Entretien avec le groupe FRACTAL UNIVERSE à l’occasion de la sortie de leur dernier album « The Great Filters «
« The Great Filters » le nouvel album de Fractal Universe est une splendeur. La musique des nancéens est virtuose et complexe dépassant et explosant les frontières musicales. Entretien avec ce groupe passionnant.
Ce nouvel album arrive quatre ans après « The Impassable Horizon ». Est-ce dû au changement de label ?
En partie. Nous avions un contrat de deux albums avec Metal Blade. Cela s’est bien passé avec eux mais avec le Covid les labels ont dû couper un peu dans les investissements. Nous avons signé chez M Theory un label indé US qui nous a séduit.
On vous qualifie souvent de death/technique mais je trouve que votre musique est bien plus variée que cela.
Merci. On prend ça comme un compliment. Nous avons toujours eu un côté prog. On essaie trop souvent de mettre des étiquettes sur les groupes. Chez nous la technique est au service des morceaux. Elle est un outil qui permet de t’exprimer librement.
En même temps vous aimez ce côté technique quand même.
Oui mais ce n’est jamais la finalité. Cela doit raconter quelque chose.
Les premiers titres de l’album sont courts puis les derniers longs et complexes. Pourquoi ce parti pris ?
On veut faire des choses concises. Le prog ce n’est pas forcément des titres de dix minutes.
Est-ce que le prog 70’s à la Yes, Genesis est une influence ?
«C’est marrant que tu dises cela. Tu n’es pas le premier à nous le dire. On aime bien Jethro Tull. Nos parents écoutaient Rush ou Genesis donc cela nous a forcément influencés quelque part.
Le côté death est moins présent que par le passé, je trouve.
Sans doute parce que nous avons voulu aller vers quelque chose d’assez mélodique. Dans l’idéal la musique doit s’affranchir des étiquettes. La musique doit toucher les gens peu importe les styles. Nous prenons d’album en album plus de risques. Nous avons envie de trouver toujours de nouvelles sonorités.
Cela parle en partie de dystopie. On a souvent fait des albums avec des concepts même si la musique arrive en premier.
Le saxo est très présent dans l’album.
L’un des musiciens du groupe a fait le conservatoire en jazz. Le jazz est improvisé, notre musique ne l’est pas. Mais nous incorporons des éléments jazz dans ce que nous faisons.
Vous n’avez pas peur que cela effraie le public death le sax ?
Non. Le saxo surprend les gens mais cela les pousse à écouter encore plus à fond le disque. Il n’y a qu’une personne qui nous a dit j’adore votre musique mais le saxo je ne peux pas. C’est la première fois qu’il y a autant de sax sur l’un de nos disques.
Votre premier album était sur un label italien, les deuxième et troisième chez Metal Blade et celui-ci sur un label US. Vous visez l’international ?
Dès nos débuts il y avait la volonté de toucher un public international. On a envie de toucher du monde partout dans le monde. Nous n’avons jamais parlé à 100% à un public français.
La pochette de l’album est dans le même style que celle de vos précédents albums. C’est toujours le même graphiste qui les fait ?
Oui depuis nos tous débuts c’est un ami à nous qui les réalise. C’est cool de travailler avec quelqu’un qui nous suit depuis l’origine.
Le disque est un concept-album ?
Oui autour du paradoxe de Fermi. Face à l’immensité de l’univers ce sont les lois de la physique elles-mêmes qui nous empêchent d’entrer en contact avec une autre civilisation. Chaque morceau du disque aborde ça, à chaque fois sous un angle différent. Cela parle en partie de dystopie. On a souvent fait des albums avec des concepts même si la musique arrive en premier.
Y-a-t-il la volonté de faire penser l’auditeur ?
D’une certaine façon mais sans être donneurs de leçons. On ne veut pas imposer une manière de voir les choses.
Vous êtes de Nancy. Est-ce que cela aide pour tourner à l’étranger ?
Cela ne change pas grand chose car nous ne tournons pas tant que cela en Allemagne. Mais c’est vrai que nous avons joué en Belgique et au Luxembourg.
Vous avez des dates bientôt ?
De mi avril à mi mai nous tournons aux Etats-Unis en première partie d’Obscura. Nous avons ensuite quelques dates en festival en France puis d’autres à l’automne.
Vous avez joué avec des groupes de plein de styles différents.
On a ouvert pour pas mal de groupes death mais nous avons aussi ouvert pour un combo prog comme Evergrey.
Ce disque doit être dur à jouer live tant il est complexe.
C’est vrai. Y’a du taff. Mais on ne cherchera pas à le reproduire à l’identique sur scène.
Quelle est aujourd’hui l’ambition pour FRACTAL UNIVERSE ?
De jouer dans des endroits où nous n’avons pas encore joué. On aimerait aussi rejouer au Hellfest. Pour un groupe français faire le Hellfest te permet de passer un palier. Cela avait été le cas pour nous.



