MESHUGGAH – HIGH ON FIRE
Le Bataclan – Paris
6 décembre 2016
C’est une soirée particulière à bien des égards que celle de ce mardi soir, et c’est avec une certaine appréhension que je rejoins la salle qui accueille ce soir MESHUGGAH. En effet, c’est mon retour au BATACLAN, lieu emblématique et devenu tristement célèbre dans le monde entier, qui affiche complet pour son premier concert de métal depuis sa réouverture.
La vie y reprend ses droits, le public s’accapare l’espace, le spectacle continu.
Pour ouvrir le bal, les suédois sont accompagnés de HIGH ON FIRE, trio ricain de sludge bien gras et rugueux mené par un Matt Pike torse nu et bien dans ses pompes.
Et pour chauffer une salle, les lascars ne s’embarrassent pas de fioritures. Ils ne jouent pas, ils assènent leurs titres violemment. Leur sludge de bûcherons, s’accoquinant parfois avec un cousin stoner, est lourd et tape où ça fait mal.
Des Kensel, aux futs, est monstrueux. Il envoie du bois comme personne, sortant son épingle du set au son brouillon et un peu répétitif. Les lumières également semblent se caler sur la prestation, pas vraiment en phase avec les titres. Le rendu est brut de fonderie et fini par me lasser un peu. Le public du Bataclan semble apprécier le set des lascars, donnant de la cervicale dans la fosse et éclusant des bières bruyamment coté bar.
La prestation a fait le boulot c’est vrai, mais reste largement perfectible à mon sens. La qualité des zicos est là, certains titres m’ont botté le cul, mais je reste sur ma faim. Nul doute que j’irai les revoir s’ils repassent dans nos contrées.
Le public est déjà bien au taquet. La température est montée pour accueillir les suédois de MESHUGGAH, venus défendre leur dernier opus The Violent Sleep Of Reason. C’est donc sur un problème de lumières que Jens Kidman et ses sbires débutent le concert sur Clockworks qui ouvre également leur dernier méfait et dont ils joueront 3 titres ce soir. Il faut plus que quelques soucis techniques pour inquiéter les suédois. Soucis rapidement réglés pour repartir de plus belle. Après un laïus de Jens sur le BATACLAN (dont par ailleurs le thème principal du dernier album traite de terrorisme et de dogme religieux) et les tragiques évènements qui s’y sont produits, la machine MESHUGGAH repart à l’assaut de la salle sans jamais plus défaillir jusqu’à la fin.
La mécanique est parfaitement huilée, les lumières à la fois épileptiques et somptueuses donnent une impression de mouvements aux serpents présents sur le back drop du groupe. Le son est parfait, et le public est hystérique. Dès les premiers morceaux, les slams s’enclenchent pour ne plus finir de la soirée. Les compos font mouches dans une pénombre que déchirent des lasers bleus et rouges.
MESHUGGAH c’est avant tout une expérience sensorielle plutôt unique en son genre, capable de retourner n’importe quel public. Ce soir ils vont encore en faire la démonstration.
Seul Jens est en mouvement sur scène, le reste de sa tribu étant plutôt statique et concentré, si l’on excepte Tomas Haake qui maltraite ses futs comme un forcené.
C’est massif et puissant, véhiculant une énergie communicative ponctuée par une basse claquante qu’un Dick Lövgren maitrise à la perfection. Fredrik Thordendal et Mårten Hagström ne sont pas en reste, distillant des parties guitares de hautes voltiges, parfois teintées de sonorité d’orgue.
« Perfection ». Ce pourrait être le maitre mot qui caractérise cette formation.
La setlist est équilibrée, imparable et ultra efficace. Elle est à même de satisfaire le plus exigeant des fans.
Au final ce set fut exceptionnel à plus d’un titre. Tout d’abord au niveau du Setlight, millimétré et de haut niveau, maîtrisé à la perfection par un lighteux à qui je décerne la palme 2016 (même s’il en devient du coup l’ennemi public numéro un pour les photographes). Et, bien entendu, la palme d’or revient au public hyper investit et au taquet, principal instigateur de la réussite de cette soirée mémorable.
Un grand merci à Roger et BASE PRODUCTION pour la qualité de cette affiche et d’avoir rendu ce live report possible.
Setlist
Clockworks
Born in Dissonance
Sane
Perpetual Black Second
Stengah
The Hurt that Finds You First
Lethargica
Do Not Look Down
Nostrum
Violent Sleep of Reason
Dancers to a Discordant System
Bleed
Rappel
Demiurge
Future Breed Machine

