Entretien avec Baptiste Labenne, sympathique guitariste-chanteur de BOISSON DIVINE!

Boisson Divine mélange depuis maintenant près de vingt ans folk gascon et metal. Le nouvel album du groupe « Eretatge » est une pure merveille.
Ce nouvel album arrive six ans après votre précédent disque. Pourquoi un temps aussi long ?
Il y a eu le Covid et puis le fait que nous ne voulons pas être un groupe professionnel. En plus de cela le mixer a eu des problèmes dans sa vie ce qui nous a fait perdre du temps.
Nous avons fait tous nos albums avec lui donc nous voulions l’avoir encore avec nous pour ce nouveau disque.
Verycords a gueulé ce qui est normal (rires) mais l’album sort enfin. On a pensé à un moment à monter notre propre label mais Verycords est arrivé et ça nous allait très bien.
L’album reste dans la lignée de ce qu’a toujours fait Boisson Divine ; un mélange de folk gascon et de metal. Comment est née cette envie de diffuser la culture gasconne ?
Celle-ci est malheureusement en voie d’extinction. Mes grands-parents parlaient gascon. Au début du groupe nous chantions en français. C’est en grandissant et en découvrant Nadau que nous avons eu envie de chanter en gascon. Nous avons commencé à écouter d’autres groupes gascons et nous nous sommes mis au gascon et aux instruments traditionnels de la région. On a mélangé la culture gasconne et le metal avec une pointe de punk. Ce que l’on fait est l’amalgame de tout cela.
Sur le nouvel album il y a davantage de metal extrême qu’auparavant.
J’écoute du black-metal depuis plusieurs années. J’ai sorti un album en solo dans ce genre. J’aime les mélodies, les trucs à la Dio mais je peux aussi aimer le black.
Je trouve que ce disque est sans doute le plus ambitieux de votre carrière. Il est extrêmement varié musicalement.
C’est vrai. Il y a des titres très Maiden, des morceaux folk, des choses un peu metal extrême. Il y a des choses que nous n’avions encore jamais faites sur ce disque comme de mettre des cordes. Cela a été super intéressant de travailler avec un orchestre. Cela a été un grand moment que de pouvoir réaliser cela. Cela a amené de belles nuances à la musique.
Le dernier morceau de l’album est particulièrement épique.
Nous avons agrégé plusieurs contes et légendes pour celui-ci. Ce titre parle du pont du diable qui n’est pas spécifiquement une légende gasconne. La légende dit que la première âme humaine qui passe sur le pont sera pour le diable. Nous parlons aussi dans ce titre des clochers gascons. C’est le titre de bravoure de l’album.

Vous racontez les contes et légendes de votre région dans vos morceaux ?
Oui mais en y mêlant des choses plus « triviales » comme le rugby ou des choses de la vie de tous les jours.
Vous tournez dans la scène metal mais aussi dans le milieu trad ?
Pas trop dans le milieu trad parce que nos structures sont pop. On reprend des titres trad en instrumental. On peut faire des fêtes de village. Dans le milieu trad pas mal de gens aiment Boisson Divine.
Le folk gascon chez vous est très présent.
Oui même si nous ne respectons pas toujours les structures trad. Nous avons l’aspect polyphonique qui lui vient du trad. Nous pouvons faire des reprises de très vieux morceaux de la culture gasconne. On peut faire aussi des choses qui viennent d’autres cultures comme « Maria » sur le nouvel album qui est castillan.
Vous jouez des instruments traditionnels dans Boisson Divine. Comme la vieille à roue ?
Oui la vielle à roue qui s’appelle chez nous la rengaine. Nous avons aussi la cornemuse landaise qui donne un côté rythmique. Il y a également le clarin de bigorre et la flûte à trois trous qui est béarnaise.
Pour la personne qui s’occupe du mix cela doit être l’enfer de mixer les éléments metal avec les éléments trad.
Ce n’est pas facile oui (rires).


