SAKIS TOLIS – DECLINE OF THE I – MÜRRMÜRR
Jeudi 4 septembre 2025 – Backstage By The Mills
Un concert Sanit Mils

Pour une rentrée je ne pouvais pas espérer mieux qu’une affiche de cette couleur, noire et intense comme je les aime. Sanit Mils a rendu cela réel et c’est une bonne chose.
Ce soir, et pour la première fois, Sakis Tolis honore la capitale de sa présence pour une prestation solo, et la voix de ROTTING CHRIST va se faire entendre.
Forte de deux albums, le brillant Among the Fires of Hell (2022) et le sombre Seal 3-(Revelation 6:5-6)-The Black Horse (2024), la patte du prolifique Sakis Tolis promet un concert puissant.
MÜRRMÜRR
C’est un Backstage au ¾ plein qui accueille l’événement avec MÜRRMÜRR qui aura la charge d’ouvrir le bal avec un Black primal et d’excellente facture.
Plongé dans le noir, le quintet est musicalement bien en place et servi par un bon son. Les ambiances sont au top, entre brutalité et mappes aériennes, MÜRRMÜRR délivre un set envoutant et sombre. Le chanteur est habité, cagoulé, ajoutant le look et les gestes à la parole. Poing levé, hurlements et attitude, la prestation m’a bien plu.
Musicalement les variations entre moments éthérés et blast primal, le tout avec ces cris déchirants des textes en français.
L’ambiance et les textures distillées ici m’ont donné envie d’en savoir plus, et c’est bien là le gage d’une prestation réussie.
DECLINE OF THE I
Avec DECLINE OF THE I, c’est un univers somme toute un peu différent mais toujours ancré dans un Black Metal chiadé, avec des projections de textes et textures plongeant le spectateur dans l’univers immersif du groupe.
Derrière une apparence ténébreuse, le projet d’AK (guitariste et initiateur de DECLINE OF THE I) surfe sur un Post Black assez unique et à la personnalité forte. Si la musique est imprégnée de violence et massive, l’univers du combo n’en demeure pas moins hautement poétique.
Les textures musicales jaillissent, accompagnées d’orchestrations « classiques ». Elles partent brillamment à l’assaut d’un public qui ne boude pas son plaisir.
L’étroitesse des lieux, et en particulier de la scène, nous fruste des projections de textes qui accompagnent les compositions comme autant de tableaux vivants. Dommage.
Seul le chanteur est dans la lumière. Charismatique et habité, physiquement entre Julien Doré et Robert Plant, il maitrise parfaitement son sujet tant scéniquement que vocalement.
J’ai beaucoup aimé leur prestation, et je vais clairement me pencher plus sérieusement sur ce combo qui a beaucoup à offrir.
SAKIS TOLIS
S’il y a bien un artiste que j’aime particulièrement, c’est Sakis Tolis, la voix de ROTTING CHRIST. Et ce soir il nous fait l’honneur d’être parmi nous pour dérouler une partie de son répertoire solo, dont un seul titre de son dernier opus The Seven Seals of the Apocalypse.
Ce dernier, extrêmement mystique, se décline en 7 titres, comme autant de révélations/sceaux, ayant pour sujet l’apocalypse, ce livre qui met fin aux livres de la Bible.
La patte ROTTING CHRIST n’est jamais loin, pour ne pas dire omniprésente, mais c’est pour cet ensemble et le charisme du patron qu’on est tous là ce soir.
C’est un Sakis au visage détendu et souriant qui prend place sur la scène, accompagné de trois acolytes au pedigree bien lourd.
Et ce soir ils vont nous régaler. En premier lieu avec une prestation aux petits oignons et un son très acceptable pour le Backstage, mais aussi par une setlist que l’on pourrait qualifier de parfaite.
L’ouverture sur My Salvation tiré de Among the Fires of Hell (qui occupera la moitié du set), a dressé les poils du plaisir à l’ensemble de la salle. Quel titre ! Immersif, aux mélodies irrésistibles et à la narration hypnotique.
Le riffing caractéristique de ROTTING CHRIST fait le reste du boulot question addiction.
Le génie « Tolis » est bien là, unique, prompt à faire traverser les décennies aux tôliers du Black Metal Hellénique.

Sakis est très visiblement content d’être là ce soir. Il est affable, souriant et n’hésite pas à se mettre en retrait pour laisser de la place à son guitariste et bassiste. Il est proche de son public, blague et check les paluches sur le devant de la scène.
S’ensuit Seal 3-(Revelation 6:5-6)-The Black Horse avant d’enchainer cinq titres de l’excellent Among the Fires of Hell, dont les superbes The Dawn of a New Age, We the Fallen Angels et Among the Fires of Hell.
Le trait d’union viendra avec Nocturnal Hekate, une reprise présente sur son album solo et composée par le groupe Daemonia Nymphe. Un titre puissant et martial sous l’interprétation de Sakis.
La deuxième partie de soirée sera dédiée à ROTTING CHRIST, bien évidemment, et personne ne boudera son plaisir.
Ouvrant cette partie en douceur avec Holy Mountain, on plongera dans l’histoire de RC avec Pir Threontai (2010) et l’atypique Cine iubeşte şi lasă (2013). Plus on approche de la fin, plus on a le droit aux titres rares comme Tou Thanatou (j’adore ce titre) ou encore Ira incensus (1993).
La soirée prend une tournure de privilège pour les fans présents au Backstage, avec des morceaux choisis et rares.
Le rappel et final sur un Non Serviam extrêmement attendu mettra la salle en apoplexie brutale.
Sakis Tolis a honoré la capitale de sa présence pour une prestation solo, et la voix de ROTTING CHRIST a su se faire entendre, mais bien plus que ça. La sortie de scène après remerciements et pauses selfies avec le premier rang prouve bien que l’osmose était particulièrement parfaite ce soir.








































































