Among The Living
Live Report

Korpiklaani + ARKONA, TROLLFEST et HEIDEVOLK

Korpiklaani, harmonie d’un folklore
Avec ARKONA, TROLLFEST et HEIDEVOLK
Elysée Montmartre – Paris


Le nord semble être invité à l’Elysée Montmartre en cette soirée païenne, presque anachronique tant elle est immersive. Au menu, un quatuor de formations phares du Pagan métal, venu des contrées les plus froides. Trollfest, Heidevolk, puis Arkona et enfin Korpiklaani, pour un spectacle initiatique aux lueurs boréales.

Masha Arkhipova, figure de proue moscovite d’Arkona, fait son entrée au son des tambours guerriers. Les russes sont acclamés dès les premières notes gutturales de la chanteuse, qui délivre une impressionnante litanie tout en death growl, loin de la douceur symphonique propre aux habitudes clichées du métal féminin. Les musiciens en tunique alternent entre flûte et guitare électrique, pour un résultat folklorique à souhait. La belle, tout en robe en guenille et boots cuirassées, agite son visage elfique aux traits slaves d’une énergie vengeresse.

Le live gagne des airs de sorcellerie, comme si le gigantesque crâne cornu ornant le micro de Masha était affublé de quelque pouvoir… On croirait presque assister à une cérémonie, le public métalleux face à un autel hors du temps. Les hymnes Yarilo et Goi, Rode, Goi, en langue originale, sont repris à l’unisson tels des cantiques par une audience pourtant francophone, qui ne semble pas souffrir d’une quelconque barrière. Le show se dissipe dans d’épaisses volutes de fumées aux accents mystiques. Tout juste le temps pour les spectateurs de reprendre leurs esprits autour de cervoise fraîche, pour patienter avant la tête d’affiche.



La salle haussmannienne voit son plancher vibrer à l’apparition des vikings de Korpiklaani, tout droit venus de Finlande. Les mélodies entêtantes et répétitives résonnent dès les premiers instants du groupe sur scène, transformant l’atmosphère en ambiance de taverne. Jonne, frontman aux airs de pirate des mers du nord, anime la scène de sa folle énergie qui lui est bien connue. Au moins autant que son goût pour la boisson ! Le joyeux luron au look de cow-boy semble assumer un certain second degré, qui suit le groupe depuis ses débuts. En feutre noir et veste à frange, le personnage est fidèle à lui-même, dreads blondes en prime.

Très courts, les tubes en finnois s’enchaînent les uns après les autres avec dynamisme. De son côté, le public slame dans une énergie folle et propice à la danse. Les instruments atypiques ne manquent pas d’être conviés, comme le veut la tradition Folk métal. L’accordéoniste et le violoniste accompagnent les vocalises de Jonne à chaque titre, sans exception. Les beuveries sont vantées presque à chaque chanson, devenues succès : Vodka, Tequila, et Beer Beer électrisent l’Elysée Montmartre, avec des refrains en anglais simplissimes et pourtant grisants.

L’authenticité et la volonté identitaire de Korpiklaani sont présentes, tout comme leurs thématiques mythologiques. La simple illustration d’un paysage boisé, comme seul décor à l’arrière du groupe, rappelle leur engagement de préservation culturelle. Car, loin des sons standardisés de l’autre côté du globe, Korpiklaani signifie Le Clan de la Forêt. Les finlandais chantent à la gloire des temps anciens et du chamanisme. On fait le choix d’y croire, et de se laisser emporter presque trop aisément par ces mélodies festives.

 

Un grand merci à Garmonbozia pour leur programmations et d’avoir rendu ce report possible.



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