A l’occasion de leur passage au HELLFEST 2022, nous nos sommes entretenu avec John Cooper, chanteur et bassiste du groupe SKILLET.

Bonjour John. J’ai manqué le passage de Skillet au Download Paris, il y a quelques années. Mais je sais que vous êtes venus en France à plusieurs reprises. Comment est reçu Skillet par le public français ?
Nous ne sommes venus en France qu’une poignée de fois. C’est sûr que notre public ici a beaucoup grandi ces dernières années. Nous étions en concert en tête d’affiche en 2019. Juste avant la pandémie. Nous avons fait une tournée européenne à la fin de 2019. Et nous avons eu beaucoup de succès. Je suis donc très heureux d’être de retour aujourd’hui.
Vous avez des projets pour revenir jouer en France dans les mois qui viennent ?
Je suis sûr que nous le ferons. Nous n’avons pas encore réservé de tournée européenne dans l’immédiat, mais je pense que nous attendions de faire les concerts de la saison actuelle, un peu comme un rattrapage pour ces trois dernières années sans concerts. Nous en saurons plus lorsque nous aurons réservé la prochaine tournée. Mais je suis sûr que nous reviendrons parce que nous avons été très bien reçus jusqu’à présent.
J’ai suivi les vidéos du podcast « Cooper Stuff » sur YouTube. Tu n’hésites pas à parler ouvertement de ta foi chrétienne. Comment les gens réagissent ils lorsque tu parles de la foi en France ?
Je ne me souviens pas d’avoir vraiment abordé le sujet ici. Je ne me souviens pas d’avoir fait d’interview pour la France en général. Je n’en suis pas sûr. En Europe, ça m’est arrivé qu’on me pose des questions sur la foi. J’en ai donc parlé. En général, les gens semblent être assez ouverts, inclusifs. Ils semblent accepter tout ce que tu leur dis. « Tant mieux pour toi, c’est cool ! » C’est en tout cas l’impression que j’ai eue. Je ne sais pas si c’est exact…
Oui, c’est vrai. Sauf que les gens diraient qu’il n’y a pas de vérité absolue. Si tu commences à affirmer une vérité absolue, les gens te regardent de travers – « Eh ! Ne sois pas extrémiste ! »
Ah oui, ça ne m’étonne pas. Ce n’est pas une conversation que j’ai pu approfondir ici. Mais c’est ce qui se passe en Amérique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai écrit mon livre Awake and Alive to Truth. Il traite de la vérité absolue. Le modernisme, le relativisme, et d’autres choses de ce genre. Je pense que ça a certainement commencé d’abord en Europe. Mais c’est exactement ce qui se passe aussi en Amérique maintenant. L’Amérique a tellement accéléré le mouvement qu’elle exporte aujourd’hui dans le monde entier toute cette tendance de la folie « woke ».
Comment cette question de la foi est-elle perçue dans les milieux du métal dans lesquels tu évolues ?
C’est sûr qu’il faut être prêt à payer le prix. les gens ne voient pas d’inconvénient à ce que tu croies en quelque chose. Mais ils n’aiment pas vraiment que tu en parles trop, à moins que tu le fasses d’une manière très inclusive. La raison pour laquelle j’ai commencé à m’exprimer plus ouvertement, c’est surtout parce que les Églises ne s’expriment pas assez ouvertement. Elles n’osent pas poser des affirmations claires, alors il m’a semblé que je voulais le faire.
Que réponds-tu aux chrétiens qui te disent : « Comment toi qui est croyant peux-tu jouer dans un festival appelé le Hellfest ? »
J’aime jouer de la musique. Je suis donc prêt à jouer de la musique à peu près n’importe où, tant que ça ne m’oblige pas à faire des compromis. Je suis heureux d’être une lumière dans l’obscurité. J’espère que c’est ce que je fais. Un verset de la Bible que j’aime beaucoup, c’est « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas étouffée ». C’est l’Évangile de Jean chapitre 1, verset 5. C’est un de mes versets préférés. Et c’est ce que je crois. Je disais dans ma dernière interview il y a quelques minutes que ces deux dernières années, sans la possibilité de faire des concerts, il y a eu beaucoup d’obscurité, de dépression, d’alcoolisme, de suicide, etc. Et cela a affecté d’innombrables personnes.
La Bible raconte l’histoire d’un roi appelé Saül, il y a environ 3000 ans, qui était tourmenté par des démons et qui a dit : « J’ai besoin d’un musicien qui vienne jouer pour moi ». Ce musicien était David, dont nous croyons qu’il a été oint par le Saint-Esprit de Dieu, et les démons se sont enfuis. Je crois que la puissance de l’Esprit dans la musique est possible. Et je crois sans aucun doute que la puissance de l’Esprit en moi et dans les croyants est réelle. C’est donc en quelque sorte ma défense. Je sais que certains chrétiens ne comprennent pas. Ce n’est pas la vocation de tout le monde. Mais je ne fais pas de compromis. Et je veux être une lumière dans les lieux sombres.
Comment le reste du groupe réagit-il à ton franc-parler sur les médias sociaux ?
Mon groupe est absolument génial. Des croyants tout feu tout flamme. Je pense qu’il me serait vraiment difficile de faire ce que je fais si ce n’était pas le cas. Parce que ça les affecte beaucoup. Ils me soutiennent donc énormément. Et de leur côté, les autres membres du groupe font aussi plein de choses. Peut-être pas autant que moi. Mais ils sont aussi très passionnés par la foi.
J’ai posé cette question parce que dans les festivals comme celui-ci, il y a tellement d’influences diverses, et je sais que certains groupes sont sous tension à cause de ce genre de truc…
Skillet est vraiment différent. Le groupe a toujours cherché avant tout à écrire des chansons sur nos convictions. Sur la vérité. Ce n’est pas que nous ne sommes pas sérieux à propos de la musique aussi. Mais la base, c’est toujours nos convictions. Ça ne fonctionnerait pas autrement. Et je ne pense pas que les autres voudraient s’impliquer si ce n’était pas le cas, parce qu’il y a un prix à payer – ce n’est pas toujours apprécié. On subit parfois la moquerie. On perd des contrats de concerts. On perd de l’argent. On perd du temps à la radio. Tout ça à cause de nos convictions chrétiennes. Je ne pense donc pas que les autres s’engageraient avec moi s’ils n’étaient pas sérieux.
Je veux être une lumière dans les lieux sombres.
Ces dernières années, Skillet a beaucoup progressé en termes de public. Au fil des ans, vous avez connu un grand succès. Je me souviens avoir acheté votre album Invincible il y a des années. Depuis, je l’ai prêté et perdu. À l’époque, un critique l’avait même comparé à Nine Inch Nails…
Au début, Skillet essayait toujours de nouvelles choses. À l’époque, tout ce qui était programming, au synthé, c’était comparé à NIN. Je n’ai pas compris. Je ne suis pas vraiment fan de NIN. Je ne connais pas grand-chose de leur musique. Mais je connaissais d’autres groupes qui l’étaient. J’étais fan de Korn. Mais nous avons toujours voulu tenter de nouvelles expériences. Alors, je ne me souviens pas vraiment pourquoi nous avons expérimenté avec les synthés, le programming… C’était juste une progression naturelle.
C’est pour ça, même sur notre nouvel album, tu entendras beaucoup de ces vieilles influences, des synthétiseurs, de la programmation, mais aussi des violons et de la musique d’orchestre, des mélodies pop avec des guitares lourdes. Skillet a toujours été un amalgame.
Y a-t-il une direction que tu aimerais prendre à l’avenir ? Une expérimentation que tu n’as pas encore explorée ?
Rien qui ne me vienne à l’esprit pour l’instant, mais je suis sûr que ça viendra.
Lorsque j’ai posé la même question à Jesse Leach de Killswitch Engage, il m’a répondu : « Je veux écrire un livre de recettes de cuisine. »
Je passe beaucoup de temps à lire, des études culturelles, des études théologiques. C’est ce que je préfère. Je suppose donc qu’il s’agira d’un élément clé à l’avenir.
Merci pour l’interview. J’ai été ravi de te rencontrer. Peut-être pourrai je convaincre un éditeur français de publier ton livre en français.
Ce serait génial !


