l’ordre, comme un livre, car chaque artiste construit son disque avec une logique.
Comment gérez-vous le fait que Julien et Clément jouent aussi dans Archangel ?
On s’organise ! Cela ne pose pas de problème.
Vous n’avez jamais sorti d’album live, est-ce une possibilité ?
On n’en a jamais vraiment parlé, mais certains de nos concerts, comme celui du Hellfest, sont très bien filmés et disponibles en ligne. Un moment particulier que j’aurais aimé immortaliser, c’est notre concert avec Regarde Les Hommes Tomber au Trianon. On était tous sur scène, mixant nos styles, ce qui a surpris pas mal de monde. C’était une expérience unique et un vrai challenge de chanter en clair sur du black metal. Même Francis Caste nous a dit : « Les gars, il faut enregistrer ça ! »



