Nous nous sommes entrenus avec Olivier, bassiste de SCARLEAN à l’occasion de la sortie de leur dernier opus Silence.

Bonjour ! Peux-tu te présenter s’il te plaît ?
- Olivier le bassiste de SCARLEAN. Je suis rentré dans la formation il y a 4 ans en même temps que Fabien qui était déjà là il y a une dizaine d’années dans le groupe. Il a arrêté et il est revenu en même temps que moi : c’est le batteur de SCARLEAN.
Comment s’est passée pour vous cette période post COVID ?
- Ça a été quelque part bénéfique. Je ne vais pas dire que c’était bien mais ça a été bénéfique dans le sens où on a pu se retrouver pour la création de ce dernier album Silence et on a eu l’occasion de passer plus de temps ensemble pour composer et faire des arrangements. Mais ça nous a aussi coupé l’herbe sur le pied parce qu’on venait de sortir Soulmates, l’album précédent, et on avait des dates qui étaient programmées en Europe et qui ont été annulées, sauf la dernière en fin de COVID qui a en plus été super bénéfique car c’était top de rejouer sur scène. Mais pendant tout ce temps de COVID on ne s’est donc pas tourné les pouces.
Parlez-nous de votre participation à l’événement Slay At Home (événement virtuel mensuel et mondial organisé par le média américain Metal Injection), en avril 2021. Comment ça s’est fait ?
- Oui exact ! Ça a été une chance déjà qu’on puisse participer à ça. On était les petits frenchies de la liste et on était très surpris et du coup on s’est dit qu’il fallait qu’on fasse un truc bien propre et léché. On a réussi à faire un truc super percutant et on en est très content et puis de se retrouver à être avec tous ces groupes c’était un vrai plaisir.
Finalement vous avez réussi malgré tout à faire « vivre » Soulmates comme vous le vouliez ?
- La promotion de cet album a en effet été un peu différente des coutumes. On a dû beaucoup passer par le numérique, faire du merch et on a eu cette chance de rattraper des lives assez tôt aussi d’être programmé rapidement. Le merch a beaucoup fonctionné on a pu vraiment sauver les meubles en fin de COVID et nous faire entendre un petit peu sur cet album car on l’a joué en live quand même.
Le titre « Silence » est bien en français ?
- Alors on a fait exprès qu’on puisse le comprendre dans les 2 langues et qu’il se prononce dans les 2 langues.
Vous avez fait une campagne Ulule pour Silence, avec un taux de réussite à 160%. Cela vous a permis de faire quoi en plus de vos prévisions ?
- Déjà je remercie tous les contributeurs parce que on ne s’y attendait pas vraiment et on en avait besoin. On a dépassé les 6000 euros. On était parti avec l’optique de demander une somme raisonnable et de compléter avec nos propres fonds. Mais en fait ça a mis très peu de temps et on a dépassé les objectifs. Donc ça a couvert les frais en sachant que nous on est indépendants sur tous les côtés vidéo, graphisme et c’est un peu notre force aussi chez SCARLEAN. Si aujourd’hui on arrive à avancer c’est grâce à nos contributeurs et je ne peux que les remercier. On travaille pour eux, on est en train de créer du renouveau pour eux et c’est que du plaisir.
On sent que le visuel chez SCARLEAN est très important, non ?
- Oui n effet on y accorde beaucoup d’importance dans le sens où on compose à l’origine déjà en imaginant l’image. On a ce côté cinématographique qui nous est très cher. Il faut qu’on arrive à communiquer que ce soit sonore, visuel pour que les deux se rejoignent et d’ailleurs on va l’apporter en live. On a la chance et cette force la dans le groupe de tous travailler dans l’image. Géo fait aussi un peu de graphisme et de l’animation, et Alex qui est directeur artistique et qui travaille dans le textile. Fabien est plus dans le son et a son propre studio d’enregistrement. Du coup on a fait beaucoup d’enregistrements chez lui. Et moi-même je suis graphiste vidéaste et je fais de la 3D donc voilà on a cette petite équipe. C’est une mini fourmilière tout le temps en ébullition, avec tout le temps des idées, on est toujours en train de créer des trucs. Nous sommes nos propres patrons.
Quel est le modèle économique du groupe ?
- On a tous nos jobs respectifs. Seul Fabien vit de la musique avec son studio. Nous on est là pour se faire plaisir, faire plaisir aux gens qui nous suivent. Ce n’est pas ce qui nous fait manger mais ça fait partie intégrante de nos vies. On est tous musiciens depuis moultes années.
En mai dernier vous avez sorti une vidéo avec WAKE UP RIGHT NOW. Pourquoi avoir choisi ce titre ?
- Je pense que c’est pour la dynamique. Wake up right now c’est un boost de confidences. «Il faut se bouger» c’est un truc qu’on peut appliquer dans tellement de domaines, que ce soit personnel que ce soit dans l’écologie, dans l’environnement, dans l’économie… là on a besoin de bouger surtout après cette période COVID et je pense que ça reflétait l’état d’esprit du groupe au moment où on s’est dit qu’on allait enregistrer l’album.
Le personnage de Ghost semble se cacher, notamment sur la pochette. Je me trompe ?
- Non c’est tout à fait ça ! très bien relevé et le personnage de Ghost dans la vidéo, justement, c’est notre fil rouge sur la production. On le voit bien sur le premier album c’est un petit garçon, et ensuite il a grandi sur Soulmates où on le voit adulte avec cette petite fille sur la pochette et ils sont dos à dos. Et là en fait on se retrouve où le gosse a disparu car on s’est concentré sur le personnage de la fillette qui a grandi mais il est toujours là, il est sous-jacent et on le voit en revanche dans les clips. Il est toujours présent et très important car en fait il représente la part sombre de chacun.
Ce Ghost c’est ce subconscient qu’il faut parfois combattre et parfois écouter.
Du coup, peut-on parler d’un concept album ? Du moins déjà dans l’esprit ?
- Oui je pense ! Enfin c’est une espèce de continuité. On nous a demandé si c’était une trilogie. C’est une continuité mais pas forcément une trilogie dans le sens ou on va faire exploser la dualité.
Quels thèmes évoquez-vous dans Silence ?
- La dualité a beaucoup d’importance. Après c’est surtout là sur cet album et après la période COVID c’est un comment un état de la société, une observation de l’humanité. Il y a toujours cette dualité dans chaque chose qu’on fait que ce soit par exemple Protest Progress qui appelle à faire valoir ses idées, à marcher, à se battre pour soi-même, et à se battre justement contre soi. Ca appelle toujours deux côtés, deux côtés qui peuvent être sombres, qui peuvent être bons mais qui te font avancer quoi qu’il arrive.
Musicalement on entend bien la progression de SCARLEAN vers un coté plus groovy et « fluide » sur « Silence », notamment au niveau de la basse. Qu’en penses-tu ?
- Il y a plusieurs aspects pour répondre à cette question. Je suis arrivé à l’époque de Soulmates et l’album était déjà écrit et on m’a dit « tiens voilà c’est ça ». Donc j’ai pu apporter quelques petits trucs à droite à gauche mais je n’ai pas eu une liberté d’écriture et en fait Soulmates ça a été de l’interprétation. Là, sur Silence, on a eu plus de temps pour se retrouver, pour l’écrire ensemble et finalement c’est plus un travail de groupe. On a tous apporté nos arrangements. C’est toujours Alex qui écrit et qui donne les trames. Il fait beaucoup de travail en amont et nous on fait de l’arrangement. On détourne, on va chercher la petite bête dans ce qu’il a écrit et on a pu beaucoup plus se libérer sur cet album-là. On est allé chercher des couleurs, on est allé chercher des faussetés parfois, on est allé chercher des sons, des modes et la basse effectivement a pris de la liberté et beaucoup plus de place que dans Soulmates. J’en suis très content.
Silence représente beaucoup plus l’âme du groupe dans sa globalité en fait.

Vous avez une approche très conceptuelle musicalement mais aussi visuellement (comme vos photos promos où vous êtes tous en blanc). C’est un consensus de groupe ?
- Notre identité elle nous est chère. On essaie de donner quelque chose de qualitatif et de logique par rapport à nous vis-à-vis de nous et vis-à-vis du projet. Cette photo en blanc ça a été un pied de nez quand même. Une petite anecdote là-dessus : on a pris cette photo avec humour en fait parce que finalement tous les groupes de métal c’est noir c’est très sombre c’est très formaté et on s’est dit : on va faire une photo tous en blanc et on va rester quand même dans un environnement un peu cracra et délabré. Et cette photo a beaucoup marché et environ 2 semaines plus tard Korn a fait la même chose! ils ont fait une photo en blanc dans un endroit délabré et c’est un hasard total vraiment un hasard !
Au niveau du chant c’est pareil j’ai trouvé une amélioration, non ?
- Alex a beaucoup plus travaillé. Il a vraiment pris le temps de se pencher sur son instrument. Il a questionné des professionnels du chant, et a pris des cours. Il a fait un travail énorme sur les textures, sur son approche du chant. Pendant toute la période de création de cet album on a eu très peur car il a eu de gros problèmes de gorge. Il a su gérer tout ça avec ces problèmes. Il a fait plusieurs allers-retours à l’hôpital mais ça en valait la peine vue la différence qu’il y a de voix entre Soulmates et Silence. C’est le jour et la nuit. On retrouve vraiment un Alex avec des capacités qu’on n’avait pas encore entendues. Même sur la diction il y a un énorme travail, c’est remarquable !
Le final sur Bitter Taste me fait penser à du Pain of salvation notamment au niveau du chant. Est-ce une référence pour vous ?
- Oui tout à fait ! Alors globalement dans nos influences on a un peu tous les mêmes quand il s’agit de métal. Après on vient tous de milieux un peu différents. On a Fabien qui est beaucoup plus rock, Alex qui est dans du métal mais aussi de la trip-hop, et moi je viens du hip hop aussi. A l’origine je suis un bassiste jazzy pop. Et Géo qui est néo métal à fond mais qui a une formation hyper classique. Michel lui est métal mais a des influences d’un peu partout. Finalement cette patte qui s’est créée chez SCARLEAN elle est influée de tellement de choses que souvent on parle d’influences mais ce Ne sont jamais les mêmes.
L’artwork, la pochette, c’est toujours votre main ?
- Oui c’est Michel qui s’en occupe. C’est un cadreur hors pair et on a cette chance de le compter dans l’équipe. La commande c’est Alex et ils ont shooter dans une piscine. Ça a été très compliqué d’éclairer sous l’eau, d’avoir une profondeur de champ. C’est un travail colossal. Et cette mariée qui coule, on peut l’interpréter de plusieurs façons et c’est volontaire : toujours la dualité chez Scarlean. On ne sait pas si elle est morte on ne sait pas si elle est vivante, si c’est bon, si c’est mauvais, si c’est un renouveau, si c’est la fin. On a libre interprétation là-dessus.
Que peut-on vous souhaiter pour la suite ? et qu’attendez-vous ?
- Ce qu’on attend c’est de pouvoir le défendre sur scène. On est actuellement en train de préparer un show, un spectacle, plus que juste venir jouer. Donc on peut nous souhaiter que tout fonctionne et de pouvoir le défendre dans un maximum d’endroits, un maximum de festivals. On est en octobre à Saint-Just et ça va être super cool. C’est la première date avec le plateau, avec les lumières et les écrans. Le 24 novembre à Marseille et après on a énormément de dates mais ce n’est pas encore confirmé. Donc il faut attendre un petit peu. Mais en 2023 on a énormément de festivals de premières parties de donc voilà on est à fond, toujours content de jouer !


