Among The Living
Live Report

LAST TRAIN + LULU VAN TRAPP live @l’Olympia Paris

22 Mars 2022, 2 ans que le « Dernier Train » était à quai en gare de Paris-Olympia.

Pour « Last Train », c’était la consécration d’avoir son nom en lettres rouges sur la façade de cette mythique salle Parisienne. En Novembre 2014 quand je discutais dans les studios de RTL 2 avec Jean-Noël, et que l’on évoquait cette salle, il m’avait répondu avec plein d’étoiles dans les yeux ‘oui bien sur… un jour…’ 8 ans après le rêve est devenu réalité.

Avant d’embarquer à bord du ‘Dernier Train’ en direction d’Altkirch (Alsace), c’est au groupe parisien ‘Lulu Van Trapp’ que revient l’honneur d’assurer la première partie.
Nico à la batterie, Manu à la basse, Maxime le titi parisien par excellence avec ses rouflaquettes et son béret à la guitare et enfin Rebecca au chant dans une robe particulièrement échancrée.



Ce qui saute aux yeux dans ce quatuor, c’est avant tout le tandem Maxime / Rebecca qui est pour moi, est le squelette du groupe. ‘Lulu Van Trapp’ est donc cet exosquelette sur lequel viens se greffer un habillage avec leur bassiste & batteur. De part l’attitude scénique, gestuelle, complicités & énergie Maxime & Rebecca rappelle immédiatement 2 pointures de la chanson Française : ‘Catherine Ringer’ & ‘Fred Chichin’ des Rita Mitsouko.
20 heures, Rebecca va hypnotiser l’auditoire pendant 30 minutes par ses déhanchements, ses jeux de jambes, son regard envoutant et complice avec le public et les photographes, mais aussi par sa voix, car Rebecca est surtout une chanteuse à voix, parfois dans un registre très émotionnel, ou rock psychédélique qui sent bon les années 60/70 la grande époque des Pantalons Patte d’Eph , des mouvements Peace & Love / Wildflower, malgré son jeune âge, au travers de son chant, de ses chansons, on peut deviner qu’elle puise une partie de ses influences dans ‘Les Ronettes’, ‘The Supremes’, ‘Otis Redding’…



Surprendre son public est peut-être le credo de ce groupe, car derrière cette musique qui peut au premier abord paraître très sentimentale, ils arrivent néanmoins à électriser le public, et mettre le feu à la salle, oui ça peux paraître paradoxal, mais peut-être qu’il faut chercher un élément de réponse dans le passé du groupe (qui s’appelait ‘La Mouche’ auparavant), ou Maxime le guitariste était dans un univers musical beaucoup plus Punk…



Sur scène, on sent bien que Maxime se retient un peu d’exploser, comme l’aurait fait Steve Jones à la grande époque des Sex-Pistols, mais quand la pression devient trop forte, il ne peut s’empêcher de décoller de sauter comme un cabri, de faire des grands écarts aériens… et se défoule comme un damné sur sa guitare…
Cette alchimie, ce mélange entre des braises encore incandescentes de la vague Punk de Maxime et la douceur/sensibilité de Rebecca opère à merveille.



21 heures pétantes, nous n’apercevrons pas le chef de gare, nous n’entendrons pas non plus le jingle de la SNCF, ni le coup de sifflet annonçant le départ du Paris-Altkirch, mais de la cour apparaisse la section rythmique de ‘Last TrainTim à la Basse, et Antoine aux fûts, chargés de faire démarrer la locomotive.

C’est ainsi que les fondations de l’Olympia commencèrent à trembler sur le titre ‘Disappointed’ (issue de l’album ‘The Big Picture’) avec sa redoutable ligne de basse en intro, qui louche un peu sur ‘Killing In The Name’ (Rage Against The Machine), mais ô combien efficace pour retourner sens dessus dessous en moins de 30 secondes la fosse de l’Olympia, quitte à déjà commencer à échauffer un peu trop les esprits de certains décérébrés dans la fosse.


LAST TRAIN
Une fois l’assise rythmique en place, Julien et Jean-Noël font leurs apparition sur la scène de l’Olympia, dans une salle en pleine ébullition, Jean-Noël commence déjà à arpenter en long en large la scène comme il a le secret, tel un boxeur sur un ring de boxe, cherchant à esquiver un adversaire invisible armé de sa demi-caisse Gibson noire, et dès les premières ligne de chant la fosse déjà reprend à l’unisson les paroles, les textes qu’ils connaissent visiblement par cœur, tandis que son acolyte Julien à la 6 cordes dans son élégant costume gris, commence déjà à maltraiter sa télécaster, pendant qu’Antoine assassine de plus en plus sa batterie, quitte à se lever, pour frapper encore plus fort, c’est ça ‘Last Train’ un spectacle visuel permanent, mis en lumière, ou plutôt souvent en ombre chinoise afin de toujours conserver un coté dark ou une ambiance mystérieuse, les blousons noirs du Rock Français, la relève de ‘Noir Désir’ -entre autres- se sont eux, c’est Last-Train.


last train


Un Olympia complètement K.O

Pas d’escale, pas de temps morts, qu’ils enchaînent direct avec « Fire » un chef d’œuvre issue de l’album ‘Weathering’… comme le slogan méfiez vous toujours de l’eau qui dort, sous son apparente intro très calme à la guitare sur le canal clean « Fire » est d’une violence redoutable quand tombe le refrain, on plonge dans un univers beaucoup plus dark, beaucoup plus ténébreux, dans l’esprit de Paranoid de Black Sabbath, mais Last-Train est capable comme la musique dite ‘alternative’ (au sens propre du terme) de retrouver à la mesure suivante, calme & sérénité, les lights sont parfaitement synchronisées à la musique, et être aussi très violente, à grands coup de strobs, « Fire » malgré sa longueur presque 8 minutes sur scène reste la marque de fabrique de ‘Last-Train’, des compos non linéaires, ce que j’appelle des rock-opéras, comme savait les produire Jim Steinman & Meat Loaf, sur de très nombreux titres comme ‘Paradise by the Dashboard Light’, ‘Bat Out Of Hell’… Fire surtout sur scène est cette composition en plusieurs actes, et un break, ou les guitares fusent de toutes parts, et quand on croit que c’est la fin, il y a toujours une étincelle pour faire repartir un dernier refrain dans un ultime sursaut.


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Sur ‘Way-Out’ avec son style plus Pop, ils font redescendre un peu la pression sous peine de faire exploser la chaudière du train, perso je préférai quand ils enchaînaient sur ‘Cold Fever’ un titre aussi pop-rock issue de leurs premiers EP, qui permettait au public de faire de jolis chœurs à coup de Wouhhh Whouhhh, mais bon leur répertoire s’étoffant avec le temps, ils doivent aussi se renouveler un peu.


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On our knees’ encore une compo de plus de 8 minutes dont Last-Train maitrise à merveille la recette, un titre bourré de surprises, cette mélodie qui commence à se mettre en place, tout doucement, très lentement avec un Jean-Noël très calme au chant, ce relatif calme avant la tempête, car Antoine va rythmer cette longue montée en puissance en intensité aidée par la puissante basse de Tim… et d’un coup un éclair, un violent coup de tonnerre va venir déchirer & foudroyer la scène… et alors que l’on croit que les forces de la nature font se déchaîner, que l’on va sombrer dans un univers très Hard,  c’est finalement le soleil qui apparaît, avec une jolie mélodie au piano, Last-Train prends complètement son public au dépourvu, et l’Olympia finira la chanson littéralement sur les genoux, tant le 2ème acte de ce titre est chargé d’intensité, comme s’il s’agissait d’un combat dans une arène ou un gladiateur se battrait en agonisant un genou à terre jusqu’à son dernier souffle.


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Last-Train a réservé une surprise à son public, ils accueillent ‘Maeva Nicolas’ et ‘Hugo Herleman’ du groupe ‘Bandit Bandit’ venu sur scène interpréter la chanson Maux un titre qui était sortie en 2021 sur un split-45T avec Last-Train lors du disquaire-day. Ce n’était pas trop le même univers musical (‘Bandit Bandit’ chantant en Français & Last-Train en anglais), et manifestement le public ne semblait pas connaître le groupe, ce titre, mais avec Last-Train, c’est toujours l’occasion de découvrir les autres artistes du label ‘Cold Fame’.


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Le point d’orgue de cette soirée restera sûrement le titre « How Did We Get There ? » (du nom de la tournée), cette compo hors-norme de presque 19 minutes a été composé pendant le confinement, ce titre (qui ne figure sur aucun des albums) cet OVNI musical, est sortie en édition-ultra-limité 1000 copie en Vinyl (sold-out en 24 heures), sur la scène de l’Olympia un piano sera apporté sur scène pour permettre à Jean-Noël de nous l’interpréter, dommage que des imbéciles dans l’assistance aient un peu gâché cette magistrale intro (assez longue), Jean-Noël ayant réclamé plusieurs fois le silence à l’assistance… surtout que la version live, était plus beaucoup plus épurée & sobre que la version originale avec l’orchestre philarmonique de Mulhouse, mais oui Jean-Noël est un excellent pianiste, qui a su transcender son public avec cette composition, mélangeant musique classique et rock moderne, encore un pari complètement fou relevé avec brio par le groupe, personne n’a vu passer ou presque les 19 ou 20 minutes qu’a duré ce titre sur scène, c’est presque avec une grande surprise, que nous avons vu Jean-Noël retourner s’assoir au Piano, pour conclure cette chanson, comme il l’avait commencé.


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Des riffs acérés 

Pour clôturer cette soirée en apothéose, quoi de mieux qu’un ultime & dernier round ‘The Big Picture’ (titre éponyme du dernier album), une sorte d’autobiographie-musicale qui raconte l’histoire de ce groupe, de ces 4 garçons qui ont commencé a croiser le fer ensemble au collège, qui sont devenus au fil du temps une véritable Famille.
Même si la trame ressemble beaucoup à Fire, ‘The Big Picture’ avec son intro pourrait presque passer pour un slow, tellement le tempo est calme. Mais néanmoins il est très martelée par Antoine avec la précision d’un métronome suisse, avant que d’un coup, sans aucun signe avant-coureur, si ce n’est un silence, la grosse artillerie ne se déclenche. Que les riffs acérés des guitares ne jaillissent de toutes parts, que Tim ne frappe à coup de poing sur le corps de sa basse, pendant que Julien ne s’amuse à faire partir en larsen sa guitare en se mettant devant son mur d’amplis. Que Jean-Noël semble à la limite de l’épuisement tant il torture sa gratte, la musique est à son paroxysme, mais c’est sans compter Antoine qui va puiser dans ses derniers retranchements pour relancer le titre, redonner une bouffée d’oxygène musicale, comme si nous étions en apnée.


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A la limite de la suffocation, avec le break, la tension redescend, nous croyons avoir survécu au concert, que la chanson va mourir lentement en fade-out, c’est le moment que choisis justement le groupe pour nous tirer leurs ultimes caartouches. Des nouvelles salves de guitares encore plus aiguisées, encore plus tranchantes, les guitares sifflent de toutes part, le bouquet final qui sonne le glas de leur magnifique feux d’artifice sonore. C’est l’occasion pour les garçons qui ont gardé une âme un peu punk, de faire un dernier baroud d’honneur en faisant voler en éclat la batterie, arrachant les cordes des guitares, jetant les grattes sur scène… c’est ça le Rock.

Une dernière embrassade entre frères, et ils tirent leurs révérences, devant un Olympia complètement K.O. … And The Winner is… Last Train.

Merci à Marie pour l’accréditation accordée à ‘Among The Living’

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