KREATOR – CARCASS – EXODUS – NAILS
Le Zenith Paris – Mardi 24 mars 2026
Un concert LIVE NATION FRANCE

Micro Zénith, maxi violence!
Ce mardi soir, le Zénith de Paris se transforme en micro Zénith : configuration réduite, scène avancée, proximité maximale (2500 places vendues ce soir). Le décor est planté pour une soirée placée sous le signe de la violence sonore sans compromis. Quatre groupes, quatre visions du métal extrême, et une seule ligne directrice : ça va cogner.
NAILS – La brutalité à l’état brut
Pas de fioriture, pas de demi-mesure, NAILS ouvre les hostilités avec un Hardcore brutal sans concession ni finesse. Le trio envoie sévère, très sévère même : c’est une succession de coups de boutoir destinés au cassage de nuques en règle.
Une prestation courte, brutale et méthodique, qui pose d’emblée le niveau de violence de la soirée et prépare le terrain pour la suite de l’affiche avec 14 titres aussi cours qu’efficaces.
Sous ce vernis ultra brutal, tout est pourtant réglé comme du papier à musique. La machine est huilée, précise, implacable. Paradoxalement, malgré l’énergie déployée sur scène, le pit a du mal à se mettre en mouvement, comme sonné d’entrée par cette violence frontale. Une mise en bouche radicale.
Setlist de Nails
Suffering Soul
Lacking the Ability to Process Empathy
Conform
Scum Will Rise
Violence Is Forever
God’s Cold Hands
Wide Open Wound
Made to Make You Fail
I Don’t Want to Know You
I Will Not Follow
I Can’t Turn It Off
Endless Resistance
You Will Never Be One of Us
Unsilent Death
EXODUS – La leçon de violence thrash
Changement d’échelle avec EXODUS, qui nous livre ni plus ni moins qu’une leçon de violence. Dès les premiers riffs, c’est un déluge de métal qui s’abat sur le Zénith. Gary Holt est au sommet de sa forme, pendant que Rob Dukes, de retour au chant, se montre particulièrement incisif.
« Ça démonte » : difficile de résumer autrement. Le pit entre enfin en effervescence, et le thrash old school fait son œuvre, porté par une salle dont la moyenne d’âge rappelle clairement les grandes heures du genre. Clin d’œil assumé à une génération (la mienne) qui a grandi avec ce son.
Impossible de rester de marbre sur des titres comme Bonded By Blood ou encore The Toxic Waltz, une réminiscence d’un passé à jamais perdu mais O combien béni.
Le groupe défend son nouvel album Goliath, et Dukes, très à l’aise, multiplie les échanges avec le public. C’est un EXODUS solide, fédérateur, et toujours aussi violent dans l’esprit qui nous a livré un set bien trop court à mon sens mais parfait.
Setlist d’Exodus
3111
Bonded by Blood
Deathamphetamine
Blacklist
Promise You This
A Lesson in Violence
The Toxic Waltz (Raining Blood intro)
Strike of the Beast
CARCASS – L’attente (tendue)
CARCASS s’inscrit dans la continuité d’une affiche d’exception. Même sans détails superflus, leur présence participe à l’équilibre parfait de la soirée, entre brutalité, héritage et précision chirurgicale. Une étape charnière avant l’assaut final, avec un Jeff Walker un peu clinique et rasé de près.
Le Death Mélo tirant de plus en plus la couverture sur la prestation de CARCASS, c’est Heartwork (1993) qui sera à la fête ce soir.
Perso j’avoue que je me suis un peu ennuyé sur cette prestation, loin de celle à laquelle j’avais assisté au MUSCADEATH 2023. La sauvagerie en moins ce soir.
Setlist de Carcass
The Living Dead at the Manchester Morgue
Unfit for Human Consumption
Buried Dreams
Incarnated Solvent Abuse
No Love Lost
Carnal Forge
Dance of Ixtab (Psychopomp & Circumstance March No. 1 in B)
Genital Grinder
Exhume to Consume
Corporal Jigsore Quandary
Heartwork
KREATOR – Le rouleau compresseur
Puis vient KREATOR. Et là, plus de débat possible : le rouleau compresseur est en marche. Le thrash est livré dans sa plus pure expression, massif, martial, implacable. A la teutonne quoi !
L’introduction est particulièrement marquante : des scènes de guerres civiles, tous siècles et toutes civilisations confondues, défilent, avec une clameur toute particulière lors de la partie consacrée à la Révolution française. Le décor est sombre, Gore, parfaitement raccord avec la musique.
Mille Petrozza s’impose une fois de plus comme un leader charismatique, menant sa barque de main de maître.
Le groupe met en avant Krushers Of the World son dernier opus (janvier 2026), sans jamais perdre ce lien viscéral avec le public.
La setlist est là pour maintenir l’attention, parfaitement équilibrée et puisant dans la discographie conséquente du combo. Pas moins de 11 albums mis à l’honneur, de Endless Pain au dernier Krushers Of the World dont ils joueront 4 titres.
Visuellement, tout y est : confettis, pyrotechnie, fumée, et même des goules aux flambeaux pour renforcer l’aspect théâtral. Mention spéciale à Fred Leclercq, le frenchie, impérial, alternant basse et guitare avec une aisance totale.
Une soirée dense, violente et cohérente, où chaque groupe a apporté sa pierre à l’édifice. Du chaos brut de NAILS au thrash impérial de KREATOR, en passant par la leçon d’EXODUS, le Zénith a vibré sous les assauts d’un métal sans concession. Un rendez-vous marquant pour tous les amateurs du genre dont je fais évidement partie.
Setlist de Kreator
Seven Serpents
Hail to the Hordes
Enemy of God
Satanic Anarchy
Sergio Corbucci Is Dead
Hate Über Alles
People of the Lie
Betrayer
Krushers of the World
Hordes of Chaos (A Necrologue for the Elite)
Satan Is Real
Loyal to the Grave
Mars Mantra
Phantom Antichrist
Endless Pain
666 – World Divided
The Patriarch
Violent Revolution
Pleasure to Kill

