Samaïn Fest 2025 – La Mézière – 24&25 Octobre 2025
C’est donc la 13ᵉ édition du Samaïn Fest, qui s’est tenue du 23 au 25 octobre à la salle Cassiopée à La Mézière (35) en Bretagne.
Le festival se déroule chaque année en soutien à l’école Diwan de Guipel, autour de la fête païenne du Samaïn qui marque le passage de la saison claire à la saison sombre et la nouvelle année celte.
La soirée du jeudi, déjà marquée par l’identité bretonne et l’esprit celte (comme avec Lannog dans lequel joue Härl Hent organisateur du festival ou encore Flõd et Brieg Guerveno) commence doucement, comme un warm-up pour préparer les deux jours à venir.
Le Samaïn Fest 2025 a tenu toutes ses promesses pour les amateurs de metal exigeant
Vendredi 24 Octobre 2025
Xannax (Rennes Bretagne)
Pas simple de jouer à deux, mais quand c’est très bien fait comme avec Xannax on passe un très bon moment pour débuter le festival avec une musique gorgée de riffs et d’effets à foison (il faut voir la pédale d’effet de Josh, d’où le fuzz !!!).
Pas simple au premier abord, mais des ambainces dans lesquelles on se plaît à surnager au fil des titres psychédéliques rythmés par les coups de boutoir de l’infatigable Noé.

∏ΣzΣL / Mezel (Rostrenen Bretagne)
Le chanteur est un spectacle à lui tout seul. Son visage se déforme au fil des chansons entre chant growlé et passage black. Ses mains grattent son visage à se faire saigner dans des contorsions impossibles. Il vit ses textes devant nous et nous transmet tout son mal-être.
Le bassiste vit chaque note qui nous balance tandis que le claviériste éclairé seulement par sa lampe de chevet est en osmose avec le guitariste.
À l’écoute des titres on se plaît à naviguer dans les premières heures de Cradle of Filth et de Dimmu Borgir quand le thème du vampirisme était plus présent que de nos jours.
Ætheria Conscientia (Nantes Bretagne)
Venu de Nantes, Aetheria Conscientia est un savant mélange de black metal, de jazz et de psyché sans pour autant faire une impasse sur le metal progressif et le côté hardcore quand le chanteur lâche ses percussions pour nous exploser les tympans avec son micro.
C’est quand même assez dingue d’apprécier la présence du saxophone qui nous permet de nous élever légèrement afin de découvrir une autre façon d’appréhender le style musicale qu’on apprécie.
Moundrag (Paimpol Bretagne)
Assurément le groupe qui m’a le plus étonné ce week-end. C’est une véritable expérience que d’observer les deux frères sur scène.
L’un derrière ses synthétiseur Hammond, et l’autre caché derrière ses fut et ses gongs prêt à relever le défi et de nous transporter dans les plus belles heures du hard rock des années 70.
Du heavy rock aussi teintée de psychédélisme et quand c’est bon c’est du « Psychédélice ».
Ils ont été biberonné avec ce qu’on fait de mieux entre des Deep Purple et autres. Leur musique est sublime, mais ils ont aussi cette capacité à tenir un public dans leurs mains. Ils savent s’y faire.
Ils sont à l’aise, ont des bonnes têtes et communiquent ou plutôt communient parfaitement avec leurs fans.

TGOO / The Great Old Ones (Bordeaux France)
Même si au sein de TGOO, les musiciens tournent beaucoup, on ressent toujours les frémissement que ce soit avec un film projeté en noir et blanc, création de la « H.P. Lovecraft Historical Society » à Rennes pour les 25 ans de Garmonbozia ou ce soir dans des lumières aveuglantes où l’on découvre les musiciens cachés derrière leurs pieds de micro customisés à limage de Cthulhu.
On prend toujours autant de plaisir à se laisser aller au son des français qui nous entraînent dans leur univers Lovecratien.
The Great Old Ones propose de nombreux titres du 5ème album Kadath comme « In the Mouth of Madness », « Me, the Dreamer » et « Under the Sign of Koth » sans pour autant faire l’impasse sur l’incontournable «Antarctica » de Tekeli-li. Cthulhu is watching you !
Dool (Rotterdam Pays-Bas)
Écouter Dool, c’est permettre à votre cerveau de bouillir par une alchimie savamment équilibrée et de s’ouvrir à plein d’émotions.
Les musiciens sont complètement pris par leur musique et par la voix particulière de Raven van Dorst tout en sensibilité.
Accompagnée par d’anciens membres de The Devil’s Blood pas étonnant que cette musique nous ensorcelle, nous envoûte dans un calme respectueux.
Ufomammut (Piémont Italie)
C’est fou, comme il est agréable, de se laisser aller à l’écoute des italiens, la musique se transforme en vaisseau spatial psychédélique et nous propose un allez simple vers les stratosphère de l’espace où nos corps se retrouvent en apesanteur sous la lourdeur des riffs, l’épaisseur de la rythmique dans une lumière simple et monochrome.
Ufomammut se bonifie avec le temps comme un cocktail italien savamment équilibré plus proche d’un Negroni Sbagliato qu’un Spritz trop facile à réaliser.
Samedi 25 Octobre 2025
Après une balade botanique organisée par le festival, trois groupes qui jouent en terrasse du bar L’Excuse dans le village de La Mézière, la cérémonie druidique et la conférence du Grand Druide il est temps de faire chauffer les amplis…
Death Council (Rennes Bretagne)
Les rennais proposent un metal bien puissant et techniques qui nous permet de bien entamer cette deuxième journée. L’ambiance est au beau fixe, les musiciens paraissent bien s’amuser sur scène.
Ils sont contents d’être passé du bar du centre-ville l’année dernière dans le « off » à la scène principale du Samaïn.

Tanork (Rennes Bretagne)
C’est incroyable comment le groupe a pris de la confiance en soi depuis deux ans.
La dernière fois au Samaïn (c’était il y a deux ans) Melaine et Eflam n’étaient accompagnés que d’une boîte à rythmes.
Maintenant ils ont un batteur avec Morgann ( recruté il y a 1 an ½) et leur prestation est déjà digne des plus grands avec si peu d’années derrière eux.
Visiblement, ils ont l’air très heureux sur scène, ils changent de place, bougent, s’amusent. Une véritable communion s’établit avec le public. Leur death/trash est des plus subtile.
Étant tous passés par le réseau des écoles Diwan, les musiciens ont la particularité de chanter en Breton : preuve que la langue n’est pas un frein pour balancer des titres aussi addictifs !
Après le Hellfest (Hellstage), le Motocultor et le Muscadeath on ne peut que leur souhaiter le meilleur !!

Nervous Decay (Nantes Bretagne)
Le death metal technique des nantais passe comme une lettre à la poste. Ils sont mobiles sur scène, ont le look, l’attitude, la vraie ! Et savent pendre les pauses adéquates.
C’est jouissif de se laisser porter par leur musique, faite d’agressivité et de subtilité dans un style musical qui a su évoluer avec son temps.
Infern (Douarnenez Bretagne)
Flanqué d’un T-shirt des Guns N’ Roses, le chanteur asse coreux s’effectue à faire son sport quotidien sur scène ne tenant pas en place avec un chant hargneux.
Le guitariste et le bassiste gèrent les riffs bien tranchés. C’est puissant, même si les mélodies ne sont pas laissées de côté.
SUP / Spherical Unit Provided (Wallers France)
Le côté goth se retrouve aussi dans les éclairages en contre-jour, qui nous font apprécier la silhouette des musiciens. Dans les premiers rangs, les fans des premiers jours sont là et chantent toutes les paroles qui connaissent par cœur. Grosse ambiance. Ça en donne des frissons.
Le concert est spécial puisque le concert est dédié à l’album ANOMALY qu’ils jouent en intégralité. L’album avant-gardiste est sorti en 2000 traitait des machines et de la naissance de l’I.A. dans un univers déshumanisé, vide et métallique.
Misanthrope (Angers France)
Philippe « SAS de l’Argilière » Courtois sait tenir une scène rien que par sa gestuelle envoûtante. Il a des attitudes théâtrales avec ses mimiques, son regard profond lorsqu’il scrute les festivaliers des premiers rangs.
Lors des solos d’Anthony Scemama, le chanteur prend la pause, tel un « air-guitar hero ». Que dire de Jean-Jacques Moréac : le bassiste est incroyable. C’est simple, la basse est le prolongement de ses bras. Il aime bien taquiner ses partenaires de scène dans sa rythmique incroyable.
Chose incroyable ce soir qu’il faut souligner puisque Philippe Courtois et Séverine Foujanet tous deux co-fondateurs du label “Holy Records”, découvreurs de talents ont d’ailleurs produit les 6 premiers albums jusqu’en 2003 des fameux grecs qui vont jouer après eux (Septicflesh).
Septicflesh (Athènes Grèce)
Le public fait une masse compacte devant la scène pour acclamer les Grecs. Le public devient même plus féminin que pour les autres groupes car Septicflesha cette force, cet aura, cette classe sur scène.
On pense à leur compatriotes de Rotting Christ qui ont aussi foulé cette scène l’année dernière. Ils ont ce pouvoir de vous transporter grâce a leur black metal symphonique.
Les éclairages en contre-jour nous permettent de nous concentrer encore plus sur les titres qui font la part belle à l’album Codex Omega.
Le public réagit très bien aux demandes de Spiros Antoniou qui va renchérir en demandant des circle-pits déclenchant une guerre de tranché dans les premiers rangs.

Le Samaïn Fest 2025 a tenu toutes ses promesses pour les amateurs de metal exigeant tout en gardant une identité forte liée à la Bretagne et aux racines avec toujours une production aux petits oignons « de Paimpol ».
On ressent une vraie communion avec ce public composé de locaux, de fans de metal « extrême », et de curieux.
Si vous étiez présent, vous avez forcément eu des moments mémorables qui resteront à raconter à vos proches pour qu’on soit encore plus nombreux l’année prochaine. Kenavo !








































































































