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Interview

Interview de Avulsed réalisée au Muscadeath fest 2025

Interview de Avulsed réalisée au Muscadeath fest 2025

Par Martine Varago


Avulsed


Depuis 1991, ce groupe espagnol est un pilier incontesté de la scène metal extrême. Toujours fidèles à leur Death Metal brutal, mélodique et sans compromis, Avulsed a parcouru le monde et sorti des albums cultes comme « Eminence in Putrescence » (1996), « Stabwound Orgasm » (1999) ou « Ritual Zombi » (2013). Avec plus de 500 concerts à travers le globe, le groupe, dont le seul membre d’origine est Dave Rotten, se dévoile auprès de Amongtheliving.fr. C’est la seconde fois qu’ils jouent au Muscadeath, la première étant en 2007.


Dave Rotten — chant
Alejandro Lobo — guitare
Victor Dws — guitare
Alex Nihil — basse
Santiago Arroyo — batterie


Si Avulsed était un monstre de film d’horreur, quel serait-il et pourquoi ?

Dave : The Thing. Un monstre multiforme, terrifiant…

Avulsed a conservé une identité sonore très claire au fil du temps. Comment définiriez-vous votre approche musicale par rapport à d’autres groupes du genre ?

Dave : Nous faisons du death metal, la musique qu’on aime, et on se fiche de la mode du moment ou du succès si c’est pour faire de la musique qu’on n’aime pas. Nous ne cherchons pas à attirer un public différent.
Alejandro : Aussi, en ce qui concerne la production, nous préférons conserver un son authentique afin de produire la musique telle qu’on la joue et telle qu’elle sonne vraiment. Nous sommes dans l’approche classique du culte de l’enregistrement et du son créé par le groupe. Le son s’adapte à 2025 mais on veut rester…
Dave : Naturel, plus organique.

Quelle importance accordez-vous à la production dans un album de death metal ? Préférez-vous un son plus sale et brut ou une production plus soignée ?

Santi : Dans les versions anciennes, notre son était plus brut. Mais aujourd’hui, le son doit être organique, naturel. Il ne doit pas être parfait et peut comporter des erreurs. On essaie d’enregistrer du direct comme en studio.

Dave : Le son doit être cru et naturel.
Alejandro : Une production soignée avec les techniques modernes actuelles mais le côté brut reste au cœur de la production.

Alex : Depuis 34 ans que le groupe joue ensemble, les techniques et instruments ont évolué. Mais on a conservé l’approche classique.


avulsed


Quel est, selon vous, l’album le plus représentatif d’Avulsed pour quelqu’un qui vous écouterait pour la première fois ?

Dave : L’album « Stabwound Orgasm ». (ndj : second album paru en 1999, Spacelab Studios (Allemagne), produit par James Murphy en Californie). Il contient un mélange de tout : mélodies et extrêmes. Il représente très bien l’identité du groupe.

Santi : Je pense également à «Phoenix Cryptobiosis ». Pour moi, il a un son rond, il a le son Avulsed et en plus, la production est bien travaillée.

Dave : Il a quelque chose de supérieur, un niveau au-dessus.

Au fil des années, vous avez abordé des thèmes gores, macabres et extrêmes. Est-ce que vous les voyez comme une forme d’expression artistique, ou comme une provocation délibérée ?

Dave : C’est un thème qui accompagne la musique. C’est une ligne de musique brutale avec des paroles brutales pour exprimer le feeling, l’art qui nous habite. C’est l’essence d’Avulsed. Autrement dit, ce n’est pas une forme de musique avec des paroles tendres, intelligentes et sophistiquées… Tout ce qui accompagne l’univers d’Avulsed est brutal.

Après toutes ces années, qu’est-ce qui a été le plus difficile pour maintenir un groupe comme Avulsed actif et en vie ?

Dave : Pour qu’un groupe fonctionne bien, en plus d’avoir une bonne relation personnelle, il faut avoir un intérêt commun, savoir se comprendre, se voir… Peut-être qu’après tant d’années, ça devenait difficile. Ces dix dernières années ont été dures, il y a eu des changements, des séparations, les guitaristes et le bassiste ne ressentaient plus rien, ne voulaient plus faire de musique.
Mais j’ai toujours maintenu de l’intérêt, j’ai essayé de continuer, de pousser encore et encore… mais quand ce n’est plus possible, ce n’est plus possible.
C’est pour cela que Santi et moi continuons avec ceux qui s’intéressent encore au groupe Avulsed, qui veulent jouer et partir en tournée.

Alex : On est musiciens, mais on doit aussi concilier le travail et la vie avec nos familles. Moi, je fais partir du groupe depuis 2024, mais je suis également professeur en dehors de la musique.

D’après vous, comment le public du death metal a-t-il changé depuis les années 90 jusqu’à aujourd’hui ? Voyez-vous de nouvelles générations parmi vos fans ?

Dave : Dans les années 90, ce genre de metal était quelque chose de nouveau. Aujourd’hui, c’est plus difficile de surprendre. Il y a tant de groupes !

Santi : Le public actuel est le même que celui qui nous écoutait dans les années 90, mais il est devenu plus exigeant, il faut lui donner une bonne expérience.

Dave : Le show d’Avulsed réveille beaucoup le public. Les gens deviennent un peu fous ! (rires).

Santi : C’est vrai qu’on aimerait bien voir un peu de relève générationnelle, mais on est contents avec notre public.

Alex : Ce qui diffère aujourd’hui, c’est l’apparition des téléphones portables. Les gens sont occupés à enregistrer le concert mais n’ont pas l’expérience du vrai concert.

Vous avez joué dans de nombreux pays et festivals. Y a-t-il un concert dont vous vous souvenez comme particulièrement brutal ou émouvant ?

Dave : L’Équateur.

Alejandro : Il y avait tellement de monde qui sautait partout qu’on a cru que la scène allait tomber ! C’était incroyable.

Dave : C’était incroyable de voir ça ! Un lundi en plus, avec 300 personnes !

Santi : Il y avait de grands pogos aussi. À Madrid, on a un bon public aussi.



Imaginez que vous êtes invités à l’Eurovision. Accepteriez-vous ? Quel scénario Avulsed mettrait alors en place ?

Tous : Oui (rires).

Alejandro : Nous ferions le même show, identique et sans censure.

Une dernière question : des projets artistiques de nouvel album ?

Dave : On va réaliser un album de reprises pour une sortie prévue au printemps 2026, puis un nouvel album avec des chansons originales en 2027.

Un dernier mot à vos fans français.

Alejandro : Je veux tout d’abord remercier le public français qui se comporte très bien avec nous. Ils aiment les collections de disques, de t-shirts. Ils nous rendent heureux.

Alex : Les médias aussi sont importants. C’est un soutien au groupe, à la musique.


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