INFECTED RAIN – BUTCHER BABIES – BLACK SPIKES
La Machine du Moulin Rouge (Paris) – Jeudi 9 avril 2026
Un concert ACCES LIVE

Soirée sous haute intensité à La Machine : trois groupes, trois identités, et surtout trois frontwomen (au sens large) capables de tenir une salle à bout de bras. De l’ouverture visuelle de Black Spikes au maelström des Butcher Babies, jusqu’au final implacable d’Infected Rain, l’affiche avait tout pour transformer le boulevard de Clichy en zone de turbulences.
À La Machine du Moulin Rouge, la promesse est tenue : une soirée qui ne baisse quasiment jamais en régime, portée par une énergie scénique constante et une vraie connexion avec le public.
L’affiche de ce jeudi 9 avril 2026 aligne trois formations prêtes à en découdre, avec un point commun évident : une présence frontale, charismatique, qui fait basculer un bon concert dans une expérience de salle.
Black Spikes : une ouverture visuelle et immersive
Ouverture par les Lituaniens de Black Spikes, qui proposent un set à la fois puissant et très pensé sur le plan visuel. Le groupe cherche l’immersion, en s’appuyant sur une imagerie symbolique pour donner corps à ses thèmes, avec notamment une performeuse/danseuse qui apporte un supplément scénique aussi surprenant qu’efficace.

Musicalement, l’ensemble peut parfois donner une impression de patchwork (des influences qui se télescopent plus qu’elles ne se fondent), mais l’intention est là et l’identité scénique du groupe, elle, ne laisse pas indifférent. Une entrée en matière qui installe le décor et prépare le terrain.
Butcher Babies : le pic d’énergie de la soirée
Les Butcher Babies et leur meneuse Heidi Shepherd emportent littéralement La Machine dans un maelström de metal qui met tout le monde d’accord. Le set est tendu, efficace, et surtout porté par une intensité scénique qui ne se discute pas.
Les Américains déroulent un show carré, presque millimétré. Et, paradoxalement, cette précision n’enlève rien à la spontanéité : depuis le départ de Carla Harvey, l’ensemble paraît plus lisible et plus cohérent, laissant davantage d’espace à Heidi.
Résultat immédiat : elle explose sur scène comme rarement, et le groupe semble avoir retrouvé un nouveau souffle, perceptible dans la complicité — non feinte — entre musicien·nes.

Moment plus intime (un peu attendu, mais sincère) avec Last December : Heidi se livre à cœur ouvert, évoquant des périodes difficiles et la manière dont le public a pu servir de point d’ancrage.
Dans une salle déjà chauffée à blanc, la séquence fait retomber la pression juste assez pour mieux relancer la machine ensuite.
À noter aussi : un solo de batterie remarquable, qui remet une couche d’intensité. Et surtout, Heidi descend dans le pit pour provoquer un circle pit d’anthologie : elle se place au centre, en fusion totale avec la salle — sourire aux lèvres, comme si l’énergie circulait en boucle entre scène et public.
Heidi Shepherd livre probablement l’un des sets les plus athlétiques du moment : ça court, ça saute, ça harangue, sans jamais sacrifier la présence. Respect.
Côté setlist, le groupe propose quelque chose de plus conséquent que lors de son dernier passage à Paris en 2023 (Élysée Montmartre) : on reste sur une base familière, « augmentée » pour l’occasion. Sans nouvel album à défendre (ce qui devrait être corrigé bientôt), difficile de miser sur la surprise — mais l’exécution et l’impact suffisent largement. Pour ma part, c’est le set de la soirée.
Infected Rain : intensité et maîtrise
Même constat côté Infected Rain : pas de nouvel album depuis Time (2024), ce qui donne une setlist dans la continuité, elle aussi « augmentée » depuis leur dernier passage parisien en 2025 dans la meme salle. Mais difficile de bouder son plaisir tant l’ambiance est électrique ce soir-là.
Lena Scissorhands est au taquet (et canines affutées), au même titre que ses partenaires : Vadim « Vidick » Ozhog, toujours planqué derrière ses dreads, Alice Lane derrière ses cheveux, et Evgeny Voluta qui se donne sans compter derrière ses fûts. Une équipe soudée, un mur de son compact, et une tension qui tient la salle jusqu’au bout.
Lena s’adresse au public d’entrée de jeu par un « Salut Paris ! Merci beaucoup d’être venus ce soir et d’avoir choisi de passer votre temps avec nous ! On va passer un bon moment non ?”
Et ce sera le cas. Avec une setlist taillée pour satisfaire les plus exigeant, Infected Rain va régaler la salle.
Ouvrant sur un The Answer is You bien massif, le ton est donné et la forme du groupe évidente.

Le suivant avec Dying Light placera leur dernier opus Time (2024) comme l’album qui sera le plus visité ce soir. Ce titre est une vraie bombe en live, tant par la puissance que par ses mélodies.
Moment intense de la soirée, ce duo incroyable sur The Realm of Chaos qui verra Heidi Shepherd rejoindre Lena Scissorhands sur scène. Loin d’etre anecdotique, cette collaboration sera évidemment explosive.
On retrouvera également Never To Return en fin de set avant le rappel qui verra un Because I Let You captivant achever la salle.
C’est Judgemental Trap (Asylum 2011) qui fermera ce chapitre intense et sans fautes.

Au final, cette date à La Machine du Moulin Rouge fonctionne comme une vraie montée en puissance : une ouverture qui mise sur l’immersion, un milieu de soirée explosif, puis une tête d’affiche qui conclut avec intensité et maîtrise.
Mention spéciale à l’engagement scénique — frontwomen en tête — qui aura porté le public de bout en bout. Une soirée qui confirme que, dans cette salle, l’énergie se mesure à la sueur… et à la vitesse à laquelle le pit se remet en mouvement.























































































