HELLFEST Open Air 2025 – Day 4
Dimanche 22 juin
Le touriste passe, le puriste persiste et signe.
Dernière journée du HELLFEST, et la météo nous fait redescendre en douceur avec des températures enfin confortables pour cette dernière cavalcade.
On finit sur une journée plus inclusive qu’hier, avec un grand écart de genres, de ceux qui font couler inutilement trop d’encre.
De Falling in Reverse à Cypress Hill en passant par Eagles of Death Metal, les haters avaient de quoi causer. Mais dans l’ensemble les Metalleux s’en sont bien foutu et c’est également mon cas.
Ma journée commence par une belle découverte avec BLOOD COMMAND, un groupe Norvégien de punk rock barré, mené par une frontwoman azimutée.
Nikki Brumen est australienne mais c’est aussi la 3ème chanteuse du combo. Elle est au taquet, provocante, et sera à l’origine du premier circle pit de la journée. Dans sa robe moulante rouge pétant, elle fera le show entre provocation et slam. Le public est hyper réactif. Comment faire autrement devant ce show hyper catchy.
Autre belle découverte que les Français de Ashen, avec une belle présence scénique qui laisse présager du bon pour la suite. Un gros charisme habite ce groupe, en particulier son chanteur au capital sympathie aussi costaud que son chant. A noter ce final avec la venue sur scene de Will Ramos (LORNA SHORE) sur le titre Crystal Tears, mettant en avant leur performance vocale incroyables.
Petit passage sur la Warzone pour shooter les ricains de GOUGE AWAY. Si j’ai bien aimé musicalement, je trouve que Christina Michelle (la chanteuse) manque un peu de charisme. Mais ça fait le boulot.
C’est au tour de NOVELISTS de nous offrir une belle prestation également sur la Mainstage. Si je ne suis pas vraiment fan ultime de la formation, il faut bien dire que Camille a bien relancé la machine, notamment avec le dernier album Coda sorti en mai dernier.
Leur Metalcore avant-gardiste a fait mouche cet après-midi !
C’est sous la Altar que je vais découvrir un autre combo bien musclé et qui captera bien mon attention. UNE MISÈRE viendra souffler un vent d’Islande tagué Hardcore sur un public qui en prendra plein la gueule. Son frontman est habité. Jón Már Ásbjörnsson se fracasse la tête avec son micro, pissant le sang pour un effet en accord avec la musique. Une excellente découverte.
Changement de ton et de style avec BLACKGOLD, ricains inspirés œuvrant dans un Nu Métal groovy et ancré dans les 90’s. On y retrouve pêle-mêle du Limp Bizkit ou encore du P.O.D, mais avec un style bien à eux. Le quintet est masqué et fait le show. Le public réagit d’entrée de jeu pour une des performances marquantes de ce dimanche.
Une fois de plus la claque va venir de LORNA SHORE. Deux ans après leur passage au HELLFEST et sous la Altar, Will Ramos et sa bande trouvent leur place bien méritée sur la Mainstage, retournant un public acquis.
La sauvagerie se mariant avec des orchestrations symphoniques, LORNA SHORE ne laisse pas indiffèrent et repousse les limites. Son Deathcore est unique en son genre, et la puissance développée ici est monstrueuse. Si cela reste particulier en accessibilité, la progression de LORNA SHORE n’est pas usurpée.
Ah les Eagles of Death Metal… J’ai longtemps hésité à aller shooter ce groupe et en particulier son leader Josh Homme rapport à ses propos après les attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan (entre autres).
Au-delà de ces considérations, leur prestation a fait le boulot pour ce que j’en ai vu et visiblement Josh Homme était en pleine forme et content d’être là.
Ensuite je vais enquiller sur un trio de groupes très différents mais qui ont également marqués cette journée. De Motionless in White à Refused en passant par Fleshgod Apocalypse, la brochette fut plutôt savoureuse.
Motionless in White bastonne, et ce n’est rien de le dire. Leur Metalcore fait mouche sur un public venu pour en découdre c’est clair.
Les gus sont rodés à l’exercice et le set se déroule sans temps mort pour un final sous confettis. Ajoutez à cela une bonne dose de pyro et on a eu un MIW en grande forme. Ils placent la barre haute pour leurs compatriotes, et pas vraiment amis, de Falling in Reverse qui fouleront les mêmes planches plus tard.
Je file à la Temple pour shooter les Italiens de Fleshgod Apocalypse, forts de leur dernier et excellent opus Opera. J’aime leur mise en scène, la grandiloquence de leur set, et tout simplement leur musique aussi.
Le duo Francesco Paoli / Veronica Bordacchini fonctionne très bien et il bénéficie d’une excellente base fan.
J’entendrais même quelques crétins incultes confondre le drapeau Italien avec celui des Palestiniens… Ah la culture BFMTV. On n’a pas le cul sorti des ronces !
De retour sur la Main avec le clap de fin de Refused. Bien que je ne sois pas un fan, ni un fin connaisseur, du combo, mais cela fait toujours quelque chose lorsqu’un groupe emblématique tire sa révérence.
Dennis Lyxzén, le chanteur qui se remet d’une crise cardiaque survenue l’an passé, assure un beau set. Vêtu d’une chemise rose classieuse, lui et ses comparses vont nous servir leurs classiques principalement issus de The Shape of Punk to Come, et visiblement ce sera parfait pour son public.
On passe au trio de tête sur l’affiche, et pas des moindres question « discussions animées » chez les Métaleux.
On commence avec les ricains de CYPRESS HILL, le véritable ovni du Week-End (quoique), mais qui ne déméritera pas, bien au contraire. SI je ne suis pas client de cette scène, il faut bien avouer que question attitude ils ont clairement leur place sur la Main et au HELLFEST.
Bédo en main, B-Real se balade sur l’avancée de la Mainstage comme chez lui. Il faut dire que le groupe n’est pas étranger à la scène Métal au sens large. Avec quelques collaborations marquantes, ils ont naturellement leur entrée dans notre univers. De RATM (avec leur reprise de Bomtrack) à Pearl Jam, leur accointance est évidente.
Que l’on aime ou pas, la prestation a cartonné, avec un public reprenant les classiques et que B-Real arrivera à faire assoir pour une levée d’un seul homme à coups de « Everybody jump in the air ». Pas grand-chose à redire.
C’est au tour de Ronnie Radke et ses sbires de prendre place avec Falling in Reverse, attendu de pied ferme par un public largement massé devant les deux Mainstages. Il faut dire que l’album Popular Monster à fait un carton plein à sa sortie.
Ce set va être un des clous de la journée tant par son intensité que par l’attente du public.
Après une ouverture sur « La vie en rose » de Piaf, c’est Prequel qui lance les hostilités mettant la fosse directement à rude épreuve.
Ronnie Radke se déplace le long de la scène, comme un lion en cage, restant sur le devant tandis que ses zicos restent derrière. La pyro est omniprésente comme les vidéos sur les écrans, et le public connait les paroles par cœur.
Falling in Reverse a confirmé la justesse de ce choix de programmation mais surtout l’ascension fulgurante du projet de Radke. Un putain de concert !
Le clap de fin des Mainstages de cette édition 2025 revient à LINKIN PARK qui signe un retour gagnant avec Emily Armstrong en remplacement de Chester Benington et un nouvel album From Zero encensé par le public et les médias. Huit ans après leur passage sur la même scène, c’est avec nostalgie et appréhension que l’on s’apprête à les voir.
Après une inquiétude passagère concernant leur venue (ayant annulé le show de Berne en Suisse deux jours avant), c’est devant un HELLFEST massivement présent devant la Mainstage 1 que LINKIN PARK envoie Somewhere I Belong provoquant une hystérie dans la foule.
Le set se découpera en 3 actes, plus un rappel conséquent. Si la setlist est fameuse, on sent bien qu’Emily a du mal à entrer dans le show, probablement dû à un état de santé pas optimum.
C’est un Mike Shinoda au taquet et proche de son public qui ira au contact tout au long du set. Les nouveaux titres passent crème l’épreuve du live, de The Emptiness Machine à Heavy Is the Crown en passant par Up From the Bottom. Mais les classiques sont aussi de la partie et font mouche.
La nostalgie fonctionne à bloc, masquant le concert un peu en demi-ton de ce soir. Mais malgré tout ce fut un moment magique pour beaucoup de voir que l’émotion est toujours la même et que l’histoire continue.
Le HELLFEST on y revient inexorablement!
Avec ces 280 000 festivaliers, le HELLFEST commence à prendre de l’embonpoint, car on atteint clairement une jauge maximale (n’est pas « Out of Bounds » qui veut). Malgré cela, le site garde son intégrité et reste plutôt agréable.
Plus inclusif que jamais, il reste (et quoiqu’on en pense), capable de satisfaire le plus pointilleux des Metalhead tant la proposition artistique est large et variée.
Les tentes ont encore une fois prouvé cela.
La chaleur et notre astre solaire s’y sont également (et encore) imposés comme invités finalement désirables mais oh combien invasifs, faisant de l’eau et de l’ombre les meilleurs amis des festivaliers.
Pour notre part (avec mon indéfectible binôme Tac), nous avons parcourus prés de 60 kms et couvert 56 groupes sur cette édition. La chaleur aura été notre pire ennemi mais le plaisir d’y être fut le plus fort.
Entre les sets que l’on aurait aimé voir en entier, ceux qui nous ont vu passer rapidement par manque de temps/intérêt, les hordes de Metalheads agglutinés un peu partout (et surtout sur le moindre cm² d’ombre), nous avons usé chaque recoin du site. Si ce ne fut pas ma meilleure édition, elle n’en demeure pas moins riche.
Retrouver les potes, se sentir en famille, en immersion dans cette bulle de Métal où l’on se sent « entre nous » et « à part », la magie opère toujours.
Même si la population change, les curieux se font légion (The place to be), les « Kevin » également (private joke), d’un regard on reconnait les nôtres.
Bref, on y revient inexorablement et c’est bien la preuve que cette chapelle sonne tous les ans l’appel à la communion, et peu importe la programmation.
L’esprit du Hellfest perdure avec une ouverture remarquable, prouvant une fois de plus qu’il est bien plus qu’un simple festival : c’est une véritable célébration de notre musique et un pèlerinage incontournable.










































































































































































