Une randonnée en Enfer… Ou « Mon festival sous les tentes noires »
Photos & Texte by Thomas Orlanth


L’édition 2019 du Hellfest se place sous une bonne étoile. Tout d’abord, la chance d’avoir droit à un quatrième jour avec l’intégration du Knotfest le jeudi, ensuite une météo quasi parfaite alors que les prévisions étaient plus pessimistes. Comme pour les vins, il y a des années avec des bons crus.

J’arrive donc dans l’enceinte de l’Enfer (ou du Paradis, selon les points de vu) juste à temps vers l’ouverture des portes à 16 heures. La première impression est d’avoir droit à un festival spécial VIP, avec des pelouses bien vertes et intactes et une foule très dispersée. Le rêve de tout festivalier en somme. Le tout avec une belle affiche sur les main stages.

Je profite de l’espace et de cette belle soirée pour me promener entre les différents concerts.

Je ne m’attarde que pour Behemoth, Amon Amarth et, tout de même, Rob Zombie. J’avoue que j’attends davantage ce qui va se passer dès le lendemain sous les tentes du Temple et de l’Altar.

Sick of it All ouvre devant un public clairsemé, mais il n’est pas toujours évident de venir de loin si tôt un jeudi sauf pour les véritables vacanciers-festivaliers évidemment, qui peuvent et veulent prendre plusieurs jours de congés pour bien profiter de l’événement. Le core n’étant pas ma tasse de thé, je me promène en attendant Ministry. Je n’ai jamais été fan de ce groupe, mais avouons tout de même qu’Al Jorgensen est tout de même un sacré numéro. Malgré ses soixante ans, il se démène encore avec une certaine énergie sur scène dans un show assez efficace.

Behemoth et son charismatique leader entrent sur scène. A chaque fois que j’ai pu les voir depuis leur concert du soir de fermeture de la Locomotive à Paris en 2009, je me dis la même chose : professionnalisme, énergie et Nergal ! Que l’on aime ou que l’on n’aime pas l’aspect musical, le show est assuré. Même quand ils leur manquent leurs costumes et leurs instruments (Motocultor 2014), ils sont capables d’assurer le spectacle, alors forcément, quand ils peuvent se gaver de pyrotechniques sur la grande scène du Hellfest, cela ne peut que donner un bon concert, comme ce soir.

Au tour d’une légende US de plus, à savoir le frétillant Rob Zombie et son imagerie macabre le tout avec des scènes en arrière-plan sur écran géant derrière les musiciens. Le guitariste John 5 apprécie toujours son corpse paint raffiné et Piggy D est toujours aussi classe et malsain avec son masque. De la qualité, du visuel, de la musique certes rock, mais très accessible. Que demander de plus pour une soirée réussie ?

Passons aux Suédois d’Amon Amarth. Leur death metal mélodique n’a pas changé d’un poil. Il faut avouer que débuter le concert directement avec « The Pursuit of Vikings » a mis l’ambiance d’emblée. La surenchère d’imagerie viking est toujours bien mise en avant, avec une magnifique décoration de scène. Johan Hegg est toujours aussi grand, et ses comparses toujours aussi efficaces avec leurs instruments. Il y a aussi un duel en mode « reconstitution historique viking » avec quelques beaux coups théâtraux. Bref, de quoi contenter un public de plus en plus nombreux.

Le reste de la soirée, avec Sabaton, Powerwolf et justement les inspirateurs du Knotfest à savoir Slipknot m’indiffére quelque peu et j’en profite pour me promener dans la partie « grand public » dans la zone Hellcity et Metalcorner en souvenir des années précédentes, où c’était le seul moyen efficace pour se mettre dans le grand bain infernal !

Et en 2019, « malgré » un Knotfest, c’est toujours possible, avec des animations et des concerts ça et là… Il est amusant de constater que vers minuit, pendant que Slipknot joue plus loin, la petite scène à côté du ring de catch faisait jouer une reprise de France Gall (« Résiste ») ou encore un « Antisocial » au violon un peu plus tard. Bref, il y en avait pour tous les goûts et la surenchère que nous propose chaque année davantage le Hellfest permet justement à tous de trouver leur manière personnelle d’apprécier le festival.



Mais venons-en au Hellfest à proprement parler, celui qui commence vendredi matin. Je me fais toujours une priorité par commencer par ma scène préférée, à savoir la tente noire de la combo Temple-Altar.

C’est Freitot qui a l’honneur d’ouvrir le bal sur l’Altar, avec un bon vieux death metal old school qui sait ralentir. Et comme le dit si bien Arno Strobl (Carnival in Coal) « c’est un peu notre power ballade ». Et effectivement, le titre « Father » a un groove absolument génial. Bref, comme souvent le matin sous les tentes, une bonne surprise d’une nouvelle formation frenchie à l’avenir flamboyant !

Devant un public déjà nombreux, c’est au tour de Khaos-Dei d’asséner leur black metal à la française, autrement dit, très intéressant et techniquement propre !

On enchaîne avec les Auvergnats chauds comme la braise d’Aorlhac, toujours dans le black metal. La matinée a commencé sur des chapeaux de roue ! Et ce n’est pas avec Sublime Cadaveric Decomposition que l’on va souffler.

Il va falloir attendre Uada et leur black atmo efficace et rigoureux pour prendre une petite pause. Non, je plaisante, car s’il y a bien des ambiances plus éthérées par moment, l’album Devoid of Light (qui mérite clairement le détour) à la base du set est tout sauf reposant. Notons le décorum simple et efficace de ce « black metal à capuches » qui n’en est pas vraiment et qui plonge souvent dans les racines du style.

Pendant que mon ventre grogne, je fais un saut sur Cult Leader. Le crust, ce n’est pas forcément mon truc, mais il faut reconnaître qu’Anthony Lucero, avec son regard où transperce la folie et son micro dégoulinant de câbles entremêlés assure le show.

Un sandwich plus tard, c’est dans l’ambiance colorée et totalement bal populaire transgenre de TrollfesT que je digère avec peine. Le public est déjà très nombreux, la Temple déborde devant les Norvégiens déjantés et leur folk troll metal chaotique. Il n’est que 15 heures, et la foule se masse de plus en plus !

Je rate en grande partie Diamond Head, à cause de ma petite faiblesse pour Demons&Wizards qui me poussent à faire une infidélité avec la main stage, mais j’arrive pile pour « I am Evil » dont Metallica a fait une célèbre reprise. Parfois, il fait du bien de retourner aux sources…

A propos de source, Impaled Nazarene en est un exemple parfait : du black metal brutal, crasseux, à la frontière du thrash, et surtout sans concession. Certains diront simplistes, je préfère le terme direct. 666 soit loué, cela existe encore dans un monde sophistiqué de sons « nouveaux » !

Pestilence m’achève complètement, à moins que cela soit l’effet combiné de la chaleur et des bières qui devaient lutter contre cette dernière. Peu importe, ici au Hellfest, c’est la fête permanente, donc il suffit de faire quelques pas pour se retrouver au pub géant qu’est devenue la main stage avec les Dropkick Murphys. Je vais sans doute m’attirer les foudres de nombreux fans, mais j’ai toujours trouvé que leur musique était très honnête pour un bar, tout comme de nombreux autres groupes du même style d’ailleurs. Eux ont eu plus de chance, en étant choisi pour la BO des Infiltrés de Martin Scorsese, alors forcément, ils se retrouvent devant un peu plus de chopines que leurs collègues. Quoiqu’il en soit, c’est efficace donc pourquoi critiquer davantage.
De toute façon, les choses sérieuses vont commencer. L’affluence devient impressionnante, au point où j’atteins péniblement un point éloigné de la scène, où je parviens à peine à voir les écrans géants. Mais c’est bien normal, les stars mondiales tant attendus, les maîtres du heavy metal, les seigneurs du metal, Manow.. Heu, Ultra Vomit se produisent en direct devant une marée humaine dignes des plus grands. Et il n’est que 19 heures 40 !

Retour à la fraîcheur relative des tentes, avec Possessed et leur death metal à l’ancienne, joué toujours avec passion. Jeff Becerra, le chanteur en fauteuil roulant, démontre que l’énergie du metal permet de surpasser les difficultés de la vie et que la joie qu’il apporte se communique entre ceux qui sont sur la scène et le public.

Un morceau d’histoire de plus se joue sur l’autre scène, avec Tom Warrior et son interprétation de Hellhammer, LE groupe a l’origine du metal Suisse et même du death metal tout court. S’il ne reste plus qu’un membre de l’époque, il est éminent et a su s’entourer de l’excellente bassiste Vanja Slajh qui officie à ses côtés dans Triptycon.

Après cette dose d’histoire du metal, voilà Carcass qui épuise mes dernières cervicales intactes. Toujours aussi précis et tranchant que l’acier chirurgical. L’orgasme est assuré !

Pour terminer, un show sombre et forcément aigu avec King Diamond et la plus grosse décoration du Temple que j’ai pu voir.

Je sens déjà que ce Hellfest survitaminé avec son jeudi bonus va être épuisant.


CARCASS

CARCASS

CARCASS

CARCASS

CULT LEADER

CULT LEADER

CULT LEADER

DAUGHTERS

DAUGHTERS

DAUGHTERS

DAUGHTERS

DAUGHTERS

DAUGHTERS

DAUGHTERS

DAUGHTERS

FREITOT

FREITOT

FREITOT

FREITOT

KHAOS-DEI

KHAOS-DEI

KHAOS-DEI

KHAOS-DEI

KHAOS-DEI

KHAOS-DEI

KHAOS-DEI

Pestilence

Pestilence

Pestilence

Pestilence

Possessed

Possessed

Possessed

Sublime Cadaveric Decomposition

Sublime Cadaveric Decomposition

Sublime Cadaveric Decomposition

Sublime Cadaveric Decomposition

Sublime Cadaveric Decomposition

Sublime Cadaveric Decomposition

AORLHAC

AORLHAC

AORLHAC

AORLHAC

AORLHAC

AORLHAC

AORLHAC

AORLHAC

HELLHAMMER

HELLHAMMER

HELLHAMMER

HELLHAMMER

HELLHAMMER

HELLHAMMER

Impaled Nazarene

Impaled Nazarene

Impaled Nazarene

Impaled Nazarene

Impaled Nazarene

Impaled Nazarene

KING DIAMOND

KING DIAMOND

Shaarghot

New layer

Shaarghot

New layer

Shaarghot

Shaarghot

Shaarghot

Shaarghot

Trollfest

Trollfest

Trollfest

Trollfest

Trollfest

UADA

UADA

UADA

UADA

UADA

Wolfheart

Wolfheart

Wolfheart

Wolfheart


Heureusement que le samedi l’affiche est plus légère. Ah non, pas du tout en fait, avec l’ambiance post apocalyptique de Shaarghot pour ouvrir la scène du Temple, je suis en parfaite résonance avec l’état de mon cerveau dus aux excès (musicaux ?) de la veille ! Le show est somptueux, et les mantes religieuses futuristes sur échasses rendent à merveilles.

Restons un davantage dans le cyberpunk avec Cypecore et ses musiciens inquiétants en mode cyborgs fous. Leur metal industriel aux tendances death mélodique est certes efficace, mais c’est surtout le spectacle qui l’est !

Wolfheart me rappelle qu’il est déjà midi et je profite d’une pause volontaire pour manger et boire en allant vers l’autre festival qui se déroule sur la Warzone.

Ça tombe bien, il y a Batmobile et leur psychobilly rock’n’roll. Décidément, autant je n’apprécie en général pas spécialement la programmation de cette scène, autant je suis rarement déçu par l’ambiance. On dirait presque qu’il y a un Warfest en parallèle au bout de la vallée du Muscadet !

Pour ceux qui regrettent qu’on ne voit jamais assez les batteurs, victimes des dispositions de scène classiques, heureusement il y a Mantar. Cela me permet un petit tour pas la Valley, plus grande et spacieuse que les années précédentes, elle est néanmoins pleine. Le duo guitare/batterie en face à face, de côté donc au public et quelque peu déroutant. Mais peu importe, le résultat est un sludge un peu fou de grande qualité.

Continuant ma promenade à travers le magnifique site du festival, me voilà devant les cousins germains de Rammstein, à savoir Eisbrecher qui jouent en moumoute sous le cagnard avec heureusement l’image rafraîchissante et sans doute bientôt rare d’un ours polaire géant en arrière-plan.

Ne voulant pas rater le spectacle offert par chaque concert de Punish Yourself, j’interrompt ma contemplation pour retourner à l’abri du soleil devant la Temple et nos colorés punks metalleux favoris et leur scie circulaire pour un show plein d’étincelles.

 

Toujours en phase grand spectacle, je retourne à la Warzone pour Mad Sins et leur musique survoltée à paillettes.

Décidément, l’endroit de la déconne, c’est bien ici avec un autre public pas forcément de noir vêtu avec des ceintures à clous, mais qui sait s’amuser devant des groupes qui savent faire la fête. Le meilleur des mondes donc.

Mon âme torturée me pousse tout de même à retourner encore une dernière fois sous les chapiteaux où se produisent Moonspell et Combichrist. Cette dernière formation est une déception pour ma part, tant on m’avait vanté les mérites du groupe, l’originalité de leur indus norvégien… Tout ceci est une question de goût certes, mais trop d’électro pour moi, je décampe pour ne revenir que pour un de mes concerts favoris de cette édition : Candlemass et leur doom épique indémodable. « Mirror, Mirror », « Bewitched » et bien sûr le magnifique « Solitude » seront à tout jamais des musiques qui font résonner l’âme de bon nombre de métalleux.

Après cette extase en ce qui me concerne, il est temps de découvrir Jo Quail, la remplaçante in extremis de Myrkur. La violoncelliste fait un beau spectacle, certes sans doute un peu en décalage musical pour certains. Mais un peu de lyrisme dans un monde de brutes fait du bien parfois.

Pendant que les grosses têtes d’affiches jouent sur les main stage (Kiss, ZZ Top…), je reste fidèle aux musiques plus extrêmes. Ça tombe bien, c’est à Dark Tranquillity de fouler l’Altar. J’attends patiemment la fin de Cradle of Filth pour prendre une petite dose de pure violence avec Bloodbath qui baigne surtout dans les ténèbres et les ambiances rougeoyantes.

La soirée s’achève tranquillement avec une expérience musicale après toutes les brutes précédentes : The Sisters of Mercy, enfin en tout cas si on ne reconnait guère plus Andrew Eldricht, qu’on distingue souvent qu’à peine dans les ténèbres, le chanteur a toujours une voix ténébreuse caractéristique. Pas de « Marian » ce soir, dommage, mais les fans auront sans doute apprécié et pour les autres, les souvenirs sont ravivés malgré un son cold wave assez décalé ici au cœur de l’Enfer !


MAD SIN

MAD SIN

MAD SIN

MAD SIN

MAD SIN

MAD SIN

MAD SIN

Batmobile

Batmobile

Batmobile

Batmobile

Batmobile

Mantar

Mantar

Mantar

Mantar

Sisters of Mercy

Sisters of Mercy

Sisters of Mercy

Sisters of Mercy

Sisters of Mercy

Sisters of Mercy

Shaarghot

Shaarghot

Shaarghot

Shaarghot

Shaarghot

Shaarghot

Shaarghot

Shaarghot

Punish-yourself

Punish-yourself

Punish-yourself

Punish-yourself

Punish-yourself

Punish-yourself

Punish-yourself

Punish-yourself

Punish-yourself

Punish-yourself

Jo-Quail

Jo-Quail

Jo-Quail

Jo-Quail

Samedi_Temple_Combichrist

Combichrist

Combichrist

Combichrist

Combichrist

Carach-Angren

Carach-Angren

Carach-Angren

Carach-Angren

Carach-Angren

Eisbrecher

Eisbrecher

Eisbrecher

Trepalium

Trepalium

Trepalium

Dark-Tranquility

Dark-Tranquility

Dark-Tranquility

Cypercore

Cypercore

Cypercore

Cypercore

Cypercore

CANDLEMASS

CANDLEMASS

CANDLEMASS

CANDLEMASS

Bloodbath

Bloodbath

Bloodbath


Dimanche. Ouf, j’ai survécu jusqu’à là. Je me traîne péniblement devant Hyrgal qui montre encore une fois que la scène black, à travers tous ses sous-genres, est très vivante en France et de nombreux groupes de qualité éclosent de ci de là et j’en oublie d’aller voir les Autrichiens fous d’Insanity Alert dont chaque concert est toujours frénétique. Tant pis, je m’arrête devant les Australiens de Psycroptic pour constater qu’il est bien possible d’obtenir des circles pits un dimanche matin. Ça doit être le décalage horaire avec la Tasmanie, à n’en pas en douter.

La journée continue sur le même rythme éreintant que les jours précédents : Death Angel, Cemican, Revocation, Immolation, Vomitory, Emperor, Vltimas… Le but n’est pas de citer ma vie de festivalier-live reporter-photographe, mais bien d’affirmer que quoi que l’on puisse reprocher au Hellfest, il n’en reste pas moins que chacun peut se faire LE fest qu’il veut. Jouer aux échecs à l’ombre, boire des pintes en série, pogoter sauvagement, s’allonger dans l’herbe, se frayer devant les main stages, discuter au loin avec des amis, manger et boire au lieu d’aller voir le groupe dont on a le logo sur le tee-shirt et qui est entrain de jouer plus loin… Bref, le Hellfest n’est pas UN festival, mais plusieurs festivals qui se déroulent sur le même lieu.

S’il peut être frustrant d’avoir l’impression de zapper entre des demi-concerts, il n’en reste pas moins que la palette des possibilités peut satisfaire beaucoup de monde. Le revers de la médaille est l’affluence, parfois très forte. Mais avouons qu’entre les portiques-douches géants et les nombreux aménagements de confort, presque tout ce qui est possible raisonnablement (ou parois avec déraison) de faire a été fait. Après, la question est de savoir si on préfère une cave obscure avec de la musique extrême ou un paradis infernal du metal.

Pour moi la réponse est évidente : tout dépend de ce que l’on désire vraiment.

Merci au Hellfest d’être là, pour donner de la force aux scènes metal, et notamment pour la belle place qu’il offre aux musiques dites extrêmes.

Vivement l’année prochaine !


Immolation

Immolation

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Psychroptic

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Revocation

Revocation

Revocation

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Revocation

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Vltimas

Vltimas

Vltimas

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Testament

Testament

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Bliss-of-Flesh

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EMPEROR

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Hyrgal

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