REVOCATION – New Gods, New Masters
Sortie le 26 septembre 2025 – Metal Blade Records
Dave Davidson: Vocals, Guitar
Ash Pearson: Drums
Harry Lannon: Rhythm Guitar
Alex Weber: Bass
Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort, poète et journaliste, a écrit en 1795 dans “Maximes et pensées, caractères et Anecdotes” : “La célébrité est le châtiment du mérite et la punition du talent”.
Il est un groupe qui mérite sa célébrité de par son mérite. La ville de Boston dans le Massachussets nous a offert tellement de talent : bien sûr Aerosmith, mais aussi, Killswitch Engage, Converge et… Revocation.
Le mérite de la bande de David Davidson, depuis 2006, provient de leur death Metal technique bourré de nuances et d’influences. Pour leur vingtième année, les Américains, plutôt prolifique, nous offrent un neuvième album studio “New Gods, New Master” le 26 Septembre chez Metal Blade Records (Artillery, Exhumer, Vomitory, Messa, Anaal Nathrakh…). Une belle collaboration qui dure depuis l’opus “Deathless” de 2014.
Pour ce coup de schlague auditif, il fallait une bonne claque visuelle. L’artiste italien, Paolo “Madman” Girardi nous peint de nouveaux dieux et maîtres, qui ne sont que des serveurs, alimentant les moteurs de recherches, internet, les médias et les réseaux sociaux. Le maître d’Ascoli, reconnaissable par ses camaïeux de bleus et par ses nébuleuses, a le vent en poupe actuellement. Après avoir travaillé pour Inquisition, Manilla Road, Acod, Cryptopsy, on lui doit les artworks des derniers Grima et Creeping Fear.
Quant à la production, celle-ci a été confiée à un autre maître dans son domaine. “New Gods, New Masters” a été mixé et masterisé par le Suédois Jens Bogren dans ses Fascination Street Studios d’Örebro. Pour mémoire, celui-ci a œuvré auparavant pour Opeth, Dimmu Borgir, Sinsaenum, Kreator et autre Paradise Lost.
Après une intro qui pourrait servir de musique d’entrée sur scène, “New Gods, New Masters”, le titre éponyme, démarre sur les chapeaux de roues avec une batterie punitive d’Ash Pearson tandis que les accords sont répétitifs pendant les couplets. La musique s’arrête… puis revient du fin fond de la console comme s’il s’agissait d’un acte II. Les guitares se basent sur trois accords pour finalement s’emballer pour un long moment instrumental jusqu’à ce que le vocaliste reprenne le relais pour un final époustouflant.
Deux coups de toms, des riffs dynamiques, un chant scandé et “Sarcophagi Of The Soul” est lancé. Comme pour nous laisser reprendre notre souffle, le chant s’arrête pour un changement de rythme. L’atmosphère se fait plus lourde jusqu’aux effets de cordes, et la voix se libère de nouveau pour un long couplet.

Revocation fait une vendetta dans notre système auditif
Première surprise de l’album, Travis Ryan de Cattle Decapitation use de son chant plus lourd, entre distorsions et coups de sticks. Le tempo est plus rapide pendant ce “Confines Of Infinity” qui est tranché en deux par un duo de guitares. La tête bourdonne de par la lourdeur du titre.
Un duel basse/guitare entame “Dystopian Vermin” qui part à 100 à l’heure, dominé par le chant puissant tantôt rapide, tantôt moins, avec toujours une grande importance pour l’instrumental.
La guitare principale est mélodieuse et le traitement des cordes est différent sur “Despiritualized”… Un morceau bien différent des autres, mélodieux, enroulé et beaucoup plus léger.
Deuxième invité sur cet album, le virtuose israëlien de la six-strings Gilad Hekselman joue le rôle de leag guitar pour “The All Seeing”. Ce morceau instrumental est marqué par des arpèges, des contrepieds et des changements de rythmes. “The All Seeing” est un titre magnifique mais difficile à suivre, usant notre curiosité jusqu’à la corde.
On repart avec du Death ultra-rapide et technique pendant “Data Corpse”. La qualité du chant se fait remarquable entre le growl des couplets et les envolées lyriques du refrain.
Des accords répétés inaugurent “Cronenberged” qui voit la participation de Jonny Davy de A Job For A Cowboy, pour un chant basé sur la scansion. Avec ce dernier et “Buried Epoch”, la fin de l’album est apothéotique.
“Buried Epoch” qui voit la dernière collaboration avec, cette fois-ci, le Canadien Luc Lemay, est le titre qui caractériserait “New Gods, New Masters” : fort, puissant mais mélodique, alternant entre voix et accords, rythmes saccadés et plus doux.
On comprend qu’on vient de prendre une monumentale dégelée acoustique, une bonne claque qui remet les idées en place. Pendant quarante-quatre minutes, Revocation fait une vendetta dans notre système auditif, à en oublier ce qu’on a écouté auparavant.
Selon Yves Rénaud “les applaudissements sont des simulacres de gifles”. Oeil pour oeil, dent pour dent, on leur rendra la pareille lors de prochains concerts.


