Among The Living
Live Report

MOTOCULTOR Open Air 2025 – Day 3 : Poussière tu es…

MOTOCULTOR Open Air 2025 – Day 3

Samedi 16 août 2025 – Carhaix


Les Wampas motocultor


Poussière tu es…

La canicule semble avoir définitivement gagné la Bretagne. Les très nombreux festivaliers du samedi n’arrangent pas les choses et malheur à celui qui a oublié son foulard ou son masque.

L’impression d’être au Burning Man persiste, bien que la chaleur reste acceptable (merci la Bretagne!), les foulées du public et le vent sec promet une belle journée, de sueur et de poussière !

HÜRLEMENT:

La journée commence avec du bon vieux heavy metal traditionnel. Que demander de mieux ?

Des titres en français, un peu d’anglais, et la performance vocale (à chaque fois) exceptionnelle Alexis le Warnabot, digne d’un Bruce Dickinson français… Une bande de fanatiques du riff et du solo, tout cela classe Hürlement parmi les grands noms de la scène française que l’on prend toujours plaisir à voir sur une scène.

Très franchement, des morceaux comme Brothers of The Watch ou Demon Warriors activent immédiatement l’envie de chanter en chœur et de secouer la tête en rythme avec le poing en horns !

Bref, le samedi commence très bien pour nous…



HEXECUTOR:

Le thrash metal des Rennais embrase les derniers brins d’herbe qui restent sur la prairie de Kerampuilh. Leur musique jouée avec précision est de haute voltige. Elle nous montre toute l’étendue du talent des jeunes bretons.

On ne peut que tomber sous le charme devant des titres comme « Les Lavandières de la Nuit », « La Sorcière du marais », « Visitation of a Lascivious Entity » ou « Ker Ys » . Entre riffs tranchants, solos lumineux, voix gutturales, avec des textes évoluant entre mythologies locales et violence morbide Hexecutor emmène le public dans une tornade d’adrénaline.

Le son est parfait mettant en avant chaque note, chaque cris, chaque roulement de caisse claire. Le public recevant chaque titre souvent complexe et à tiroir comme un parpaing en pleine tête. Le groupe possède désormais une place importante dans l’univers metal français par son identité forte faite de vitesse et de puissance.

Comme à chaque concert et malgré leur jeunesse Hexecutor marque de plus en plus le public par leur talent.



ALL FOR METAL:

All For Metal est un groupe germano-italien de power/heavy metal fondé en 2022, mené par le duo vocal charismatique Tim « Tetzel » Schmidt (ex-Asenblut) et Antonio Calanna (ex-DeVicious). Le groupe incarne avec enthousiasme l’héritage du heavy metal classique, et nous propose des hymnes épiques et entraînants.

Le metal, c’est aussi un domaine plein de caricatures. Au prime abord, on pourrait croire que nous sommes face à un descendant de Manowar. Mais voilà, il n’y a pas que l’habit qui fait le moine.

All For Metal est un groupe “militant” qui prend clairement la défense d’un heavy metal ultra-positif où « tout est fait pour le metal… et le metal pour tous ! »

Rien qu’à voir les titres « Raise Your Hammer », « All For Metal », « Born In Valhalla », on voit clairement à qui on a à faire. Costumes épiques, marteaux levés et énergie communicative rendent le spectacle captivant.

Cela fait tellement de bien de voir ce power metal qui s’assume.

Avouons qu’entre Jasmin Pabst, la valkyrie-guitariste survoltée (qui quitte cependant le groupe à la fin de la saison des festivals), l’immense et imposant Tetzel, le très lyrique Antonio, Florian Toma à la basse, et Ursula Zanichelli à la guitare rythmique, nous avons là un sacré échantillon d’agités ! Et n’oublions pas Leif Jensen en arrière-plan de la scène à la batterie, qu’on oublierait presque, victime de la malédiction des batteurs, surtout avec une scène surélevée par endroits à l’avant.

Le mouvement est perpétuel, et d’ailleurs Teztel n’hésite pas à soulever Ursula en plein solo, qui ne bronche pas et poursuit efficacement jusqu’à être déposée sur l’estrade centrale. Nous ne savons pas si c’était prévu dans le show, mais en tout cas, notre “frêle” guitariste avait l’air surprise, mais en tout cas, ne s’est pas laissée perturbée.

Un show qui porte bien son nom: All for metal !



HIRAES:

La formation germanique incarne la nouvelle génération du death metal mélodique européen, alliant technicité et émotion dans des compositions à la fois brutales et accessibles.

On sent clairement les influences scandinaves (Dark Tranquillity, Insomnium, In Flames), mais aussi cette modernité qui risque de repousser certains, mais qui plaît sans doute au plus grand nombre. D’ailleurs, leur récent second album Dormant a cartonné dans les charts allemands.

Le son est très travaillé, avec un mix entre une certaine brutalité et du raffinement, à l’image de la frontwoman Britta Görtz.

Hiraes livre un set de haute volée malgré l’absence de leur batteur habituel, remplacé au pied levé par Ruston Grosse de Skeletal Remains, qui a visiblement appris les compos du groupe en mode accéléré. Quoiqu’il en soit, il a clairement sauvé le show et très franchement, nous n’y avons vu que du feu.

Britta Görtz galvanise la foule par sa grande présence scénique,ce qui provoque rapidement des circle pits.

Que l’on n’aime ou pas, il faut reconnaître qu’Hiraes sait s’y prendre avec les agités !



LOUDBLAST:

Les bandes enregistrées envoient « Crazy Train » d’Ozzy Osbourne que le groupe prend soin d’en jouer un extrait. Les français fêtent leur 40 ans de carrière cette année.
Après l’avoir bien fêté dans le Nord à Wasquehal, ils continuent la fête en partageant le gâteau musical avec leurs fans sur les festivals. Pour ce concert, Loudblast alterne les titres entre classiques et titres plus récents.

Stef Buriez est toujours aussi en osmose avec le public allant d’un « Foutez moi le bordel » à un « Je veux le plus gros circle-pit » qui lui envoie de la poussière en pleine tête directement dans les bronches tellement le public réagit au quart de tour aux paroles du taulier.

Avec les nordistes qui portent tous un t-shirt rendant hommage à Ozzy l’intensité du festival monte d’un cran. Ici, pas de nostalgie, seulement le plaisir d’assister à un concert où l’intensité de Loudblast est toujours aussi présente.



SKELETAL REMAINS:

Très peu d’originalité chez les américains de Skeletal Remains mais le public n’en a que faire quand on veut du bon death metal old-school avec des riffs bien pénétrant, des accélérations brutales et une rythmique horlogère digne d’un coucou suisse.

Il en suffit peu pour retourner l’audience qui n’attend que ça. Les américains apportent leur petite pierre à l’édifice en ce samedi fort en émotion musicale par leur musique brutale donnant du souffle à la mi-journée poussant le public à headbanguer.

Derrière son pied de micro on entraperçoit à peine le chanteur bassiste Chris Monroy caché derrière sa chevelure, seul ses growls arrivent à transpercer cette cascade capillaire.



ENSLAVED:

Le fer de lance du black metal progressif arrive sur scène en terrain conquis. Eux qui passent leur vie sur les routes savent imprégner une scène de leur aura scandinave. Les titres mêlent passage black metal et ambiances progressives au travers de growls et de chants clairs.

Avec Enslaved on est dans le mystique norvégien, leur morceaux en regorgent et on se laisse porter avec ces vikings à la manœuvre. Il y a même sur les derniers titres en date une saveur psychédélique qui vient s’entremêler comme un serpent dans un alphabet runique parmi les atmosphères ancestrales porteuses de valeurs nordiques.

Les deux patrons, Ivar Bjørnson et Grutle Kjellson, imperturbables restent stoïques et font le job tandis que Arve Isdal fidèle à lui même multiplie les pauses du guitar-hero à la grande satisfaction des photographes. Avec les norvégiens on est toujours certain du résultat : moment épique saupoudré de voix de vikings comme sur « Havenless » chanté à capella avant de terminer par l’indispensable « Isa ».



MØL:

Le papillon de nuit est un peu en avance sur le coucher du soleil, mais l’ambiance tamisée de la Massey Ferguscène attire le public devant la lumière.

MØL est un quintette danois de blackgaze/post-rock extrême, formé en 2012 à Aarhus. Il s’est fait connaître par sa fusion originale de riffs black metal abrasifs, de nappes shoegaze aériennes et d’influences emo et post-rock, portée par le chant typé « fry scream » de Kim Song Sternkopf et des ponctuations de chant clair éthéré.

Cela pose un peu l’ambiance. Complexe en tout cas. Les yeux et les oreilles ont de quoi faire, pendant que nos pauvres cerveaux essaient de comprendre ce qu’il se passe.

Nous nous sommes fait surprendre, et nous voilà restés scotchés pendant tout le concert.

Le show se caractérise par une alternance constante entre moments rugueux (blast beats, tremolo picking) et passages oniriques (reverbs planantes, breaks mélodiques), créant un engagement émotionnel unique, le tout avec une énorme énergie qui émane d’un vocaliste déchaîné.



LES WAMPAS:

Pendant que les ex-stars de MTV, à savoir Extrem, jouent sur une autre scène, nous avons sacrifié les souvenirs émus de “More Than Words” à du bon vieux rock français, mais pas n’importe lequel.

En fait, nous avons parié sur le show le plus vivant. Et clairement, Les Wampas sont en pleine forme. Notre Didier national n’hésite pas à slammer, à plusieurs reprises et même sur une chaise, tout en continuant de chanter au mieux !

Ce n’est ici certes pas une démonstration de technicité, mais un éloge à la bonne humeur et à l’esprit festif. Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé, et reprend les paroles à tue-tête.

Du haut de leurs 13 albums, le punk rock made in France nous contemple !

Les Wampas demeurent clairement  le fer de lance de la chanson festive et iconoclaste, capable de fédérer toutes les générations grâce à leur sens de la fête, une certaine irrévérence et des hymnes indélébiles (Manu Chao!).


DARK ANGEL:

Encore une vieille légende qui vient fouler les prairies desséchées de Carhaix-Plouguer. Comme pour Forbidden, il leur suffit de puiser la majorité des morceaux de leur album culte Darkness Descends pour le plus grand plaisir des fans amassés devant la scène.

Ron Rinehart ne tient pas en place et n’hésite pas à se promener accompagné d’un roadie dans la foule étonnée de se retrouver face à face avec le chanteur qui s’époumone et donne une puissance démultipliée au show.


DARK ANGEL - motocultor


Les lumières caressent les silhouettes des musiciens tandis que chaque note nous tranche telles des lames bien affûtées. Ils étaient tous là en 1986 quand l’album est sorti à l’exception de Laura Christine à la guitare et de Ron qui venait tout juste de les rejoindre. Ça fait toujours du bien de retrouver un groupe légendaire qui n’a rien perdu de sa superbe.

La fatigue du festivalier commence à se faire sentir après trois grosses journées, du soleil et de la poussière. Pour d’autres, la soirée ne fait que commencer dans des styles très variés avec une programmation nocturne proposant des groupes jouant du rap (!) et de l’électro, qui entourent le black metal liturgique de Batushka et le post metal de Cult of Luna. Il y en a vraiment pour (presque) tous les goûts ce soir !


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