A l’occasion de leur passage au HELLFEST, nous nous sommes entretenus avec Kjetil-Vidar Haraldstad, alias Frost, batteur du groupe Norvegien 1349.
C’est un Frost chaleureux, avenant et visiblement content de se retrouver sur les routes pour reprendre la tournée qui mettait en avant le dernier album The Infernal Pathway sorti en 2019 et bousculée par la pandémie.
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Lionel/Born666 : La dernière fois qu’on a fait une interview ensemble c’était pour la sortie de Massive Cauldron of Chaos (dont je porte le t-shirt promotionnel réalisé par Season of Myst)…
Frost : Tout à fait et ce disque est sorti le même jour de notre concert au Hellfest en 2014.
Aujourd’hui tu réalises des interviews mais il n’y a pas d’album en prévision ? Peut-être que vous travaillez déjà sur un nouvel album ?
Non. Pour être clair on est seulement là pour jouer live aujourd’hui. Notre tournée commencée en 2020 pour promouvoir l’album The Infernal Pathway reprend et ce n’est pas encore terminé. On doit encore sillonner l’Europe. Notre dernier album était sorti juste avant le Covid et on avait été bloqué. On ne pouvait plus tourner donc tout a été d’abord annulé puis reporté. À la base on devait déjà jouer ici au Hellfest l’année dernière mais avec des problèmes de date reportées on a dû annuler et c’est pour ça qu’on est là aujourd’hui.
En gros on reprend ici notre tournée là où elle s’était arrêtée en 2020. Le show sera quand même un peu différent de ce que l’on proposait en 2020. La chose la plus importante est que le titre « Stand Tall in Fire » prend une place importante dans la setlist
Donc avec le temps qui est resté figé, vous avez eu le temps de réfléchir à votre prochain album ?
Oui… On a quand même commencé à travailler dessus.
Les bases de cinq chansons sont déjà incroyables et je travaille actuellement sur des lignes de batterie pour y trouver des solutions. En gros, on a avancé sur tout l’aspect « percussif » de ce futur album et généralement, quand je commence à travailler dessus, des nouveaux changements arrivent concernant la composition.
D’après ce que je peux dire à ce stade c’est que travailler dessus est un travail passionnant et ce sera donc un album passionnant.
Quels vont être les grands changements ?
Tu sais 1349 restera 1349 et fera toujours du 1349…
Même si parfois j’ai trouvé que 1349 sonnait d’une façon expérimentale comme sur Revelations of the Black Flame. Je ne pense pas que l’on va prendre une direction plus sombre. Il sera le digne héritier du dernier album et les lignes de batterie me font penser à celles de Massive Cauldron of Chaos. On est rentré dans des parties assez complexes avec beaucoup de riffs de guitare, plus d’orchestration dans la manière dont sonnent les guitares.
1349 a toujours su sortir des riffs faciles à mémoriser…
Pour ce nouvel album, ce que je ressens à ce stade c’est que les titres seront plus complexes. On y retrouve des riffs implacables avec des combinaisons de guitares incroyables et des titres très différents les uns des autres.
Mais votre manière de travailler n’a pas changer…
Oui, on évite de trop réfléchir ou de trop analyser sur ce qu’on fait. Nous sentons que lorsque nous faisons équipe, il se passe quelque chose. C’est comme un esprit commun qui s’empare de l’équipe. Nous ne sommes pas influencés par des personnes extérieures. En agissant ainsi on arrive au bon endroit dans notre façon de concevoir la musique.
Justement quand tu travailles sur un album est-ce que tu es influencé par ce que tu écoutes ?
En tant que musiciens nous sommes avant tout des mélomanes. Comme tous les artistes nous absorbons ce que nous écoutons. Mais nous sommes motivés et complètement dans notre bulle quand nous rentrons dans notre salle de répétition. On n’a jamais essayé de faire quelque chose de similaire à un autre groupe. Ça n’a pas de sens pour nous. On veut rester nous-même et ne ressembler à personne d’autre.
Les membres de 1349 jouent ensemble maintenant depuis plus de 25 ans. Quel est votre secret ?
Effectivement, le groupe a été créé en 1997/1998. Personnellement je les ai rejoint en 2000.
Nous continuerons aussi longtemps que nous estimerons que ce que l’on propose reste pertinent. Tant qu’on prendra du plaisir à faire ce qu’on fait on continuera. Si un jour on sent qu’on fait les mêmes choses, qu’on reste sur les mêmes thèmes, les mêmes variations, ce ne sera pas suffisant pour nous. Nous devons sentir qu’il y a des choses que nous pouvons encore faire et qu’on peut trouver et développer de nouvelles pistes.
Actuellement on a un bon développement, un bon endroit pour répéter et un bon esprit.
Nous sommes donc très excités de savoir où nous pouvons emmener ce prochain album et ce à quoi il va ressembler. Et on procèdera ainsi aussi longtemps qu’on pourra le faire. L’excitation est fondamentale !
Vous ne pouvez pas être entièrement sûr de ce que sera votre prochain album mais cela vous fait toujours avancer.
Ça fait maintenant très longtemps que vous tournez. Quelles sont tes expériences les plus drôles les plus embêtante que tu gardes en tête ?
J’aurais plutôt toujours envie de me souvenir que des belles expériences.
Je veux dire que lors des premières tournées il n’y avait rien de professionnel mais beaucoup d’envie de notre part. Je ne peux pas me souvenir de toutes les choses, bonnes ou mauvaises trop clairement. Ensuite quand on a commencé à travailler avec un vrai tourneur et son organisation professionnelle cela a permis au groupe de proposer de meilleures prestations sur scène.
Lors de notre dernière tournée on était avec Abbath, Vltimas et le groupe de thrash metal Nuclear. La tournée proposait un très beau package et ça fonctionnait bien. Une bonne expérience pour moi.
Je me souviens d’une bonne tournée aussi avec Triptykon qui garde la flamme de Celtic Frost. Ils nous avaient même prêté leurs matériels. C’est une chose dont nous nous souviendront toujours avec gratitude, personnellement et spirituellement.
Pour en revenir à toi et à Satyricon peux-tu me parler de l’expérience que tu as vécu avec votre collaboration unique avec le musée MUNCH d’Oslo, en Norvège et la composition musicale sous forme d’album, intitulée Satyricon & Munch qui en a découlé ?
Tout d’abord j’ai dû en faire la visite 3 ou 4 fois avant de travailler sur le projet. Vous savez en tant que visiteur du musée, je n’avais aucun rôle formel que ce soit, j’étais là personnellement et non en tant que professionnel.
De plus, j’ai vu l’exposition pour en faire un travail documentaire là-bas. J’y étais pendant le travail avançait. Il fallait faire de la musique qui communiquent avec les images, les peintures de façon que cela fonctionne ensemble.
Tu devais être fier.
Oui, tellement de fierté mais j’étais surtout ému.
La dernière fois que j’y étais c’était fantastique. Lorsque tu sais que ça a touché tellement de personnes ça en devient émouvant. L’exposition se fermait en fait, je me sentais aussi très bien, un sentiment de gratitude me submergeait avec notre musique. C’était un événement enrichissant et fantastique.
Tu veux rajouter quelque chose ?
1349 a une très longue histoire avec ce festival donc j’espère vraiment avoir une superbe expérience avec le public. On se connait tous maintenant. Vous savez donc que nous n’avons pas besoin de nous demander à quoi ressemblera notre show : une énergie folle, une atmosphère violente et sombre…
Profitez de la violence !!!



