Kamala, du thrash brésilien avec une expérience musicale inouïe, hors des sentiers communs.
Avec sept albums à leur actif, le trio brésilien Kamala aime venir jouer en France et en Europe. Ils affectionnent plus particulièrement la France où ils viennent de signer un contrat international avec M&O Music. Ils ont par ailleurs enregistré un live in France en 2019.
Lors de leur show à la seconde édition du festival « In Your Fest » à Thorigny en Seine et Marne, Kamala nous accorde une interview en avant-première du festival « In Your Fest » du 15 avril dernier. C’est Raphael Olmos, le membre fondateur et chanteur-guitariste, qui me répond. Isabela, la batteuse, est en train de dormir du fait des nombreux kilomètres parcourus la veille et de ceux à venir le lendemain.
ATL : Quelle est l’origine du nom de Kamala ?
Raphael : Il y a 20 ans lorsque j’ai fondé le groupe, je voulais une consonnance orientale comme tu peux le voir sur mes tatouages. J’aime beaucoup l’environnement oriental mais je ne suis ni bouddhiste, ni hindouiste ! Kamala est une déesse dans la religion hindoue. Aussi, lorsque j’ai créé le groupe, j’ai cherché un sens positif, optimiste pour le nom du groupe et parallèlement ce nom est facile à prononcer.
ATL : Comment t’est venue l’idée de t’inspirer d’influences hindoues ?
R : Parce que cela évoque quelque chose de très positif et on essaie d’écrire des textes positifs. Je trouve que c’est très beau pour la gamme harmonique mineure. Par exemple, la chanson « Wherever I may Roam » de Metallica est dans cette gamme, avec des notes orientales. J’aime bien utiliser ce côté oriental dans mes riffs de guitare. Autrement dit, j’aime le visuel, le sens positif et le son oriental. C’est naturel pour moi.
ATL : Vous venez de la banlieue de Sao Paulo, un ville gigantesque mais pas renommée pour son tourisme. Quelle scène Metal pourrais-tu décrire ?
R : Sepultura vient du Minas Gerais mais le lead guitariste Andrea Kisser est de Sao Paulo. Dans cette ville vivent douze millions de personnes. Isabela et moi-même vivons à une heure trente de Sao Paulo tandis que Zé, notre nouveau basiste, vit à une quarantaine de minutes de cette mégalopole. Nous avons un grand nombre de groupes. Les musiciens travaillent dur et deviennent plus professionnels.
Un problème au Brésil, c’est que la situation économique s’est dégradée avec Bolsonaro. La misère est revenue durant son mandat : des gens vivant dans la rue, des gens ont faim. C’est triste pour un si grand pays !
ATL : La vie est chère au Brésil. Je me demande comment vous avez fait pour voyager en avion, surtout en tant que groupe indépendant ? Est-ce un choix de rester indépendant ?
R : Il existe quelques labels locaux au Brésil. Mais on vient juste de signer un contrat international chez M&O France. Notre album est sorti en février dernier. C’est un temps très court, cependant on a reçu un bon feedback de la part des réseaux sociaux. Notre but, c’est de réaliser des tournées internationales.
Après la pandémie, tout est devenu plus cher : l’essence, les péages, etc… Parallèlement, nous sommes ici pour célébrer la vie. Nous devons travailler pour donner des concerts. Kamala n’est pas un groupe studio, nous sommes un groupe de tournée. Nous avons des difficultés économiques, certes. Mais les gens, le merchandising nous aident. Nous travaillons dur et pour donner un exemple, nous avons eu juste un jour de congé durant cette tournée.
ATL : Par quoi êtes-vous inspirés pour écrire vos paroles ?
R : Certainement des sujets personnels. Selon moi, le monde comporte trop de choses négatives. Nous sommes comme dans la maison de Haleth (Ndr : Le Seigneur des Anneaux). Alors que l’on ne peut pas toucher le point de lumière et apporter de l’espoir au milieu de l’obscurité, on peut jouer des chansons avec du groove, de bons riffs.
On peut aussi ajouter de bonnes paroles qui permettent aux gens de se sentir connectés. Par exemple, je ne me sens pas à l’aise de chanter des textes sur les démons ou sur les guerres. Donc je préfère chanter des histoires personnelles pour me décompresser et inspirer des gens.
ATL : Utilises-tu des effets spéciaux au niveau du chant ?
R : Non, plus du tout. J’utilisais un peu de distorsion au début dans les premiers albums. Plus maintenant. Il ne reste plus que du pur thrash metal ! Ma voix diffère totalement quand je parle et quand je chante. J’ai pris des cours de chant et actuellement, c’est moi qui enseigne la musique. Après toutes ces expériences en tournée, je sais comment faire avec mon corps, comment mieux utiliser ma voix et jusqu’où je peux aller.
ATL : Vous avez effectué plusieurs tournées en Europe dont celle-ci avec une douzaine de dates en France, en Belgique et en Suisse. Quelle est votre préférée et pourquoi ?
R : J’espère que l’actuelle tournée sera spéciale et le meilleur souvenir. Nous jouons demain, le 16 avril, avec l’orchestre l’Union musicale en Combrailles, un orchestre classique avec de multiples instruments.
ATL : Lors de notre dernière rencontre, tu as suscité notre curiosité à propos d’un événement musical, inouï et hors des sentiers battus. Vous avez vécu une expérience musicale tout à fait unique et originale : se produire sur scène avec un orchestre de musique classique. Comment s’est déroulé ce fabuleux spectacle ?
R : Ce fut une expérience spectaculaire. Nous avons joué trois concerts avec l’Union musicale en Combrailles dont le chef d’orchestre se nomme Thierry Varion. Il y avait deux concerts à Pouzol et un à Clermont Ferrand. On a joué six morceaux de Kamala avec les arrangements de Thierry, plus cinq autres morceaux, sans l’orchestre, mais comprenant « Mantra » avec Corentin Charbonnier au chant.
L’orchestre était composé de musiciens talentueux et très sympas : quatre clarinettistes, un saxophoniste alto, un saxophoniste baryton, deux euphoniums, deux joueurs de cors et un de marimba. Nous n’avons effectué qu’une répétition le matin. Pourtant, on aurait dit que c’était comme si nous avions toujours joué ensemble.
Les bonnes vibrations et les résultats se sont faits ressentir immédiatement. Isabela, Zé et moi-même étions aux anges. Tout le monde a aimé, aussi bien l’orchestre que le public. Nous avons adoré ce mélange musical : c’était à la fois beau et puissant ! Nous espérons renouveler cette expérience.
ATL : Un message à faire passer aux fans et aux headbangers français ?
R : Un grand merci, car sans eux nous n’existerions pas. La France est devenue notre seconde patrie et nous sommes contents d’être ici !
Discographie :
Kamala, auto-production 2007
Fractal, Free Mind records, 2009
The Seven Deadly Chakra, auto-production 2012
Mantra, auto-production 2015
Eyes Of Creation, auto-production 2018
Live in France, 2019
Karma, M&O Music, 2023



