Entretien avec Mike (Chant/Guitare) et Dugulard (Batterie) du groupe THE DISTANCE à l’occasion de la sortie de leur dernier opus Radio Bad Receiver
Paris la Boule Noire 31/03/2016
Pouvez-vous nous en dire plus sur vous et vous présenter ainsi que le groupe.
Oui bien sûr. Je suis Mike le chanteur et guitariste du groupe. Il y a aussi Sylvain à la seconde guitare, Duff à la Basse et Dagulard à la batterie (qui ne devrait pas tarder à arriver d’ailleurs) (rires).
Que c’est il passé depuis Spin the Black Circle ?
Mike : On a eu tout d’abord un changement de line up avec l’arrivée de Dugulard à la batterie, puis pas mal de dates. Nous avons tourné en Angleterre, quelques dates en France et une tournée en Europe en première partie de Life Of Agony.
C’est à la fin de cette tournée que l’on s’est dit qu’il fallait s’y remettre, que l’on avait épuisé le premier album. On a donc attaqué la composition de Radio Bad Receiver, qui a mis plus de temps à être finalisé car nous avons voulu l’enregistrer nous-même, le faire à notre sauce.
On l’a fait en trois périodes, ce qui a mis un peu de temps à la conception.
Du coup vous aviez des matos issus du premier album ?
Mike : Ouais, il y a le titre Mesmerize, qui était notre tout premier morceau, que nous n’avions pas mis sur Spin the Black Circle. Finalement, après l’avoir finalisé nous l’avons inclus dans Radio Bad Receiver et sortit en EP.
Pouvez-vous nous parler de la genèse de Radio Bad Receiver , de votre façon de composer?
Mike : En fait les compos sont venues assez simplement et rapidement. On a voulu rester dans une sorte de spontanéité. Si un morceau n’aboutissait pas après 3 séances de repet, on ne le gardait pas. Sur 60 idées de morceaux on en a retenu 20 pour l’album et l’EP, pour finir en tout avec 12 titres.
On a mis environ deux ans bout à bout pour composer et enregistrer Radio Bad Receiver.
Justement, sur Radio Bad Receiver on remarque que vous mélangez les styles, avec des influences très marquées comme FOO FIGHTERS, NIRVANNA ou encore U2. Comment définissez-vous votre style ?
Mike : Je définirais notre style comme un Rock alternatif post grunge. Après tu as raison, nous avons voulu combiner toutes les influences que l’on avait quand on était plus jeunes, dans les années 90. On ne calcule pas la direction d’un titre, savoir s’il doit être plus pop ou au contraire plus brutal. Cela doit être un peu déstabilisant c’est sure, mais nous fonctionnons comme ça.
On n’a pas envie de se fermer sur un genre. On fait du rock quoi. (Rires). Si tu écoutes le dernier album de Fools, cela commence en mode « rentre dedans » pour finir sur une note plus légère. Nous c’est la même chose, on fait comme on le sent.
On a l’impression qu’au final vos titres sont composés clairement pour la scène, calibrés pour le live. Non ?
Mike : Oui d’une certaine façon. On a enregistré nos titres comme on le sentait, mais quand tu prends un titre comme Perfect Things, qui sonne pop sur l’album, on lui donne clairement une autre orientation en live. On aime bien proposer une chose différente sur scène que sur album. On fait vivre nos morceaux d’une certaine façon.
C’est marrant parce que quand on fait des scènes avec des groupes un peu plus pop, on dénote un peu mais pas tant que ça : c’est l’atout d’avoir des morceaux contrastés à proposer. Cela permet parfois d’amener un public diffèrent du notre à apprécier des titres un peu plus brutaux. On est adaptable à différents types de scènes.
Dugulard (qui nous rejoint en court d’interview) : On l’a vu sur la tournée en ouverture de Life of Agony, ou l’accueil fut excellent. En Allemagne, le public nous a vraiment super bien accueilli.
Pendant longtemps j’ai pensé que l’on était trop pop pour les « metalleux » et à l’inverse, trop «rock pour les autres. (Rires) En fait il s’avère qu’il y a un énorme public qui kiff le revival 90’s.
Mike : j’ai l’impression qu’il y a un retour d’une certaine rage, de celle que l’on pouvait trouver chez les jeunes à l’époque de Smells Like Teen Spirit de NIRVANNA. Ce sont nos influences et on reste dans cet esprit de « rage ».

Vous composez lorsque vous êtes en tournée ?
Mike : Non, en général on préfère profiter et faire les cons (rires). On rencontre les gens et on s’éclate. (Rires)
Comment avez vous travaillés sur la conception du clip Trouble End ? Le Synopsys, le choix du titre, la réalisation.
Mike : C’est Malik Doll qui a réalisé le clip et nous a proposé l’idée de Trouble End. On est vraiment content du résultat. On y a tous mis un peu du notre, lui donnant nos idées, et lui, modelant le tout. C’est devenu un pote et on s’est vraiment éclatés à le faire. Malik et son équipe ont fait un super boulot.
On peut parler aussi de l’actrice (rires) !
Dugulard : (Rires) Ouais, vraiment elle a fait un super boulot (plié en deux). Il faut aussi parler de Louison la petite fille qui joue dans le clip et qui a assuré également.
Mike : Ouais c’est top, on a fini ça en deux jours. On espère en faire un deuxième en octobre.
Quel regard avez-vous sur la scène Rock (métal) française aujourd’hui ? Plus précisément sur les groupes et sur le milieu.
Mike : Faire du rock en France ça reste vraiment très difficile il faut l’avouer. En terme de medias c’est cool de voir qu’il y en a encore beaucoup qui s‘intéressent à la scène Rock/Métal/Alternative, comme vous le faites par exemple. Malheureusement il y a encore 95% de merde qui continue à envahir les ondes et la TV. C’est bien dommage.
Dugulard : On prend de la distance avec tout ça (Rires).
Mike : (Rires) Quand tu vois un plateau comme ce soir, ou on va jouer avec des gens que l’on kiffe, c’est vraiment intéressant de faire découvrir d’autres styles et de mélanger les genres. Il faut être unis musicalement.
Dugulard : C’est vrai que la scène Rock par rapport à la scène métal ne fonctionne pas en communauté soudée et fière de son underground. Le milieu métal regorge de webzines et web radio très actifs comparé à une scène rock ou rap par exemple qui fonctionne plus avec YouTube.
Une affiche comme ce soir fait un peu renaitre l’esprit qu’il y avait dans les 90’s.
Mike : La TEAM NOWHERE !
Dugulard : (rires) Je savais que tu allais dire ça ! C’est le côté un peu communautaire. Celui que l’on retrouvait dans les années 70 avec les NEW YORK DOLLS ou encore les CRAMPS. A une époque où c’est de plus en plus dur pour les groupes, ou l’individualisme fait loi, on a plutôt intérêt à fonctionner en mode communautaire. Maintenant c’est un état d’esprit, que l’on a et qui se traduit par une affiche comme ce soir.

Qu’écoutez-vous en ce moment, vos derniers coups de cœur ?
Mike : J’aime bien LAST TRAIN, un groupe français, des p’tits jeunes qui n’en veulent (rires). Sinon je n’écoute pas grand-chose en ce moment, je me repose les oreilles (rires).
Dugulard : Pour moi en ce moment c’est plutôt le gros revival 90, avec par exemple l’excellent 1er album de CREED (rires). Dans un autre style j’écoute aussi le groupe TURNSTILE, qui balance un hardcore bien dément. C’est un mélange parfait entre RAGE AGAINST THE MACHINE et SUICIDAL TENDENCIES. Les gars ont le phrasé de RATM avec du SUICIDAL la dedans. J’adore.
Mike : A si, je me suis réécoutée la discographie des PIXIES, cela faisait très longtemps que je n’avais pas écouté ce groupe.
Dans quel état d’esprit allez-vous monter sur scène ce soir ?
Mike : On va essayer de se déstresser (rires). On commence à avoir envie de picoler un truc (rires). On a hâte en fait.
Dugulard : Oui on a vraiment hâte d’y être.


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