Among The Living
Live Report

STEEL PULSE – KING RIDDIN @Olympia Paris

STEEL PULSEKING RIDDIN

Olympia Paris – 28 mars 2025


La ville de Birmingham en Angleterre est terre de musique. De figures emblématiques même. Les fans de metal penseront Black Sabbath ou Judas Priest. Les fans de reggae penseront Steel Pulse. Ces mêmes fans se sont donné rendez-vous ce vendredi 28 Mars à l’Olympia pour les 50 ans de la formation anglaise. Cinquante ans, ce n’est pas rien comme anniversaire ! Et les fans ont été nombreux à vouloir participer à la fête : le concert affiche complet !

En préambule, un DJ, DJ Jacko Melody, accueille les premiers arrivants encore peu nombreux en ce début de soirée. L’homme s’excuse du niveau si faible de la musique, indiquant que ce n’est pas de sa faute et fait de son mieux pour chauffer la salle faisant chanter la fosse puis le balcon. L’annonce de l’Olympia signifiant les règles de bonne conduite n’attendra même pas qu’il termine sa prestation. Sympa !

L’homme termine sur quelques titres de Bob Marley, ‘Could You Be Loved‘, ‘Rat Race‘ ou encore ‘Buffalo Soldier’ sur lequel le public est invité à chanter. Ce dont il ne se prive pas.



20h00, la première partie investit la scène. Le public est désormais plus fourni pour accueillir les tricolores normands de King Riddim. Mine de rien, les gars sont là depuis trente ans mais le groupe a connu plusieurs interruptions dans sa carrière. Ils reviennent avec un nouvel album ‘Le Temps‘, sorti en février de cette année dont nous retrouvons plusieurs titres ce soir. Dont l’intime ‘Le Temps’ qui évoque la mère de Sly, le chanteur. Émouvant. Il y a des thèmes plus universel abordés comme sur ‘Gilet Jaune’ ou ‘Sors du Ghetto’.

La prestation est bien accueillie par le public que Sly aura fait chanter, aura harangué indiquant qu’effectivement le public parisien est le meilleur public en référence à la question qu’il avait posé en entrée de spectacle. Peut-être que tous ces téléphones joliment allumés à sa demande sur ‘La tête dans les étoiles’ auront-ils influencé son ressenti.

En 40 minutes la formation française, un clavier, un batteur, deux guitaristes, un bassiste et deux chanteurs, aura fait le job avec son reggae tranquille chanté en français.

Setlist King Riddim

Intro Beat It
Profite
Danse avec moi
Gilet Jaune
Le Temps (Maman)
Coeur Naufragé
La Jungle
Sort Du Ghetto

La tête dans les étoiles



STEEL PULSE

Quelques minutes avant le début du concert, le public réagit à l’arrivée de Selwyn Brown qui pointe son nez du côté de ses claviers et fait quelques « selfies ». Mise en bouche avant le démarrage du spectacle peu après 21H00.

Au-delà de la propreté du son, ce qui frappe en ce début de concert, ce sont aussi les couleurs qui jaillissent de scène et que les lumières laissent exploser à la vue de tout le monde. David Hinds arbore une tenue toute de bleu, de rouge et jaune, baskets rouge et grosses lunettes de soleil. La tunique de Selwyn est quant à elle plein de jaune et d’orange ce qui ajoute une touche de chaleur à cette troupe bariolée.

Posté en fond de scène – qu’il quittera régulièrement pour venir au plus près des fans, le bassiste Amlak Tafari revêt une belle tenue ample blanche et jaune et des baskets blanches. Lui aussi porte de grosses lunettes de soleil. Le débardeur aux couleurs de la Jamaïque que porte le guitariste David Elecciri Jr est finalement très banal. Lui aussi porte des lunettes de soleil. Plus banales celles-ci. Quoi ? Ce n’est pas un défilé de mode mais un concert ! Certes mais au vu du soin apporté à l’impact visuel de la troupe, il était important de s’y arrêter.

Après la vue, passons à l’ouïe. Elle aussi est soignée : le son est clair, propre, un régal. Idéal pour apprécier pleinement la musique portée par une formation pleine de vie.
David a des postures de « guitar hero » metal, solos inclus. Le bassiste ne reste pas statique en fond de scène et viendra souvent devant la scène, au plus près des fans. Sur ‘Drug Squad’, il descend même dans la fosse pour la plus grande joie des spectateurs. La section cuivre qui apporte cette chaleur dans la musique avec zeste de flute traversière n’est pas en reste et les gars n’hésiteront pas à venir eux aussi sur le devant.



C’est vivant, c’est décontracté aussi. Pour preuve le pétard gonflable géant que le groupe lance dans la foule sur ‘Drug Squad’. Il y a indéniablement une connexion qui s’établit entre le groupe et son public, les ondes circulent, totalement positives. Peut-être qu’avoir fait monter une fan sur scène pour gratter la basse sur ‘Steppin Out’ a favorisé cette connivence.

Le groupe s’appuie sur sa discographie début de carrière grosso modo, fin des années 70, première partie des années 80 en dehors de ‘Stop You Coming and Come’ issu de Mass Manipulation et d’un titre de Victims, ‘Taxi Driver’.

Les morceaux s’enchaînent sans temps mort mais pas sans interaction avec le public comme sur ‘Stop You Coming and Come ‘. Le groupe arrête d’ailleurs ce titre peu après son début et le chanteur parle avec un peu de français expliquant que ce morecau vient de ‘Mass Manipulation‘. La chanson est relancée, glisse vers un passage un peu dub et remporte un gros succès.

Mais quel titre n’est pas acclamé ce soir ? ‘Nyah Love‘ et son début avec les cuivres ? Non. ‘Stepping Out’ avec cette fan qui gratte la basse ? Non plus. Ça part en ska, la flute traversière revient, la communion entre le public et Steel Pulse est totale, les fans sont incandescents !


Steel Pulse


Alors que la fête est déjà bien avancée, un technicien place du gaffer fluo autour de la zone du bassiste histoire de sécuriser le périmètre, que le musicien voit les reliefs et évite la chute. Il était temps !

La pause rappel intervient au bout d’une belle heure de vie. Le meilleur est à venir pour ce public qui est debout même dans les gradins. Enfin la plupart.

Le DJ de début revient chauffer un public déjà « caliente » ! « Do you want some more ? » « When I say Steel, you say Pulse! ».

Puis David revient, seul, avec une guitare acoustique. « Ça va ? » demande-t-il en français, bientôt rejoint par Amlak sans sa basse qui vient faire le pitre et haranguer les spectateurs en divisant la salle en deux pour une compétition de « Hey ! Hey ! » bien sympathique et dynamique.
Et les musiciens de revenir et la musique de reprendre sa pleine place avec ‘Roller Skaters‘ acclamé par les fans. Sur ce titre, le bassiste de la première partie vient taper le boeuf.


Steel Pulse


Chaque morceau de ces rappels augmente d’un cran l’ambiance dans cet Olympia survolté. Le dub de ’Handsworth Revolution’ avec sa grosse basse rencontre un beau succès, ‘Taxi Driver‘ relance une ambiance chaloupée et voit le clavier se détacher de son instrument pour chanter. Nous vous disions vivant ! Cela vient aussi de cette variété dans les interventions.

« Magnifique ! Super! » lance le chanteur en français.
Respect‘ reprise de l’artiste sud-africain Lucky Dube conclut cette superbe soirée d’anniversaire. Cinquante ans quand même ! Respect !
Et Steel Pulse de nous rappeler en cette fin de concert que le racisme est une vilaine chose.
Quittons-nous sur cette conclusion, du rouge, du vert et du jaune plein les yeux et les oreilles.

Qui a dit que cinquante ans, c’était vieux ?


Setlist Steel Pulse

Ravers
Rally Round
Soldiers
Chant A Psalm
Drug Squad
Not King James
Babylon Makes the Rules
Stop You Coming and Come
Nyah Love
Steppin’ Out
Ku Klux Klan

Rappels :

Roller Skates
Handsworth Revolution
Taxi Driver
Your House
Respect (reprise de Lucky Dube)

David Hinds, chant
Selwyn Brown, claviers
David Elecciri Jr, gratte

Amlak Tafari, basse


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