The 69 Eyes + Lacrimas Profundere
Backstage By The Mill – Paris
Mercredi 20 Novembre 2019


The 69 Eyes


The 69 Eyes, le goth’n roll dans le sang

Il est peu fréquent que ceux que l’on appelle les vampires d’Helsinki foulent le sol parisien. Pour l’occasion, les avertis passent le portail du Backstage By The Mill les uns après les autres. L’impatience est palpable, pour un show promettant d’être plus qu’intimiste. En guise d’opening, les allemands de Lacrimas Profundere ouvrent le bal. Derrière un nom latin évocateur se dissimule un groupe gothique mélodique aux accents emo, pas si éloigné de l’apogée de Bullet From My Valentine au coeur des années 2000.

Aussi androgyne que ténébreux, le frontman Julian Larre parvient à conquérir une foule déjà acquise sans efforts. Accompagné d’un line up bien réveillé, le chanteur ne cesse de se démener, jusqu’à fendre la fosse le temps d’un morceau debout au coeur de son public. Les titres de la formation se succèdent, dotés d’une énergie de belle facture. Sympathique, le live n’est pas des plus originaux. Pas grave ! Belle découverte, Lacrimas Profundere offre un show généreux et survolté et c’est tout ce qui compte.




Il est temps pour les finlandais tant attendus de faire leur entrée. Formés dans les bars d’Helsinki durant l’été 89’, les gaillards habitent la scène à la façon d’une confrérie dès leurs premiers pas. Tous affublés de carcasses plus stylisées que macabres, les rockeurs living dead sont habités d’une aura glam et rétro très eighties, un son plus dark à la clé. Jyrki, chanteur playboy aux airs de vieux beau accompli, couronne le tableau d’une étonnante justesse.

The 69 Eyes semblent comblés d’être dans l’Hexagone, dans ce Paris sulfureux où il sont adorés. Pour les gaillards, difficile de rester insensible à la french touch de la foule majoritairement féminine. Et le frontman tant affectionné le rend bien, allant jusqu’à twister les paroles du tube Perfect Skin pour Evènement : “Shake your hips baby, you got a Parisian style”.  En vérité, il est impossible d’imaginer une autre capitale où un groupe gothique puisse se sentir plus à l’aise. Paris ? L’antre de Lestat dans les romans d’Anne Rice et ville de coeur d’Oscar Wilde, qui y imagina certainement les premières esquisses de son immortel Dorian Gray. The 69 Eyes incarnent un romantisme noir oublié au profit d’une modernité plus fade, évoquant les Lost Boys damnés du chef d’oeuvre de Joel Schumacher.

Entre goth et shock rock, les bougres ne renieraient certainement pas leurs influences d’Alice Cooper et de Sisters of Mercy. Les tubes des 69 Eyes s’improvisent en litanies dansantes, osant des mélodies anticipatrices de Ghost composées 15 ans plus tôt. Résolument nordique dans sa musicalité, le groupe porte à bout de bras son sens des accords et du rythme comme le font la plupart des – bonnes – formations scandinaves, ABBA les premiers ! De Borderline à Betty Blue, de Brandon Lee à Danse d’Amour, les plus gros titres ne sont pas laissés pour compte et offrent une pop dark et sensuelle. Cheyenna, dernier single sulfureux, rappelle que la formation n’est pas prête de s’arrêter après la sortie récente de l’excellent et addictif nouvel opus West End. “The 69 Eyes never age”, lance Jyrka entre deux accords. Trait d’humour ou révélation, pourquoi ne pas choisir de le prendre au pied de la lettre en attendant un lointain retour des vampires dans la ville lumière…


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