Among The Living
Live Report

MOTOCULTOR Open Air 2025 – Day 2 : Sous le signe de la Bête

MOTOCULTOR Open Air 2025 – Day 2

Vendredi 15 août 2025 – Carhaix



Sous le signe de la Bête

Après une fraîche nuit reposante, la reprise s’annonce dans la brume et au son du ressac avec Houle.

12h45, c’est bien tôt pour prendre la mer, mais quand il faut y aller, il faut y aller ! Nous ne sommes pas des marins d’eau douce, et pour rien au monde nous n’aurions manqué l’une des révélations de ce jour.

Directement à l’ouverture, à froid, c’est presque sadique de la part du Motocultor, mais notre bande de marins s’en sort avec mention excellent !

Heureusement que les Acteurs de l’Ombre sont là pour nous dénicher des merveilles pareilles…

HOULE

La très riche scène black metal française a certainement une nouvelle étoile polaire pour s’orienter la nuit sur la mer.

Dans leurs vêtements marins harassés par les éléments, les auteurs de l’excellent album Ciel Cendre et Misère Noire, se tiennent fiers et droits, face à la tempête qui s’annonce.

Les riffs déferlent pendant que la chanteuse, Adsagsona, pilote le navire avec rage et ténacité.

Le show est très professionnel, ce qui est d’autant plus remarquable pour une jeune formation et surtout authentique. Les détails sont soignés, même les panneaux représentant les feux tribord et babord respectent l’orientation et les couleurs utilisées en navigation pour entrer dans les ports…

Houle nous livre ici une vision sombre, réaliste et saisissante de la dure vie des marins. Du black metal à vivre en quelque sorte.

Quoiqu’il en soit, voilà un groupe à suivre, à travers les 7 mers !



VESTIGE:

Un peu de repos et de contemplation avec un autre groupe français: Vestige. La formation exerce un postmetal/shoegaze quasi romantique, avec bien sûr quelques explosions de violence bien placées.

Sous l’unique tente de ce Motocultor 2025, la Dave Mustage, les lieux conviennent à merveilles à ce type de musique immersive qui offre un peu de répit avant la suite de notre programme, bien plus violent.



BENIGHTED:

On ne présente plus les représentants de la scène française du brutal death. Tel un hobbit énervé version XL, Julien Truchan sait amuser la galerie et attire l’attention du public.Ce qui semble vraiment unique, c’est l’intensité émotionnelle qui se déchaîne à absolument chaque concert de Benighted auquel nous avons pu assister. Dès les premières notes de “Scars”, jusqu’à “Let the blood spill between my broken teeth”, on sait qui est le boss ici !

La température monte en Bretagne et la poussière commence à s’élever dans l’air, phénomène amplifié par les circle pits qui ne manquent pas d’agiter le devant de la scène.

Il faut dire qu’avec une setlist frénétique telle que le groupe sait le proposer, le public n’a pas beaucoup de choix. Les corps bougent tout seuls de toute manière, alors autant y aller !



WAYFARER:

 Un peu comme Me and That Man mais sans le côté blues/country, Wayfarer cultive un black metal bien noir perdu dans l’ouest de l’Amérique.

Après les avoir vu l’année dernière au Hellfest, je trouve que les américains ont encore pris de l’assurance en nous proposant son black metal rugueux comme les plaines asséchées de l’ouest de l’Amérique ou celle de Carhaix toujours balayées par cette poussière épaisse qui nous rentre dans les poumons. Il ne manque plus que des la soude roulante, virevoltant emblématique des paysages du Far West.

La prestation alterne entre passage atmosphérique et true accélération donnant une vaste palette de couleur au blackened metal de Wayfarer.



BENEDICTION:

Benediction, formation emblématique du death metal britannique made in Birmingham depuis 1989, demeure l’une des références du genre grâce à sa longévité, sa constance et son approche sans compromis du death metal “old-school”. En plein cagnard, le groupe nous propose une bonne compilation de quelques tubes issus de quelques-uns de leurs 9 (!) albums. C’est bien sûr à un morceau du récent (et excellent) Ravages of the Empires que revient l’honneur d’ouvrir le bal. “A Carrion Harvest” prouve à lui seul que la rage des origines est encore bien là.

Les vétérans Peter Rewinsky, Darren Brookes et Dave Ingram, qui ont survécu à de nombreuses batailles, montrent que la joie du bon vieux death metal semble éternelle. Et partagés par les membres plus récents du groupe comme le jeune bassiste Nik Sampson, qui a bien pris le rythme visiblement !

Le classique “Subconscious Terror”, qui aura sans doute influencé un nombre incalculable de groupes, est présenté ici comme une immense claque qui résonne jusqu’à créer un véritable tourbillon. Ah non pardon, c’est aussi le résultat du circle pit et d’un vent poussiéreux qui se lève pile pendant le concert !

Comme le fera remarquer Dave, “it’s getting fucking hot!”. Il faut avouer qu’en pleine après-midi, le mélange death metal/soleil est excellent pour la consommation de bière, ou plutôt “une saine élimination des toxines par l’intermédiaire de l’hydratation et de la sueur”.

En tout cas, les oreilles ont été bien décrassées par ce passage à la bonne vieille méthode britannique de faire de la vraie musique !



SKALMÖLD:

S’il y a bien une chose qui est constante chez Skalmöld, c’est le plaisir que prennent les membres du groupe à jouer sur scène. Nous les avons vu de très nombreuses fois, en France ou ailleurs, dans des petites salles ou de grands festivals, à chaque fois, c’est le pied sur scène !

Evidemment, cela ne peut qu’être communicatif au public, qui ne demandait que ça !

Skálmöld développe un style unique mêlant des riffs heavy metal puissants que n’auraient pas reniés Iron Maiden ou Metallica, une orchestrations folk et des chœurs masculins épiques scandés en islandais.

Pour les avoir tous entendus un jour chanter a capella dans une abbaye, nous pouvons certifier que tout le groupe est formé de musiciens de haut niveau. Ils pourraient sans doute exceller dans des registres plus commerciaux (comme le fait par exemple Lacuna Coil qui joue un peu plus loin en même temps), mais que nenni, il s’agit ici de présenter avec fierté les traditions musicales et narratives de l’Islande médiévale à travers un metal authentique, passionné et à la structure élaborée ! Leurs compositions, mêlant brutalité et mélodies ancestrales, ont transporté les festivaliers dans les fjords islandais, confirmant leur statut de références du genre.

Le public est enthousiaste et venu en nombre malgré la concurrence. La communion est réelle, sur scène et devant !



FLESHGOD APOCALYPSE:

L’Italie baroque est sur scène, et le lourd drapeau en étoffe qu’agite avec prestance Veronica Bordacchini nous le rappelle dès le départ.

Issue de la scène extrême italienne, la musique de Fleshgod Apocalypse se caractérise par l’intégration de structures orchestrales et de piano aux blasts beats et aux riffs techniques. La majesté se mêle à la puissance en quelque sorte. La production sonore est ambitieuse mêlant puissance brute et raffinement classique.
Les thèmes lyriques empruntant à l’épique et au macabre, souvent inspirés de la littérature gothique et de la mythologie ne peuvent que donner quelque chose de grandiloquent sur scène.

Et ce soir, c’est (encore une fois) bien le cas. Le mélange entre lyrisme et brutalité semble parfait. A croire que le groupe a déposé cette marque de fabrique. Maintes fois imités, jamais égalés.

L’Apocalypse est en marche !



KERRY KING:

 L’incarnation du thrash metal arrive avec sa bande gonflée à bloc. Le regard toujours concentré sur son manche le mythique guitariste Kerry King de Slayer va nous faire une petite visite des titres de son album solo From Hell I rise avec quelques classiques de Slayer comme « Repentless » Disciple » « Raining Blood » et « Black Magic »

Il est clair que c’était l’apocalypse dès l’entame des premières notes de ces grands classiques. Et même avec ses 50 kg de chaînes qu’il porte en bandoulière sur sa jambe gauche, le gaillard ne faiblit pas et sa formation paraît encore mieux huilée que l’année dernière au Hellfest.

Parlons-en de ses mercenaires à commencer par Paul Bostaph derrière les fûts, Phil Demmel à la guitare, le survolté Kyle Sanders à la basse et l’impressionnant Mark Osegueda de Death Angel qui reviendra l’année prochaine.



SOLSTAFIR:

 La Massey Ferguscène se transforme en terre lunaire islandaise avec toujours ces lumières glaciales faites de bleus pendant que les légères notes de guitares s’égrainent dans la nuit qui reste encore chaude. La grande silhouette d’Addi s’évertue d’aligner sa Flying V avec la longueur de son corps le pied calé sur les retours.

La musique est toujours aussi planante et permet de rester dans un état contemplatif pour atteindre l’éruption sur les inégalables « Fjara » ou « Ótta ». Cette musique nous touche au plus profond de nos cellules. Nos récepteurs sont en transe et notre sang rentre en ébullition à coup de riffs somptueux portés par cette voix envoûtante.



DIMMU BORGIR:

 Il est 23h quand la nuit bretonne s’ouvre sur un rideau d’ombres et de lumières rasantes. La scène est composée de gargouilles, d’arches gothiques, de fumigènes rampants. On se croirait dans un cimetière où des goths sortent le soir de Halloween pour se faire peur. Brrrr

La setlist fait la part à pratiquement tous les albums de la discographie des norvégiens à l’exception du premier album For all tid. On remarque que Galder n’est plus sur scène (depuis un an) préférant se concentrer désormais sur Old Man’s Child. Il est remplacé par Kjell Karlsen ( Chrome Division, Gromth, The Cult of Destiny, World of Damage).

Les titres comme « Stormblåst », « Gateways », « The Insight and the Catharsis » ou encore le final attendu avec « Mourning Palace » font toujours leur petit effet.



FINNTROLL:

Finntroll, les biens nommés, arrivent sur la Bruce Dickinscène, dans leur corps de trolls nordiques, oreilles comprises. Leur dernier détour au Motocultor remonte déjà à 2015 !

Ce soir, le public avait le choix entre l’obscurité pimpante de Dimmu Borgir ou le joyeux bordel, néanmoins avec quelques passages sombres, des Finnois.

On oublie souvent que nos amis trolls sont aussi des créatures des ténèbres. Les aspects folks festifs sont bien là, mais cela n’empêchent pas les racines black metal de sortir du sol ! Quand le black rencontre la humppa, on sait que les trolls ne sont pas loin !

La programmation simultanée de deux groupes “musicalement compatibles” a dû provoquer de nombreuses réflexions de la part d’un certain nombre de spectateurs, qui ont dû faire un choix délicat. Quoiqu’il en soit, ceux qui ont tranché pour Finntroll ont certainement eu ce pour quoi ils étaient venus. Leur passage, ponctué de titres comme « Nattfödd » et « Solsagan« , a confirmé leur réputation de maîtres incontestés du black/ folk metal festif.



FORBIDDEN:

 Quand une légende arrive à Carhaix et qu’on a rarement l’occasion de les voir sur scène, la tension monte crescendo de Supositor Stage. La légende du thrash californien Forbidden débarque sur scène avec ses riffs old school acérés et une violence qui n’a pas vieilli.

L’avantage d’être une légende et qu’on a disparu de nombreuses années (sans pour autant gêner les fans die hard) on peut se concentrer que sur deux albums qui ont fait la renommée du groupe c’est à dire Forbidden Evil et Twisted Into Form sorti respectivement en 1988 et 1990. Les deux seuls rescapés de cette époque étant Craig Locicero à la guitare et Matt Camacho à la basse.


MOTOCULTOR Open Air 2025 - Forbidden


C’est donc un bonheur de retrouver ses titres inimitables qui prennent toute cette puissance dans la nuit. Les puristes dégustent et les curieux dégustent aussi, mais différemment par cette avalanche de décibels. C’est un moment assez exceptionnel qui fait plaisir au public prouvant qu’un thrash technique et bien sombre reste implacable et ne vieillit pas d’une once avec cette hargne décuplée par des musiciens motivés.

Laissons les fêtards couche-tards devant Carpenter Brut ou Sir Reg, et préparons-nous pour un samedi qui commencera tôt !


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