LONG DISTANCE CALLING – MOTOROWL

Backstage At O’sullivans By The Mill
Vendredi 7 Décembre 2018

 


Long Distance Calling, du prog rock peinant à décoller

 C’est au O’Sullivans By The Mill, pub à l’anglo-saxonne niché non loin de Pigalle, qu’un duo de groupes allemands doit se produire dans la capitale. Quelques amateurs se rejoignent peu à peu dans l’intimité du Backstage, face à une scène entièrement dénuée d’éclairage. Les concerts seront joués dans une obscurité presque totale, subrepticement ponctuée de quelques éclairs bleutés le temps d’un instant.

L’opening de la soirée est assuré par Motorowl, jeune groupe formé en 2014 venant pour la promo de leur nouvel album Atlas. Au programme ? Une hybridation de notes blues teintées de doom, tout cela enrobé de rock progressif. Sans effort, les gaillards volent la vedette à Long Distance Calling, clou du spectacle. La formation est dotée d’une aura atmosphérique et vintage, produisant un son psyché vivant. L’ensemble est plein de caractère, clairement inspiré des débuts du métal progressif dans les seventies. L’influence des premiers opus de Black Sabbath se ressentirait presque derrière quelques riffs, rétro à souhait.

Seul bémol, le chanteur ne parvient pas à se hisser à la hauteur de ses musiciens. Faute à une voix manquant de caractère, et des mélodies chantées n’égalant pas les envolées musicales… La demi-heure de set est néanmoins plaisante, se rapprochant plus d’une musique d’ambiance que d’un concert de métal. Parfois similaire à une BO cinématographique, la musique de Motorowl laisse rêveur. Sous des airs novice, la formation est dotée d’une énergie heavy qui n’a plus qu’à tracer sa route.



Contrairement à leurs prédécesseurs, la tournée Européenne de Long Distance Calling peine à sortir d’une certaine monotonie. Les allemands aux six albums studio viennent de sortir leur dernier-né, Boundless. Le pitch : de longs morceaux instrumentaux, entre rock et métal progressif. L’idée est bonne. Cependant, un manque de puissance et d’inventivité peine à élever les compositions au delà d’une répétition lassante. L’ensemble peine à se démarquer, ni assez mélodique, ni assez pêchu pour capter l’attention de l’audience. L’audimat semble d’ailleurs hermétique au trip proposé – comme le groupe, ça ne décolle pas.

Bien que légèrement barbante, l’écoute de cette succession de titres n’est pas désagréable. Elle se voudrait même plaisante pour les oreilles néophytes ! Peu agressifs, dotés d’une construction instrumentale classique, les morceaux peinent à faire ressortir leur personnalité. Long Distance Calling ne prend pas de risque, et cela s’entend. Le métal instrumental doit s’associer à une virtuosité pour en devenir sensible. Ici, la platitude musicale n’a rien d’envoutant. Sans parler d’un jeu de scène inexistant ! Les bougres semblent dans leur monde, statiques au possible.

Faute à un manque de caractère, Long Distance Calling ne laisse pas de marque forte dans l’univers rock actuel. Le métal instrumental n’est pas donné à tous. Une fois les portes du club franchies, un peu déçus, l’on songe aux mélopées ensorcelantes du seul et unique maître du prog rock, Satriani lui-même. Car le genre a besoin d’un flirt avec les extrêmes pour en devenir captivant…


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