Reporter et combattante au pays du Graspop festival
26ème édition – Dimanche 18 juin 2023
par notre envoyée spéciale MV (photos et texte)

Deux géants des festivals du metal en même temps, le Hellfest à Clisson et le Graspop à Dessel avec 220 000 entrées en 2023. Pour les gens du nord de la France, la Belgique c’est plus près et avec une programmation quasi identique il y avait donc le choix. Quatre jours et quatre nuits intenses en hard rock, punk et metal et quatre jours de beuverie de bière. La campagne belge n’est pas des plus jolies et dans ce plat pays les vélos abondent. Après plus de cinq cents mètres parcourus sur les chemins bosselés, on arrive au Graspop : la fouille se fait de façon succincte à l’entrée. C’est le dernier jour du festival et la fatigue se lit sur le visage de certains. D’autres se reposent sur leurs chaises dans les champs comme les vaches que l’on a croisées au parking.
Destination immédiate vers la scène sud. Les deux principales scènes, à savoir Stage North et Stage South, se situent cote à cote. J’aperçois Udo Dirkschneider, ex-chanteur d’Accept, au beau milieu de la scène. Le groupe composé des guitaristes Andrey Smirnov, Fabian Dee Dammers, du bassiste Tilen Hudrap et du fils Sven Dircksneider à la batterie, reprend les hits de son époque « Princess of the Dawn » (1982) et « Balls To The Wall » (1983), deux anciens titres du groupe teuton. Le charisme de Dirk, du haut de ses 71 ans, est bien présent malgré une voix légèrement vieillissante. Depuis 2016, le groupe n’était pas revenu jouer ici et le public international chante en chœur les paroles, encouragé par le frontman.

Des fans comblés
16h50. Avatar joue dans une dizaine de minutes sur la scène voisine, donc la North Stage. Malgré les longueurs des scènes, il n’y a pas trop de mètres à parcourir. Avec une setlist bien alléchante, ce groupe suédois beaucoup plus connu du jeune public a déjà l’habitude des festivals.
Johannes Eckerström (chant) arrive sur scène. Il est rapidement rejoint par le reste du groupe, les deux guitaristes, Tim Öhrström, Jonas « Kungen » Jarlsby, le bassiste Henrik Sandelin et le batteur John Alfredsson. Retentissent les riffs et mélodies du premier titre de l’après-midi, « Dance Devil Dance ». C’est parti pour le freak show ! Pas le temps de se reposer et « The Eagle Has Landed » est lancé illico après la première chanson. Les multiples surfeurs déferlent, dos ou ventre tourné vers le sol : un nombre incroyable de crowd surfing tant et si bien qu’on se croirait sur la piste de décollage à Orly. Pour prendre des photos, cela devient un véritable parcours du combattant : entre observer la scène pour attraper un cliché, se retourner pour éviter de se prendre un coup de bottes dans la tronche ou le poids d’un corps ou bien encore tendre la main sans risque de blessure tout en protégeant le fameux trésor de l’autre main. Pour calmer un peu le jeu, le solo au piano, joué par Johannes, sur « Tower » fait parti intégrante de la setlist, à l’instar de leur show à l’Olympia le 10 mars dernier. De « Chimp Mosh Pit » au dernier morceau « Hail The Acpocalypse » en passant par «Bloody Angel», le quintet suédois de death metal mélodique comble ses fans.

18h. L’un des habitués du Graspop est le quartet canadien Three Days Grace et son metal alternatif post grunge, avec des boucles musicales alternant calme, chaos et énergie. Né dans un monde explosif, le groupe est classé numéro 9 dans le Bilboard canadien en 2003. Matt Walst le frontman au micro est accompagné de Neil Sanderson (batterie, piano, choeurs), Brad Walst (basse) et Barry Stock (lead guitar). Démarrage sur «So Called Life» de leur dernier album «Explosions» puis «Animal Have Become» (One X) où la danse fait place au headbanging. La bonne entente entre les musiciens est palpable et se transmet tout le long de la prestation à son audience. Puis celle-ci se termine sur «Riot» (One X).
19h. Retour vers la North Stage avec Generation Sex, une line-up subtilement mélangée comprenant deux ex-Generation X, Billy Idol au chant et Tony James à la basse et les musiciens des Sex Pistols, Steve Jones à la guitare et Paul Cook à la batterie. Su scène, c’est un retour épique aux seventies avec les morceaux de Generation X « Ready Steady Go », « King Rocker », « Dancing With Myself », « Your Generation » et des Sex Pistols comme « Pretty Vacant », « Silly Thing », « God Save The Queen » et en fin de concert « My Way ». Cela rappelle de bons souvenirs pour certains qui étaient adolescents à l’époque car les musiciens sont tous âgés de plus de 65 ans. Ils ont survécu à bien des déboires et d’abus d’alcool, d’amphétamines et leur corps résiste encore ! Les images projetées sur fond d’écran renforcent le côté nostalgique des seventies-eighties où la jeunesse s’amuse, insouciante.
Autre grand moment du début de cette dernière soirée du Graspop, c’est la prestation du maestro Alice Cooper et de sa bande Hollywood Vampires : Joe Perry (Aerosmith), Johnny Depp . Ceux-ci livrent une brillante démonstration de brutalité et de précision tout en affichant une évidente décontraction. La recette est connue mais elle fonctionne toujours. Des solos de guitare du virtuose Joe Perry, maniant la guitare sans médiator, au charisme du vieil Alice Cooper, aucune limite ne semble fixée : les musiciens jouent à fond, Alice chante toujours de façon juste et claire les morceaux cultes de son ancien groupe« I ‘m Eighteen », d’Aerosmith comme « Train Kept A Rollinn’ », « Walk This Way » pour clôturer avec « School’s Out ». Une excellente prestation !
Si on pensait que le groupe de glam rock tirait sa révérence en 2015 avec son « Final Tour », Mötley Crüe renaît de ses cendres, après le succès de leur film biographique « The Dirt » sur Netflix. Les rockeurs ont attiré l’attention d’un public plus jeune, qui a engendré une toute nouvelle génération de fans. Ils envahissent la North Stage du GMM ce dimanche à 21h50, juste avant Def Leppard.

Formé en 1981, le groupe de Los Angeles a intégré la scène du hard rock en connaissant des hauts et des bas. Ils marquent la décennie des années 1980, non seulement par tous leurs tubes, mais aussi par leur attitude provocante, leur mode de vie destructeur (le bassiste Nikki Six quasi rescapé d’une overdose) et leur style vestimentaire très excentrique. En 2009, la bande de copains avait déjà foulé la pelouse de la prairie de Dessel, quatorze ans plus tard, ils sont bel et bien de retour pour prouver que le hard rock persiste. Leurs tubes « Shout At The Devil », « Too Fast For Love », « Live Wire » défilent.
Malheureusement, le son est mauvais et la voix de Vince Neil est quasi inaudible. Il a perdu sa voix, le pauvre gars ! Leur prestation scénique n’est pas à la hauteur de l’événement. Il faut que le band de L.A. accueille sur scène deux jeunes femmes choristes hyper sexys pour faire le show. On n’est pas dans un cabaret ! Malgré les reprises telles que « Blitzkrieg Bop » des Ramones et « Helter Skelter » des Beatles, le charisme de M.C. a disparu… Par ailleurs, aucun concert de Mötley Crüe n’est prévu en France durant leur tournée européenne d’été 2023…

23h30. Def Leppard, avec son hard rock, glam metal, va apaiser les festivaliers. « Let’s Get Rocked », « Love Bites », « Rocket », « Hysteria », « Pour Some Sugar On Me » et leur dernier morceau «Photograph» rappellent nos souvenirs de jeunesse. Tous les membres sur scène sont sacrément en voix et s’unissent dans des harmonies du plus bel effet. Joe Eliott, du haut de ses 63 ans, chante la jeunesse ou les conflits avec les adultes comme dans les années 80. Le tableau est parfait avec Rick Savage, toujours à la basse depuis 1977, Rick Allen à la batterie depuis 1978, Phil Collen et Vivian Campbell à la guitare. Le set se termine à une heure du matin, suivi du classique feu d’artifice multicolore.

Liste des groupes au Graspop, voir le site : https://www.graspop.be/fr/line-up/lijst
Ceux qui auraient loupé le Graspop ou qui voudraient regarder certains concerts, allez voir les vidéos sur le site https://vod.graspop.be/fr/































