DIMMU BORGIR – BEHEMOTH – DARK FUNBERAL
Le Zenith de Paris – Vendredi 16 octobre 2026
Un concert LIVE NATION
Photos @Stéphan Birlouez
Zénith de Paris : Behemoth fait feu, Dimmu Borgir ferme la messe noire avec Nergal
Avec les flammes de la tournée « In League With Satan », Behemoth a promis à Paris son meilleur concert de tous les temps. Dimmu Borgir a clos la soirée avec une surprise : Nergal, sans maquillage, venu chanter la reprise de Venom.
Ce vendredi 16 octobre, le Zénith a accueilli la sixième étape de la tournée « In League With Satan », entamée à Zurich le 9 octobre. Deux albums neufs portent l’affiche : I, Scvlptor pour Behemoth et Grand Serpent Rising pour Dimmu Borgir, avec Dark Funeral en ouverture. Pour l’étape parisienne, le programme était réglé comme du papier à musique : Dark Funeral à 19 h, Behemoth à 19 h 55 et Dimmu Borgir à 21 h 45, pour une soirée close vers 23 h.
Dark Funeral : une demi-heure, mais pas de temps mort
Setlist (30 minutes) : Unchain My Soul ; The Secrets of the Black Arts ; The Arrival of Satan’s Empire ; Let the Devil In ; Where Shadows Forever Reign
Le groupe suédois ouvre le bal avec 30 minutes au compteur, ce qui est un peu scandaleux au regard de sa discographie. Comme Soilwork, qui avait joué au Zénith quelques jours plus tôt en première partie d’Amon Amarth, Dark Funeral doit composer avec un espace de jeu extrêmement amputé : cinq mètres, au grand maximum, entre le backdrop et le bord de scène.
Le groupe compense par l’énergie, présente du début à la fin, et par des éclairages très stroboscopiques et assez criards. Ils installent une relativement bonne ambiance black metal pour un groupe d’ouverture. Le chanteur agite le drapeau du groupe sur le dernier morceau, et c’est déjà fini.
Dommage, car c’était plutôt bien, malgré un mix assez sale : la voix et la batterie sont sur-représentées, les guitares en nappe, et la basse quasi inexistante, memepêndant le duo basse batterie (c’est dire!).
Behemoth : plus de divertissement que de black metal
Setlist (1 h 15) : Daimonos ; Ora Pro Nobis Lucifer ; Thy Becoming Eternal ; The Shit ov God ; Conquer All ; Blow Your Trumpets Gabriel ; I, Scvlptor ; Ov Fire and the Void ; To Drown the Svn in Wine ; Bartzabel ; The Shadow Elite ; Chant for Eschaton 2000 ; (rappel) O Father O Satan O Sun!
Les Polonais passent avant Dimmu Borgir, et la soirée gagne en puissance. Pas de grande surprise : Behemoth ressemble franchement aux Amon Amarth du black metal. Le groupe propose plus de divertissement que de true black metal, même s’il n’y a évidemment pas le moindre accroc.
C’est une musique à grand spectacle, dont le mix est incroyable et dont tout est très en place. Côté underground, en revanche, on repassera. On a heureusement échappé à l’ordre de ramer façon Amon Amarth, mais on n’en était pas loin.
(Gérard de) Nergal, lui, est en veine de promesses. Il lance que Paris est de loin sa date préférée de toute la tournée, qui n’en est qu’à la moitié. Il rappelle que le groupe est déjà passé par l’Olympia et la Philharmonie, mais assure vouloir faire de ce soir le meilleur concert de Behemoth à Paris de toute leur histoire.

Et c’est chose faite!! Lorsque ‘on propose un tel niveau d’esthétisme dans les clips (chose qui devient rares, à l’exception de Lyrics vidéos, moins chères et prises de tête), c’est toujours un pari risqué que de s’aligner sur le même niveau d’exigence sur la scene. Et pourtant! Le public est évidemment conquis, et moi avec.
Et on n’échappe évidemment pas aux flammes, encore et toujours. Sur une chanson, les lance-flammes crachent en continu, et même depuis le fond de la salle d’où je me trouve, la chaleur se fait sentir. Les premiers rangs de la fosse ont dû payer le prix fort et ressembler à des Kebabs en fin de soirée sur la place de la République.
Sur un autre morceau, Nergal est juché sur un pupitre, des lance-flammes aux bras. Le dispositif a semblé avoir un léger souci d’activation : un technicien a couru puis est resté derrière le pupitre pendant toute la chanson pour s’assurer que tout fonctionne.
Le polonais jete tous les 3 lyrics un coup d’oeil de droite et de gauche derriere lui vers le bas en quete d’un signe encourageant du pyrotechnicien. Cela peut n’être qu’une impression, mais elle rappelle le prix d’un tel spectacle, qui demande une vigilance de chaque instant en coulisses.
Dimmu Borgir : un set sobre, et un béret qui m’interroge
Setlist (1 h 15) : Ulvgjeld & Blodsodel ; Mourning Palace ;Kings of the Carnival Creation ; Council of Wolves and Snakes ; As Seen in the Unseen ; Ascent ; Reptile ; The Serpentine Offering ; Puritania ; Gateways ; In League With Satan (reprise de Venom, avec Nergal) ; Progenies of the Great Apocalypse
Après la débauche de moyens de Behemoth, Dimmu Borgir propose un set beaucoup plus proche de ce qu’on attend d’un groupe de metal extrême. Pas de chorégraphie dans tous les sens, pas de scénarisation poussée, pas de changement de costume tous les trois titres.
Le contraste est net, et le moment n’en est pas moins très plaisant. Les Norvégiens mêlent leurs nouveautés (Ulvgjeld & Blodsodel, As Seen in the Unseen, Ascent) bien accueillis par un public fan et averti ayant visiblement déjà posé ses chastes oreilles sur le nouvel opus, et leurs classiques, de Mourning Palace à Gateways,en passant par Reptile et Progenies of the great apocalypse.

De quoi donc combler le fan que je suis, tombé dans la marmite du groupe il y a déjà 26 ans. Aucun accroc pendant le set, qu’il s’agisse du son, l’exécution des musiciens, de la pyro, du son et lumière. On sent bien les 30 ans d’expérience du groupe sur des grosses scènes.
Le moment fort est la reprise de Venom, « In League With Satan », la chanson qui donne son nom à la tournée. Elle a été jouée dès le premier soir à Zurich par Behemoth avec Shagrath en invité. À Paris, la scène s’inverse : c’est Dimmu Borgir qui l’interprète en duo avec le chanteur de Behemoth.
Nergal arrive tout en cuir, mais sans maquillage et sans sa tenue de scène, loin de l’imagerie qu’il affichait une heure plus tôt.

Une réserve, tout de même : l’un des guitaristes porte un béret sur la tête, et on ne comprend pas bien pourquoi. Est-ce un accessoire qu’il arbore sur toutes les dates de la tournée, ou un clin d’œil au public parisien ? Si c’était le second cas, ce serait de très mauvais goût et franchement cliché, digne d’un touriste américain ou chinois perfusé à Émilie in Paris.
Le bilan
Le Zénith a eu droit à une soirée de gros spectacle : un Dark Funeral trop court mais énergique, un Behemoth au mix irréprochable et à la pyro généreuse, et un Dimmu Borgir plus sobre qui conclut sur un duo attendu.
Reste à savoir si Nergal a tenu son pari de faire de cette date son meilleur Paris. Le public, lui, a sûrement eu son compte de feu et de cuir, à un niveau à rendre jaloux le Metal God Rob Halford.
























































