Entretien avec Manuel Gagneux & Tiziano Volante de Zeal & Ardor
Nouvel album « Grief » – Aout 2024

Le projet de metal avant-gardiste suisse ZEAL & ARDOR sortira son nouvel album, intitulé Grief, le 23 août 2024. Le titre, Grief, est inspiré du Vogel-Gryff, une tradition ancestrale qui se déroule chaque année dans la ville natale de Manuel Gagneux, Bâle, en Suisse. Une créature hybride mythique défile dans les rues pour les enfants, symbolisant les travailleurs de Bâle qui s’opposent à l’élite oppressive de l’autre côté. Manuel explique : Le Grief est à la fois un lion, un serpent et un oiseau. Pendant le défilé, il tourne le dos aux aristocrates et colle à l’homme, reflétant ainsi la situation dans laquelle nous nous trouvons.
Le leader a choisi de bousculer les choses pour cet album et au lieu de le faire à nouveau seul, il a acceuilli ses coéquipiers en studio : Tiziano Volante (guitare), Marc Obrist (chant), Denis Wagner (chant), Lukas Kurmann (basse) et Marco Von Allmen (batterie). Il déclare : « Je voulais développer ce que nous avions et introduire de nouvelles couleurs. Il y a des moments de colère et d’accusation, mais aussi de réconfort et de bonheur. J’élargis la palette de couleurs avec laquelle nous pouvons peindre. Ce sont des voies que nous n’avons pas encore empruntées. » A noter que le groupe sera de passage au Zénith de Paris le 17 septembre prochain accompagné d’HEILUNG, ainsi qu’au Rock In Bourbon le 22 juin et au Festival 666 le 10 août.
Votre nouvel album Grief sortira cet été, celui-ci évoque essentiellement la situation actuelle de la société, pensez-vous qu’il est encore possible de se rebeller en musique à l’heure d’aujourd’hui et comment s’est passé l’enregistrement du disque ?
Manuel : Hum, à vrai dire notre intention principale n’était pas de faire un album de « rébellion » pour etre sincère, mais si le public y trouve une certaine rage, alors c’est vraiment cool. Pour l’enregistrement, c’était très simple en réalité. La nouvelle chose avec cet album c’est que l’écriture vient de moi, mais chaque membre du groupe joue sa partie et c’était le parfait mélange de chaque élément apportée qui a permis a celui-ci de voir le jour.
À l’origine, tout cela à commencé en tant que projet solo et j’étais seul avec mon ordinateur (rires) ! J’ai contacté quelques amis pour un seul ou deux concerts et puis l’aventure à continué avant de former un vrai groupe… Nous avons eu l’idée de faire cet album depuis deux ans, à l’instant ou le précédent était terminé nous pensions déjà au suivant, nous pensons toujours aux morceaux que nous pouvons jouer sur scène, surtout depuis la pandémie qui était une période difficile pour tout le monde.
C’est difficile de se positionner dans cet industrie et quand tu es un groupe situé au « milieu » tout est plus compliqué c’est pourquoi nous nous estimons plus que chanceux.
En janvier 2024, le documentaire « Play With The Devil » réalisé par Olivier Joliat et Matthias Will traite de ton parcours (Manuel) notamment sur le mélange audacieux du Black Metal et de chants et cris d’esclaves afro-américains afin de briser les tabous sur certaines oppressions…
M : C’est un constat que je fais encore malheureusement à l’heure actuelle, ce message était une réponse a une attaque et je répond seulement à ce que fait ce monde…
Quels sont vos influences principales ?
M : J’écoute vraiment de tout (rires) ! J’aime la musique, honnêtement. Du metal extreme, de la musique électronique comme Arca (Alejandra Ghersi), et pleins de nouvelles choses.. J’adore découvrir des choses très différentes !
Tiziano : Tout d’abord je pense au jeu de guitare donc je dirais probablement Daron Malakian de System of a Down, tous les riffs de guitares du groupe Slipknot, je suis fan de tout ce qui est rythmiques…
Si vous deviez choisir seulement 3 albums à emmener sur une ile déserte, lesquels choisiriez-vous ?
M : Rain Dogs de Tom Waits, en seconde position Vespertine de Bjork et en dernier… Quelque chose de cool (rires) ! C’est une question très difficile…
T : Le premier serait Toxicity de System of a Down évidemment , Smash d’Offspring et enfin l’album Mirrors de Breakdown Of Sanity
Le groupe jouera en compagnie d’Heilung au Zenith de Paris à la rentrée ainsi que de nombreux festivals en France, qu’attendez-vous de ces dates ?
Nous sommes très contents de pouvoir parcourir tant d’endroits afin de partager notre musique, c’est l’essentiel à notre sens et de vouloir à nouveau donner le meilleur chaque soir. Nous aimons les petites salles comme les grands festivals, c’est deux mondes très différents mais cela dépend de notre humeur, jouer de nouveaux titres est une véritable épreuve pourtant c’est très fascinant à la fois.



