GALIBOT – Catabase
Sorti le 8 mai 2026 – Les Acteurs de l’Ombre Productions
Après la réédition de leur premier album Euch’mau Noir bis Galibot revient le 8 Mai avec un second album Catabase qui sort chez Les Acteurs de l’Ombre. Produit et enregistré au Minotaure Studio, puis mixé et masterisé au St Marthe Studio, ce nouvel album est construit en deux parties, nous quittons par moments la mine pour explorer d’autres aspects du Nord de France, à travers son histoire, ses légendes populaires, ses paysages…
« La Catabase, c’est la descente du héros épique dans le monde souterrain des enfers et là où la mythologie en donne cette définition, Galibot s’en saisit et fait de la mine cette dimension infernale où les mineurs descendaient pour y être avalés … »
On le comprend mieux avec les bruits d’acier d’un ascenseur qui descend dans les entrailles de la terre comme le montre l’intérieur du digipack…
La production nous frappe d’emblée avec « Jeanlin »… les riffs, la puissance, la voix agressive de Diffamie (Agathe Boulanger)… tout y passe. C’est une course, un moment intense… la rythmique, le break décalé comme un moment suspendu . Les mélodies sont sublimes.
On comprend mieux la progression dans l’écriture. Car après la parution du premier album qui se voulait seulement studio, Galibot ( Thomas, Agathe et Clément) décide de tourner, ouvrant les portes à Julian et Rob qui rejoignent le groupe. Cette collaboration les amène finalement à travailler sur leur second album, et cette fois à cinq !

GALIBOT nous livre un album est plus nuancé, magnifié par une production plus solide.
Les riffs et la rythmique battent à l’unisson sur « Bleu Noir Rouge ». Comme des échardes elles nous transpercent de douleur, avec des breaks bienvenus.
Après une intro a la Watain (« Voreux »), le mid-tempo nous entraîne dans les veines de la terre noire dans une descente sans espoir.
La ligne vocale est encore parfaite et vindicative suit des accélérations et des retournements d’ambiance… encore un gros morceau comme « Saint Cordon » qui nous écroule encore sous une avalanche de riffs.
On est retourné à l’écoute de chaque titre représentant des moments difficiles vécus par les mineurs et leurs familles.
Quel déluge avec le blast de « Pénitent ». Chant agressif puis sur le break amené par la voix très enfantine d’Agathe avant que des riffs incisifs et un éboulement sismique de rythmes viennent écrouler la galerie.
Et quant on découvre ce qu’était la mission du forçat… « le travail périlleux de mineurs d’élite, chargés d’une mission aussi essentielle que dangereuse : enflammer le grisou afin de purifier les galeries. Envoyé seul dans les profondeurs, le pénitent, vêtu de vêtements imbibés d’eau comme unique protection, progresse en rampant, flambeau à la main, pour consumer ce gaz mortel. Figure à la fois héroïque et tragique, il incarne une lutte constante entre survie et sacrifice. »
Jamais de longueur : les titres sont concis, les musiciens vont à l’essentiel comme sur « Les Montagnes Poussent Sous Terre ». Quelle poésie dans un titre où le mid-tempo se fait bousculer par des accélérations en forme de changements de cap.
Le voyage sous terre est à nouveau terrible, sans espoir… « C’est dans ce nord de France – ce plat pays que les montagnes poussent sous terre »
« C’est dans le nord de France – ce lieu maudit que les morts s’enterrent eux-mêmes ». Ou encore les riffs fous sur une tranche de vie avec « Terril » avec encore un joli travail sur la voix pour intensifier les propos… « ce Vésuve du Nord qui dégueule la roche ».
Il y a aussi du Zola dans le texte de « Estaminet Pt.1 » : on s’y croirait dans cette lute des classes. On a des images plein la tête, rien qu’en écoutant la musique, et en lisant les paroles. On est plongé dans ce quotidien, traversé par ces hommes et ces femmes autour des Terrils dans des lieux bien crasseux entre voix féminine et voix masculine.
En résumé Catabase est plus nuancé, marqué par des thèmes et des compositions plus variés et magnifié par une production plus solide.
Les tribunes du Stade Bollaert du RC Lens devraient reprendre en choeur les textes de Galibot tellement ils vous prennent aux tripes. L’après Bachelet est en route…
Tracklist:


