Nous avons rencontré Vince et Hugo du groupe FRACTAL UNIVERSE à l’occasion de la sortie de leur dernier opus ” Rhizomes Of Insanity

 



Bonjour, pouvez-vous vous présenter s’il vous plait ?

Bonjour, nous sommes Fractal Universe. Nous faisons du Death Metal Progressif. Nous venons de Nancy en Lorraine, et nous nous apprêtons à sortir notre deuxième album.

Bonjour, je suis Vince, guitariste chanteur.

Et moi Hugo, guitariste également.

Qu’est ce qui vous a donné envie de faire du rock ? De venir vers ce style de musique déjà, et pas autre chose (par exemple de la pop) ?

Rires.

Hugo : J’ai commencé la guitare tout petit, mes parents m’ont inscrit dans une école de musique. De plus, eux-mêmes écoutant du rock, j’ai découvert tout ça. Une fois arrivé au collège j’ai voulu faire de la guitare électrique, et de fils en aiguille je me suis mis à pratiquer la guitare et à jouer du Death Metal.

Vince : c’est un peu pareil pour moi. Mes parents écoutaient beaucoup tout ce qui était Led Zeppelin, Deep Purple, Franck Zappa et également beaucoup de musiques de monde ce qui m’a beaucoup imprégné lorsque j’étais jeune. Je me voyais déjà à l’époque avec une guitare, les cheveux longs et je voulais former un groupe de rock. Par contre, cela a pris de temps pour que je trouve la patience et la motivation pour m’investir dans l’instrument. Le point de bascule c’est produit à 12 ans lorsque je suis allé voir Deep Purple en concert c’était vraiment la révélation, et à partir de ce moment-là, j’ai continué à travailler la guitare tous les jours de manière vraiment intense et cela ne m’a jamais lâché d’ailleurs. Suite à cela j’ai découvert le metal puis très rapidement après le death metal et toutes les facettes un peu plus extrêmes de ce style-là. C’est ce qui nous a amenés à faire cette musique aujourd’hui.

 

Justement sur le style : « progressive technical death metal » c’est large ! Mais il y a beaucoup de choses en plus, on sent un côté jazzy parfois, cela vient d’où ? Vince, tu disais que tu écoutais de la world music plus jeune mais qui apporte ce côté jazzy dans le groupe ?

Hugo : c’est quelque chose qui est apprécié par tous les membres du groupe en fait. Nous sommes tous assez ouvert musicalement. Après la composition vient surtout de Vince.

Vince : en effet c’est moi qui en suis en partie responsable, mais je pense que la racine de notre musique reste le death metal, donc le côté musique extrême avec le chant guttural, la batterie assez intense etc…, mais on ne se limite pas à cela. Nous essayons de trouver des éléments qui ne sont pas nécessairement liés à ce style de base. Effectivement, nous avons tous un background assez différent. Par exemple moi, j’étudie le jazz au conservatoire donc c’est une musique que je suis amené à beaucoup écouter, à pratiquer, du coup je pense qu’implicitement cela vient s’intégrer à ce que je cherche à exprimer dans la musique.

Comment travailles-tu le chant ? Il n’y a pas que du growl, il y a aussi du chant clair. Tu sembles à l’aise des deux côtés.

Justement j’aime bien mélanger les deux. Je pense que cela a été amené par le côté ambivalent de la musique. Il y a énormément de dynamique, énormément de contrastes au sein de la musique, et je pense que le chant se devait de refléter cela quelque part. Et du coup ces dernières années j’ai vraiment beaucoup travaillé la technique vocale. Evidemment je pense que j’ai encore beaucoup à apprendre, mais c’est définitivement quelque chose qui apporte un plus à notre musique que d’avoir cette diversité vocale.

Tu prends des cours ?

J’en ai pris pendant un certain temps, et là je travaille avec des méthodes sur CD, des méthodes audios ou des livres pour former et déjà comprendre l’anatomie de la voix, je pense que c’est très important de comprendre comment cela fonctionne, et de diversifier les techniques. Et de ne pas se faire mal non plus !

C’est étonnant, parce qu’on sent dans l’album ce côté académique, dans le bon sens du terme. On sent le travail de chaque instrument. Chaque chose est bien en place, c’est très précis, riche et fouillé.

Hugo : C’est vrai, chaque élément est réfléchi sous tous les aspects. A la fois en termes de dynamique ou de son, de timbre.

On sent une rigueur en fait.

Concernant les textes vous fonctionnez comment ? Tout le monde apporte des idées ?

Hugo : C’est une collaboration avec quelqu’un d’extérieur au groupe.

Vince : C’est un bon ami à nous qui s’appelle Arthur Massot qui vient vraiment poser le fondement du concept. Il est arrivé avec cette idée qui nous à tout de suite plu et nous avons travaillé sur le développement de cette idée. Il faut savoir que la musique est écrite avant les textes. Donc on a déjà une grande majorité de la musique fixée et ensuite on se questionne sur ce que cela peut exprimer au niveau des textes, et on en discute tous ensemble. Pour cet album nous nous sommes penchés sur le concept de la folie. Nous avons essayé de l’aborder sous toutes ses facettes. Nous nous sommes questionnés sur le rapport que nous avons en tant qu’individue à la folie, où se situe la distinction s’il y en a une entre folie et raison et quelle est sa place dans la société au final. Au niveau des textes, nous participons à la construction du rythme par les syllabes des phrases. On travaille les choses ensemble avec Arthur.

Et Arthur vient du monde de la musique ou pas du tout ?

Rires !

Vince : Ou du monde de la psychologie ? En fait c’est un doctorant en psychologie que je connais depuis très longtemps. Au lycée, nous avions souvent des débats sur tout et rien et du coup cela s’est fait très naturellement de travailler sur des concepts ensemble. Lui à poussé la chose beaucoup plus loin et cela m’a toujours fasciné.

FRACTAL UNIVERSE - Rhizomes Of Insanity

Quel est votre mode de création ? Vous êtes plutôt à vous réunir en répétition et à bricoler pour voir ce qui va sortir ou à travailler chacun dans votre coin et vous envoyer les idées ?

Hugo : Comme je le disais, toute la création musicale vient de Vince. Après, ce que l’on va apporter c’est quelques arrangements, des idées par-ci par-là. Puis Vince envoie les partitions que nous allons effectivement travailler chacun de notre côté pour ensuite assembler tout cela en salle de répétition et peaufiner les détails.

Vince : Il y a toujours des détails qui vont se rajouter au fil des répétitions et justement c’est bien d’avoir à la foi l’aspect pré-production et l’aspect jouer les morceaux en répétition parce que les deux donnent un angle de vue assez différent.

Dans « Fundamental Dividing Principle », vous avez inclus du saxo, par contre vous n’avez pas repris le même saxophoniste que sur l’album précédent (le saxophoniste de Shining) ?

Hugo : Effectivement sur le premier album nous avions le saxophoniste de Shining qui a fait un super featuring, mais il y avait en fait un deuxième saxophoniste si tu prêtes attention. On l’entend à la fin de l’album sur le dernier morceau et c’est en fait mon papa. On avait beaucoup aimé le son du saxophone sur le premier album, cela donnait une couleur vraiment particulière et on a voulu recommencer sur cet album. Du coup c’était assez simple de faire appel à mon père.

Quel est le modèle économique du groupe ? Il y a des musiciens professionnels ?

Vince : Nous sommes tous professeurs de nos instruments respectifs dans une école de musique en fait. Cela nous permet de toujours baigner dans la musique et de pouvoir nous rendre disponibles relativement facilement ; c’est assez souple.

Hugo : C’est quelque qui marche assez bien de concilier des cours et la scène. C’est aussi enrichissant car on apprend beaucoup en enseignant.

Vous avez repris « Collective Engram » qui était sur votre précédent opus en version acoustique.  C’est un titre qui vous tient à cœur ?

Vince : Déjà c’est un de nos titres préférés de l’album précédent. Après, pour la version acoustique, c’est quelque chose que nous avions en tête depuis longtemps, et on a décidé de tenter l’expérience. Nous voulions un morceau bonus pour l’album et au final, ce morceau se prêtait vraiment bien à l’acoustique. C’est un morceau qui est assez riche qui a déjà de base beaucoup de guitare en son clair et beaucoup de percussions, donc l’adaptation s’est faite assez naturellement. C’est vraiment quelque chose qui nous a beaucoup plu et qu’on pourrait pourquoi pas envisager d’autres projets à l’avenir.

Qu’attendez-vous de cet album ?

Hugo : Tout d’abord, nous avons l’énorme chance de pouvoir le sortir chez Metal Blade Records, un des labels dominants de metal international. Je pense que cet album est un peu plus personnel et un peu plus accessible que le précédent. Peut-être qu’il va nous permettre de toucher un public un peu plus large. Et nous espérons que la collaboration avec Metal Blade nous permettra d’aller jouer le plus loin possible devant le plus de gens possible.

Vince : Par le biais de Metal Blade nous avons accès à une audience beaucoup plus large. Je pense qu’il y a plein de gens qui auraient pu apprécier nos albums précédents et qui n’ont pas encore découvert notre musique. Du coup c’est une chance de pouvoir aller vers ces gens.

Quel est votre rapport à la scène metal à un moment où les groupes se trouvent dans une situation de vendre moins d’albums et d’être obligés de tourner plus pour se faire connaitre et vendre du merch ? Pour vous c’est plutôt une contrainte ou c’est quelque chose de naturel ?

Vince : A vrai dire, on n’a pas vraiment connu en tant que musiciens l’époque ou les disques se vendaient. En fait on ne connait pas vraiment autre chose que l’air du numérique. Après c’est clair qu’aujourd’hui cela devient compliqué de vivre de sa musique surtout si c’est du metal. Donc c’est sur qu’il faut tourner beaucoup et encore, il y a tout de même beaucoup de tournées qui se font à perte. Je ne sais pas s’il y a vraiment une solution pour vivre de ton seul groupe en fait. Beaucoup ont une activité annexe ou lancent leur studio d’enregistrement, leur boîte de booking etc… En fait il y a tout un tas d’activités autour du groupe qui peuvent naitre et c’est vers ce genre de chose qu’il faut s’orienter si on veut véritablement vivre de la musique.

Que pensez-vous des plateformes numériques type Spotify ou Deezer ? Sachant que cette année pour Spotify notamment, c’est le public metal qui représente la plus grosse part en matière d’écoute ! C’est pérenne pour vous comme modèle économique ?

Hugo : Déjà, cela permet beaucoup de visibilité ce qui n’est pas négligeable. Après, je ne sais pas si cela peut vraiment aider financièrement un groupe de passez souvent sur ces plateformes. Où alors il faut beaucoup beaucoup d’écoutes.

Avez-vous recyclé des compos que vous aviez déjà faites à l’époque du précédent album ? Ou avez-vous plutôt décidé de créer quelque chose de complètement nouveau ?

Vince : Effectivement, parfois il peut arriver que tu aies un riff qui traine. Tu n’as pas réussi à le développer à un moment précis. Sur mon ordi j’ai une petite bibliothèque avec plein de riffs stockés. Parfois je les réécoute et je me dis que peut-être cette fois des idées vont découler. Mais en général les idées sont assez nouvelles parce que quand une idée émerge, la suite en découle assez naturellement.

Etes-vous satisfaits de cet album ? Ou êtes-vous du genre à réécouter et vous dire « ah ça on aurait dû faire autrement… ».

Vince : C’est vrai qu’il est je pense difficile d’écouter ses propres albums. Et une fois que tu as passé la phase mixage mastering, tu as l’euphorie d’entendre le produit fini et d’avoir un super son et tu es vraiment satisfait. Par contre quelques mois après ce n’est plus la même. Tu as du mal à écouter l’album et j’imagine que c’est pareil pour tout un tas de groupes. Pour ma part, je suis vraiment content du rendu tant au niveau de la production que des compositions et j’ai hâte qu’on puisse les jouer sur scène.

Et bien moi j’ai hâte de vous entendre ! Cet album est franchement parfait. Et donc justement pour la tournée, vous avez des choses dans les tuyaux déjà ?

Hugo : Au lendemain de la release le 19 avril on a quelques dates et surtout la première partie de The Black Dahlia Murder pour les dates françaises de leur tournée (fin avril).

Vince : Nous serons également à Limoges le 6 juillet avec Napalm Death et Cannibal Corpse plus quelques petits festivals en été et en automne. Il n’y aura malheureusement pas de gros festivals pour cet été parce que le timing était un peu court, mais c’est un des axes majeurs sur lesquels nous allons travailler pour 2020. L’an dernier nous avions eu l’occasion de nous produire sur une scène découverte du Hellfest (la Hell Stage) et c’était déjà une belle opportunité pour rencontrer du monde, on avait eu quelques interviews sur place également, et on espère se produire au Hellfest en 2020 !

Parfait ! Merci à vous et bonne chance pour la suite !


 

 

 

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