Among The Living
Live Report

FOREST FEST 2023

FOREST FEST 2023

14 – 15 juillet 2023

 

 


L’association La Horde Séquane nous propose ce beau week-end du 14 et 15 juillet placé sous le signe du metal extrême. Si en France, le jour de la fête Nationale est férié, cela n’a pas empêché des voyageurs venus d’Allemagne et de Belgique notamment, de venir également à Chevenez en Suisse.

Le site de la Cabane Forestière semble juste parfait. Une petite route pour y parvenir, avec un parking à une centaine de mètres de l’entrée et un camping avec une belle vue sur les montagnes du Jura à proximité. Le lieu du concert lui-même est agréablement placé sous l’ombre de grands arbres, et la scène est accolée à la Cabane, qui sert ici de backstage.

La petite clairière est entourée de divers stands, mais aussi de quelques bancs et des tables fort utiles.

Tant pis pour ceux qui n’ont pas fait le déplacement !

Autrement dit, on frôle des conditions idylliques, avec même des toilettes en nombre suffisants (avec du papier jusqu’à la fin !). Les bières proposées, à des prix raisonnables, comportent même une petite bière artisanale très correcte. Niveau nourriture, quelques plats chauds sont proposés, et il y a même la possibilité de prendre un petit déjeuner fort correct.

Voilà de quoi planter un décor très positif en tout cas, et permettre le déroulement des concerts dans de bonnes conditions.

La jauge est limitée à 500 personnes, ce qui peut sembler peu, mais qui a l’immense avantage d’offrir d’excellentes conditions pour les spectateurs. Ici, pas de congestion, de longues files d’attente et l’obligation d’assister de loin aux concerts ! On aurait presque oublié que sans une foule immense, le plaisir est décuplé.

Evidemment, on ne verra pas Metallica ou Iron Maiden ici, et l’affiche se concentre autour de quelques noms connus, et d’autres formations plus modestes. Cependant, on peut féliciter la Horde Séquane pour un choix très cohérent et offrant une certaine qualité, jusqu’aux groupes méconnus. Le festival se contente, avec efficacité, de satisfaire son public, et tant pis pour ceux qui n’ont pas fait le déplacement !



Mais venons en au vif du sujet.

Nous sommes là pour la musique évidemment !

Vendredi 14 juillet

Un petit retard à l’allumage, mais visiblement le groupe Grenoblois Blackowl a eu des petits soucis avec nos amis douaniers. C’est donc aux voisins venus du Doubs, à savoir Je, de débuter les hostilités à 15h tapante.

Un début assez idéal et progressif, qui permet d’apprécier une bière tout en écoutant leur black metal quelque peu mélancolique durant un petit set court, mais efficace.

On peut remarquer de suite que le son est très correct, ce qui promet pour la suite.



Honneur au pays d’accueil, avec les Genevois de Eggs Of Gomorrh de montrer un peu plus de bestialité. Leur black est fortement teinté de death metal, et ce n’est pas pour nous déplaire.

Les riffs lourds, les avalanches de percussions, règnent en maître ici. Des morceaux comme « Wombspreader » ou « Disciples of Terror » pour ne citer qu’eux, démontrent qu’ils savent s’y prendre dans ce style.



C’est au tour de Necromorbid de monter sur scène. Venue d’Italie, cette obscure formation enchaîne les morceaux tous plus frénétiques les uns que les autres. On sent la rage monter. Dysangelium au chant, éructe avec ferveur ses paroles impies. La possession n’est pas loin !


Après la frénésie, on revient à de la bestialité avec les nordistes d’Excruciate 666, qui pratiquent un black metal brutal et sans fioriture que l’on pourrait facilement qualifier de 100% pur porc.

Autrement dit, on revient aux racines du black metal : violence, haine, pas de compromis. Il y a un petit côté Impaled Nazarene qui ressort à l’écoute de leur musique.

On pourrait presque résumer la prestation au titre éponyme « Porkus Diabolikus » !



Restons dans le black metal pure souche, mais avec plus de lourdeur, une ligne de basse qui bourdonne comme pour célébrer les sons infernaux, avec plus de subtilité aussi.

Les Belges de Goat Torment savent ralentir leur chevauchée, avec des midtempos voire des passages à la limite du doom à l’occasion de quelques rares moments. Mais que l’auditeur ne s’y trompe pas, on reste bien dans une démonstration de violence menée avec efficacité.



Le soir approche, et le grand nord arrive sur scène, avec les Finnois d’Urn. Les influences thrash se devinent facilement, même si la formation reste attachée à l’imagerie et aux sonorités black metal. Néanmoins, le côté entraînant, à la limite de dansant s’en détache souvent.

Le show est professionnel et efficace.



La nuit tombe à peine quand monte sur scène la tête d’affiche de ce premier jour du Forest Fest.

La formation d’Asagraum nous offre un aperçu convainquant ce que peut être le black metal avec une touche de féminité.

Hormis pour ce qui est de l’aspect visuel, il faut avouer qu’il n’y a pas grand-chose de féminin dans leur musique. Nous sommes bien face à un mur de son d’un black metal somme toute assez classique, qui aime fleurter avec les midtempos, mais néanmoins très efficace ce soir.

Une mention spéciale est à décerner à A. Morthaemer, qui nous a offert un show sans aucune faiblesse avec sa cadence infernale à la batterie. Et ce n’est certainement pas quelque chose de facile à réaliser dans ce style musical quelque peu épuisant physiquement !

Mais rendons justice à l’intégralité du groupe qui nous a proposé ce soir un véritable rituel, avec une certaine prestance, il faut bien le reconnaître.



La soirée n’est pas encore finie pour autant après la chevauchée des Valkyries qui vient d’avoir lieu, c’est au tour de Welcome To Hell, un tribute band de Venom, qui vient nous offrir une setlist reprenant tous les classiques : « In League with Satan» , «Countess Bathory» et bien sûr le célèbre «Black Metal» parmi bien d’autres, tant la discographie des vénérables précurseurs est immense.

Rien à redire, Welcome to Hell a fait son travail avec efficacité.



Notons pour finir, que tard dans la nuit, les organisateurs ont permis à Blackowl de jouer malgré toutes leurs difficultés pour arriver sur place, afin de clore la première journée du Forest Festival correctement !


Samedi 15 juillet

Le lendemain samedi, les festivaliers ont pu plus ou moins récupérer de la vieille, et ont attaqué ce second jour avec le démon de midi qui a pris l’apparence de Pechstein.

Ce groupe Suisse nous propose un apéritif basé sur un black metal très guerrier, qui aime à faire rouler les tambours et la double-caisse.

La journée s’annonce très bien vue l’entrée en matière que nous venons d’avoir !



Un petit détour par la Belgique, nous amène avec Perkölatör vers un black’n’roll entraînant.

Leur premier album ne devrait pas trop tarder à sortir, en tout cas, sur une scène, ils ont l’air d’être tout à fait prêt !



On reste dans le pays de la bière (et des frites pour donne un indice plus pertinent à ceux qui pourraient avoir un autre goût en matière de houblon), avec une bonne vieille formation de death metal : Bones.

Très franchement, un certain côté groovy ne peut que faire penser à un Morbid Angel qui serait revenu en 2023 en pleine forme !

Une belle prestation en tout cas, sous le soleil de l’après-midi qui a divisé le public en deux : ceux qui aiment cuire (peu nombreux) et ceux qui profitent du côté ombragé sous les arbres qui apportent une fraîcheur bienvenue.



Le Mexique est un pays qui aime le black metal, il est donc logique de retrouver, bien loin de chez eux, perdus à Chevenez, un groupe venu de cette contrée éloignée.

Ash Nazg Bùrz est donc là pour porter haut et fort la flamme infernale. Et ne parlons pas que de météo du moment qui fait passer tout porteur de veste en cuir de masochiste ou du moins de dur à cuire !



Dans un autre style, mais avec tout autant d’énergie, nous voilà devant le death metal entraînant et survolté par la présence des musiciens de Deathcult.

Ces Suisses sont la preuve vivante que tout ce qui concerne la lenteur et la retenue helvétique n’est qu’un cliché de plus !



Il est presque 17h, fini la rigolade, place à la folie, disons même place à l’apocalypse avec les Français de Hats Barn.

Le shaman dément qui mène la cérémonie propage à merveilles son message de destruction et de haine. Le spectacle est vivant et tout est très travaillé : encens, bougies, chapelets d’os, « bénédiction » de sang sur le public. Bref, il y a à boire et à manger dans le show de Hats Barn !

Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas, mais comment faire autrement devant une prestation si charismatique ?



L’après-midi touche doucement à sa fin, et les choses sérieuses commencent.

Place à l’éternel Himinbjorg ! Même en ayant vu ce groupe à de nombreuses reprises en plus de dix ans, on ne peut constater qu’une chose : Himinbjorg reste unique.

En effet, leur black/pagan metal a quelque chose de spécial. Certains passages sont réellement éthérés, tout en gardant une grande puissance. Autant il y a de nombreux groupes qui, de loin, se ressemblent un peu tous, que l’on aime ou que l’on n’aime pas, autant Himinbjorg a sa propre sonorité, sans jamais se répéter.

Ce très beau set qui raconte l’histoire du groupe à travers plusieurs époques se termine par l’excellent « Rising » venus des temps antiques de l’album « In The Raven’s Shadow », et non pas par la traditionnelle reprise d’Impaled Nazarene « The Horny and The Horned ».

Ceci dit, pourquoi faire une reprise quand on a une riche discographie sous la main ?



Histoire de mettre l’ambiance, deux cordes de pendaison sont accrochées à la scène. Nous voilà devant un groupe qui met le poids sur l’aspect suicidaire et dépressif du black metal. Les américains de Happy Days, ainsi nommés en référence et surtout en opposition à cette vieille série pleine de bonne humeur et d’un humour léger, incarnent réellement leur rôle.

Pas une once de joie, pas un moment de bonheur, rien que la froideur et le désespoir. Quelle meilleure catharsis ?

Ceci dit, à part un morceau particulièrement rempli de pathos, « Let me in », quelques morceaux bien plus mouvementés et tout aussi torturés constituent l’essentiel du show.



La nuit tombe sur le site et nous arrivons au trio des finalistes.

Commençons par Agressor. Alex et sa bande de joyeux lurons ont toujours autant de plaisir et d’énergie à jouer depuis tant d’année ce thrash metal à la française qui dépote !

L’ambiance est sombre, le rouge domine, de « The Sorcerer » à « Rebirth » ou « Someone to Eat », tout y est ou presque ! Que demander de plus (bon, d’accord, à part peut-être l’intégral de « Medieval Rites », mais c’est une histoire de goûts personnels !) ?



La tête d’affiche s’installe tranquillement sur scène, pendant que le public se fait de plus en plus nombreux. La tournée des « 30 ans » d’Incantation passe par la Suisse ce soir, et nous avons bien de chance d’y participer dans d’aussi bonnes conditions.

Le son est particulièrement lourd, et on sent immédiatement le niveau de professionnalisme qu’a atteint Incantation à travers toutes ces années de bons et loyaux concerts.

Que dire de plus que ce n’est pas pour rien que ces américains font partis du top de la scène death metal mondiale. Rien qu’à entendre les grognements en infra-sons de morceaux comme « The Ibex Moon » ne laisse aucun doute sur la question.

Un coup de pied dans la tête qui durerait le temps d’un concert entier, voilà ce qu’est Incantation !



L’honneur de clôturer le Forest Fest 2023 revient aux Norvégiens de Koldbrann.

Les morceaux sont efficaces, mais il manque visiblement quelques petits réglages. Le groupe s’arrête souvent entre les morceaux, pour rééquilibrer certains aspects techniques. On sent que cela reste un concert de rôdage.

Cela n’empêche en rien à la qualité musicale et les amateurs de black metal ne peuvent que reconnaître que le grand nord n’est pas à l’origine du style pour rien.



Cette édition 2023 du Forest Fest a démontré plusieurs choses.

Premièrement, c’est toujours dans les petits fests conviviaux que l’on fait les meilleures expériences, à moins d’apprécier la foule et d’être en rang de sardines bien sûr.

Deuxièmement, une affiche bien construite ne demande pas forcément la présence de nombreuses têtes d’affiche.

Troisièmement, c’est avant tout le public qui détermine si un festival est sympathique ou non. Ici, le public a été extrêmement respectueux. Aucune embrouille et les gens n’hésitaient pas à laisser la place devant la scène en demandant poliment. C’est assez rare pour être souligné.

La Horde Séquane a su organiser parfaitement bien ce festival, et je vous conseille déjà de noter la date du prochain Forest Fest sur votre agenda de début juillet !

N’oubliez jamais le travail que doivent fournir les bénévoles pour que ce genre d’événements reste possible, et sans le soutien du public, rien ne peut se faire durablement !



Thomas Orlanth

PS : Et encore merci à Florian, un bénévole du parking qui n’a pas hésité à aller me chercher un tire-bouchon bien utile et de me le confier pendant tout le week-end !


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