AVANTASIA
L’Olympia – Paris
10 Avril 2019

Avantasia, une alchimie bien dosée
L’Olympia semble resserrer ses murs sur le public, tant celui-ci se presse dans la fosse… Un mercredi de printemps, l’ancien music-hall donne rendez-vous aux fans de power metal pour la venue inédite d’Avantasia. Le projet fou de Tobias Sammet, compositeur et frontman du superband mélodique teuton, propose ni plus ni moins qu’une représentation de son metal opera dans la capitale.
Au programme ? Un show grandiose de trois heures passées, démarrant après une première partie remplacée par un DJ set sans saveur. Dommage… Dès les premières nuées de fumées annonçant le démarrage du show sur les starting-blocks, le groupe se fait pardonner son absence de première partie ! Empirique, jamais sirupeux, Avantasia surprend par sa capacité à alterner entre moments heavy très old school et parties mélodiques assumées.

La renommée mondiale de la formation se perçoit instantanément : les allemands voient grand, et n’hésitent pas à faire monter sur scène quelques illustres guests. Le temps d’un morceaux ou deux, ce sont Jorn Lande, Ronnie Atkins, Geoff Tate de Queensÿche et Eric Martin de Mr. Big qui prennent place aux côtés de Sammet pour des duos symphoniques.
Burtonien dans ses décors et sa féérie assumée, l’opéra rock adopte des airs de comédie musicale un brin hard, digne des planches de Broadway. La production n’hésite pas à jouer sur le décorum, entre une scène ponctuée d’arbres effrayants façon Sleepy Hollow, des lanternes dignes d’une ruelle londonienne époque Jack L’Eventreur, de la brume constante et un groupe de choristes ! Sur l’arrière-scène, épouvantails et citrouilles se succèdent, comme autant de symboles théâtralisés formant l’identité d’Avantasia.

Entre Helloween et Within Temptation, l’ambiance du live des allemands est poussée à l’extrême ! Que l’on adore ou que l’on déteste, cela se doit d’être sans modération. Au niveau des titres, la setlist fait honneur aux huit albums studio de la formation. Lost In Space, Dying For an Angel, sans oublier l’extraordinaire The Scarecrow, titre de onze minutes emblématique de la formation germanique.
Tobias Sammet connaît son audience et le dévouement qui s’y rattache : il ne cesse de défier la foule de maintenir son attention face aux titres démesurés, qui ne semblent jamais longuets pour les fans de metal symphonique ! Là où Nightwish invite à la déconnection durant chaque live, prônant un escapisme assumé, Tobias demande à son audience de sortir leurs smartphones régulièrement, invitant à une communion à l’ère de la communication et des flashlights. Minuit approchant, le show s’arrête soudain comme le ferait un conte face au carillon d’une horloge… Le temps de la fin, et la prompte clôture d’une parenthèse féérique.

