A l’occasion de la sortie de leur dernière pépite, sobrement intitulée 17, entretien avec le guitariste Yann Armellino et le chanteur El Butcho. C’est au Hard Rock Café de la capitale que se déroulera un dialogue aux multiples thématiques, avec ce duo de rockeurs férus de classic rock et de sons eighties. Entre discussion musicale et touches d’humour facétieuses signées El Butcho, une rencontre pour le moins unique !



Votre nouvel album est sorti fin novembre. C’est le deuxième album issu de votre collaboration. Comment pourriez-vous résumer ce nouveau projet ?

Yann Armellino : C’est la suite logique du premier album, mais avec beaucoup plus d’affinités. Lorsque nous avons fait le premier, nous ne nous connaissions pas beaucoup. Nous avons appris à nous connaître en commençant à faire des concerts pour promouvoir le premier album. Au fur et à mesure des dates, nous nous sommes rendu compte que l’alchimie était vraiment là. On déconne bien tous les deux, on n’a pas de problèmes d’égo, et une camaraderie s’est créé au fur et à mesure du temps ! J’espère que cela peut se ressentir dans notre musique.

Le titre de votre nouvel opus s’intitule 17. C’est à la fois simple et énigmatique. Pourquoi ce chiffre ?

El Butcho : C’est notre coefficient intellectuel.

Yann : On va te faire deviner. Pourquoi 17 à ton avis ?

Aure {journaliste} : Cela peut être tellement de choses, 17. Éventuellement un état, quelque chose de géographique ?

El Butcho : Tu es très loin… C’est froid, c’est même gelé là ! C’est en rapport avec la musique.

Aure : Un modèle d’instrument ? Quelque chose évoquant le passage des années ?

El Butcho : C’est l’addition de plusieurs choses. Moi j’ai 10 ans, et Yann a 7 ans.

Yann : En fait, c’est l’addition de tous nos albums, à la fois dans nos carrières solos et issus de notre collaboration. Ce n’est pas facile de trouver un nom. Quand tu vois le tracklist de l’album, il n’y a pas un titre qui se détachait. Alors que dans Better Way, ce titre de chanson nous a tout de suite semblé évident.

Est-ce que 17 peut être considéré comme la suite logique de Better Way deux ans après ? Ou avez-vous entamé un nouveau tournant avec cet album ?

Yann : On a plus d’échange, car nous avons plus travaillé l’un et l’autre ensemble. Je lui ai moins envoyé de titres figés sur lesquels il posait sa voix, comme ça a pu être le cas sur Better Way. Nous avons fait des séances de travail en collaboration, souvent juste avec une guitare acoustique et sa voix. Parfois, il suffit de pas grand-chose.

Vous vous êtes rencontrés il y a quelques années à un festival. Qu’est-ce qui a motivé votre collaboration ? Avez-vous eu l’occasion de partager une scène, ou est-ce que cette envie de travailler ensemble est née d’une amitié ?

El Butcho : Ce n’était pas mon ami ! Ça ne l’est toujours pas.

Yann : Nous nous étions seulement croisés, et le fait d’avoir échangé ensemble en loge sur ce festival nous a permis de nous rendre compte que nous avions des goûts et des influences en commun. Nous avons à peu près la même vision des choses par rapport à notre métier. Sans ce festival, il n’y aurait pas eu Better Way. Ça tient à peu de choses ! Dans ce métier, il y a une part de chance et une grosse part de rencontre. Ton entourage y fait pour beaucoup.

El Butcho : Quand il m’a rappelé après le festival, j’étais un peu réticent car j’avais beaucoup de projets. Il fallait trouver le temps. J’avais déjà dix mille groupes, et je m’étais dit que ce serait peut-être un peu too much de rajouter quelque chose d’autre.

Yann : Moi j’ai fait en sorte que tous ses projets split

El Butcho : … Et il a réussi !

Yann : Heureusement, nous avons toujours des projets à côté. Butcho a différents projets de groupes, et moi j’ai mes projets pédagogiques ainsi qu’un autre projet de groupe. Je trouve cela très bien que l’on fasse plein de choses. Ce qui compte, c’est que quand nous sommes là à défendre ce que l’on fait ensemble, nous sommes pleinement là. Musicalement, c’est très enrichissant de jouer avec d’autres gens.

Pour la production de votre nouvel album, vous avez utilisé Ulule, plateforme de financement participative. Était-ce une volonté de vous affranchir des maisons de disque et de sortir cet album de façon indépendante ?

Yann : A la base, pas du tout ! Je n’étais pas pour du tout, car j’avais l’impression de demander aux gens de nous donner de l’argent pour nous permettre de faire notre métier. En fait, ce ne sont pas des dons, mais du financement de production. Il s’agit de précommande d’album, et chaque personne qui donne reçoit quelque chose en contrepartie. Les maisons de disque ne produisent plus aujourd’hui. Dans le meilleur des cas, elles vont signer un produit fini et payer la promotion. Mais elles ne mettent plus d’argent dans la partie studio.

Quand on écoute votre dernier album, on sent un ancrage dans le style hard rock/blues, avec une importance mise sur les mélodies. Comment s’est passé le processus de création ?

Yann : Ça s’est étalé sur plusieurs mois. Il y a des titres qui ont été créés lors de répétitions de concerts.

El Butcho : En pur enregistrement, j’ai mis deux jours. C’était assez rapide.

L’album se termine sur un dernier morceau instrumental. Est-ce que l’on peut voir cela comme une mise en avant de la guitare ?

Yann : C’est un clin d’œil pour ceux qui m’ont suivi depuis le départ, quand je ne faisais que de l’instrumental. Je trouve cela sympa de toujours mettre au moins un morceau instrumental. Cela fait partie des choses que j’aime faire malgré tout. Maintenant, pour faire un album purement instrumental, il faut avoir des choses à dire. Ce n’est pas évident de trouver des idées sur huit à dix titres. Quand tu sais que tu n’as qu’un seul titre à faire, tu mets un tout dedans et c’est plus facile. Même si elle arrive à la fin, c’est une respiration.

Votre style est assez « rétro ». On croirait écouter un album sorti des années 60/70 façon van Halen ou Poison. Est-ce que vous avez vous-même l’impression de vous ancrer dans une musique old school, ou est-ce qu’il y a pour vous une forme d’intemporalité dans le classic rock ?

El Butcho : Je crois que l’on ne se pose pas ce genre de questions. Je pense que ce sont les journalistes qui se posent ce genre de questions. Nous créons un morceau parce que cela fait partie de notre ADN quelque part. Nous avons ça en nous.

Yann : On ne se force pas à composer « à la manière de ». Cependant, tout ce que nous écoutons fait partie de notre inconscient collectif musical. Cela ressort forcément d’une façon ou d’une autre. Plus ça va, plus nous revenons petit à petit aux fondamentaux.

Aujourd’hui, quelles sont vos plus grandes inspirations ?

El Butcho : Actuellement, j’écoute beaucoup Vintage Trouble. C’est un vrai mélange de rock et de soul. J’aime bien aussi Blackberry Smoke. Je suis allé les voir au Cabaret Sauvage, c’était génial. Il y a aussi Eclipse, un groupe suédois façon hard US.

Vous m’avez fait un petit peu penser aux Dead Daisies…

Yann : On me le dit souvent. C’est plutôt un beau compliment.

El Butcho : En plus, John Corabi est un bon chanteur.

Actuellement, avec qui aimeriez-vous partager une scène ?

Yann : The Dead Daisies, ce serait bien ça.

El Butcho : C’est trop petit !

Yann : Plus large ? La tournée de Kiss ce serait bien, en sachant qu’en plus il n’y en aura pas d’autres après.

El Butcho : Je dirais plus AC/DC, ZZ Top, Deep Purple, des groupes de légende ! Juste pour me dire que j’aurai joué avec des légendes.

Quels sont vos projets à venir pour 2019 ? Une tournée prévue ?

El Butcho : Un bon diner pour Noël, et une tartiflette avec Kiss !

Yann : Il y a beaucoup de choses en cours. Nous allons essayer de défendre notre nouvel album et de faire un maximum de concerts. Nous avons besoin du soutien des webzines, car ils regroupent le coeur des vrais fans. Ce sont eux que nous voulons toucher en premier. Je les appelle souvent « l’armée des ombres », car je trouve que c’est grâce au travail des fans et des journalistes que nous en sommes là.

El Butcho : Lorsque vous travaillez pour un webzine, vous ne faites pas ça pour le côté commercial. Vous faites ça parce que vous aimez ça, et c’est très important de le souligner. Je pense que l’art et la musique sont impalpables. Notre démarche est similaire avec notre musique.

 

Merci à Yann Armellino et El Butcho.


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