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MOTOCULTOR Open Air 2025 – Day 1 : La température monte à Carhaix

MOTOCULTOR Open Air 2025 – Day 1

Jeudi 14 août 2025 – Carhaix

MOTOCULTOR Open Air : La température monte à Carhaix

 


Alors que les festivaliers affluent déjà depuis la veille et déambulent dans la sympathique petite cité de Carhaix, qui pour l’occasion n’a pas hésité à se fondre dans l’ambiance metal, proposant des groupes de “tribute” reprenant les grands noms comme Motörhead par exemple, l’édition 2025 du Motocultor va ouvrir sous peu.

En ce jeudi 14 août, nous voilà enfin dans l’antre du metal !

L’affiche de cette (petite) première journée ne commence certes que vers 15h, mais propose tout de même quelques beaux noms…

DOGMA:

Honneur aux dames. Mais à défaut d’être drôles, nous voilà plutôt devant un show mélangeant lapdance et bonnes sœurs. Oui, c’est sans doute peu commun, mais ce bon vieux heavy metal aime les clichés.

Les succubes se déhanchent et profitent clairement de l’honneur d’ouvrir devant des festivaliers déjà très chauds, emplis de cette excitation d’y être enfin.

Leur musique,à mi-chemin entre le hard rock européen et le metal mélodique, associe des riffs puissants à des refrains accrocheurs, offrant un spectacle aussi visuel que musical.

Evidemment, la forme prime ici sur le fond, mais que ne ferait-on pas pour un peu de chaleur humaine, n’est-ce pas ?



VERSATILE:

Versatile, formation suisse de black/indus metal originaire de Genève, marie atmosphères oppressantes et influences industrielles pour plonger l’auditeur dans un univers sombre et théâtral inspiré des catacombes et de la Cour des Miracles.

Les riffs dissonants s’accordent à merveille avec l’énergie déployée par Hatred Salander, le vocaliste.

Le show est très vivant, avec une belle présence sur scène de l’équipe déjantée de cordes formée par Cinis et Famine.

La sombre histoire contée par Versatile n’hésite pas à intégrer quelques artefacts avec une sortie flamboyante (au lance-flammes) en fin de concert !

Visuellement, on pourrait y reconnaître une influence de Shaârghot (qui a d’ailleurs collaboré sur le clip Alter ego), mais musicalement nous sommes sur quelque chose de plus froid et acéré. Il s’agit sans doute d’un groupe à suivre.



HELLDEBERT:

Nous voilà devant un concert dédié aux enfants qui ont d’ailleurs bien répondu à l’appel. Il est remarquable de voir autant de jeunes parents venir avec leurs parfois très jeunes rejetons en festival. On voit donc une ribambelle de bambins, coiffés de casques anti-bruits, assis sur les épaules d’un de leurs parents. Les deux premiers rangs sont quasiment entièrement peuplés de ce public un peu particulier.

Les autres n’ont même pas cette excuse d’y aller pour les enfants et viennent donc volontairement assister à un spectacle qui se veut offrir une passerelle entre l’univers enfantin et la scène métal, sans concession sur l’intensité ni sur la convivialité. Comme le disait Aldebert/Helldebert “Si c’est trop fort, c’est que t’es trop vieux!”.

Évidemment, en ce qui concerne le réel contenu, c’est avant tout une affaire de goût personnel et chacun est libre d’apprécier le metal familial, un nouveau sous-genre de notre univers musical !


GUTALAX:

Le site de Kerampuilh, plombé par le soleil se transforme en une vaste parade de festivaliers déguisés en toilettes, en gros caca ou en responsable des nettoyages des chiottes revêtus d’une combinaison d’un blanc immaculé avant l’affrontement final.

Originaire de République Tchèque, Gutalax, groupe de gore-grind scatologique crée une ambiance hors norme avec son univers totalement loufoque faisant délirer les aficionados des toilettes salles des gares SNCF. Les titres sont courts composés de cris de porcins, dégoulinant de caca et d’accélération de prouts retentissants.

Les festivaliers font partie du show arborant des brosses à chiottes tendus vers le ciel tels des marteaux de Thor gonflables à un concert d’Amon Amarth. Certains se transformant pour l’occasion en toilettes complètes, lunette incluse autour de la tête, les papiers autour des bras pendant que dans le ciel les rouleaux de papier toilette rencontrent des ballons, des matelas gonflables…



ME & THAT MAN:

L’immersion dans un folk country sombre, tel un nuage bienfaiteur, se pose sur la Bruce Dickinscène.

Une atmosphère plus introspective colore de noir la scène dès l’entrée de Me and That Man, le projet parallèle sombre et bluesy de Nergal de Behemoth. L’ambiance nous plonge dans une Amérique profonde. Nous sommes à Rosedale dans le Mississippi à l’intersection de la Highway 8 et de la Highway 1, perdus dans le temps avec un Robert Johnson devant sa “Cross Road Blues” tentant de vendre son âme au Diable en échange d’un succès en tant que chanteur de Blues.

Entre l’efficacité des musiciens et la classe de Nergal et son charisme le public tombe sous le charme des accords teinté d’une blues bien sombre et d’une voix épaisse et chaleureuse sous les accords des indispensables « My Church is Black » «Blues & Cocaine » ou « Buring Churches » mais c’est avec un sourire narquois que Nergal nous présente une version acoustique de « Black Metal » de Venom en expliquant que son autre groupe joue ce genre de musique. On reste aussi impressionné par cette version raccourcie de « Paranoïd » rendant hommage à qui vous savez.



NAILBOMB:

Depuis sa renaissance en 2024, Nailbomb revient de temps en temps secouer les festivals avec Max Cavalera, Travis Stone, Adam Jarvis, Ale Cha aux samples (Pig Destroyer) accompagné de Jackie Cruz à la basse (Go Ahead and Die).

Le hurleur brésilien derrière son micro de cartouchières a retrouvé la ligne (de tir aussi) entouré de logo anti-nazi, anti-KKK, anti-nucleaire, anti-business…

La foule mange de la poussière et devient surexcité dès les premiers accords de « Wasting Away », l’énergie est palpable entre lourdeur des riffs et chants organiques et hurlés des deux chanteurs. Le son est épais avec une section rythmique transformée en rempart avec cette batterie martiale et des guitares percutantes à la précision chirurgicale.

Sur scène, Nailbomb rappelle que cette formation culte voulait dire quelque chose aux ados des années 90 et qu’elle a su avec l’arrivée de sang frais rester un groupe fascinant à apprécier dans un bain d’adrénaline collective débordante.



NE OBLIVISCARIS:

Ne Obliviscaris, groupe australien (ou presque, avec la présence du Français Benjamin Baret) de metal extrême progressif, se distingue par l’intégration d’un violon virtuose à un quintette de guitares, basse, batterie et chants clairs/gutturaux, créant un répertoire riche et contrasté. La frontière entre le death metal mélodique, le black metal, le thrash et des sonorités classiques ou mêmes jazzy est souvent poreuse.

L’alternance entre les parties agressives et plus mélodiques est la marque de fabrique du groupe.

Le show est particulièrement intéressant, car ni l’œil ni l’oreille ne savent exactement à quoi s’attendre.

De longs morceaux comme  “Devour Me, Colossus (Part I): Blackholes” ou “Equus” ont mérité leur place dans une belle setlist.

On se surprend à rester pendant tout un concert, même si on n’est pas un grand fan du style, ce qui souligne d’autant la qualité musciale de Ne Obliviscaris.


WITCHCRAFT:

Par la sorcellerie, nous voilà revenus dans les années 70. A part l’odeur de weed, il ne manque pas grand-chose au trio suédois de doom/occult rock.

En effet, il puise son inspiration dans la scène 70’s (Black Sabbath, Pentagram) pour réinventer un son vintage et psychédélique agrémenté d’ambiances sombres et mystiques.

De l’habillement à la coiffe, tout y est. Des guitares lourdes et saturées, un chant tour à tour murmuré et habité, des soli psychédéliques et des ambiances planantes. Pas de doute, on peut faire, et bien, de l’ancien avec du neuf !

Le doom revival suédois a encore de belles heures devant lui, c’est certain.



SAMAEL:

Après que les coreux d’I Prevail aient ravagé la scène et que la dream pop de Diiv ait fait rêvé un autre type de public, nous voilà revenu à quelque chose de plus traditionnel, si on peut utiliser ce terme pour Samael version 2025.

Le son est très travaillé, l’éclairage pesé et même les plis des vêtements semblent prévus pour un show très froid, très professionnel, très lumineux, très Samael en quelque sorte.



Le duo fondateur Vorphalack (chant/guitare) et Xytraguptor (claviers) respecte leur style unique qui mêle des riffs de black metal de la seconde vague à une ambiance électronique et industrielle.

Malgré les années, Baphomet est toujours sur son trône !

Une première journée qui s’achève donc aussi bien qu’elle avait commencé. Et encore, ce n’est que le morceau d’introduction au Motocultor !


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