Among The Living
Live Report

KAMELOT – VISIONS OF ATLANTIS – LEAVE’S EYES

KAMELOT – VISIONS OF ATLANTIS – LEAVE’S EYES 
Elysée Montmartre – Paris
Samedi 15 Septembre 2018


kamelot

Kamelot et consorts, un trio à l’accent épique en demi-teinte

L’Elysée Montmartre accueille trois groupes de power metal symphonique, pour une soirée exclusive dans la capitale. La salle se trouve parsemée, peu remplie pour l’occasion. Certains fans occupent les premiers rangs dès l’ouverture des portes, forts d’un acharnement surprenant. Pas d’entre-deux pour Kamelot et leurs comparses : ces groupes semblent exercer une fascination ambivalente chez leurs auditeurs, et un désintérêt notoire chez les néophytes.


Les festivités sont entamées avec Visions of Atlantis, groupe autrichien leadé par la française Clémentine Delauney. La formation en est à son 6ème album studio, clairement inspiré des univers proches d’Evanescence et Within Temptation. Au programme, un rock opéra mélo, sorte d’Avantasia en moins grandiloquent. Le groupe peine à se démarquer de la fabrique de groupes symphoniques post-Nightwish, délivrant un spectacle peu substantiel. Comme bien d’autres, Visions of Atlantis fait évoluer sa trame musicale dans un univers féérique imbibé de fantasy et de dark romance, distillé de mièvrerie.
Sublime et féline, tout en laçages et robe fendue, la chanteuse n’est que trop peu vénéneuse. Sa voix cristalline de soprano semble s’égarer dans des duos vus et revus avec Siegfried Samer, second frontman. The Deep & The Dark, morceau entrainant au refrain mélodieux, apporte soudain un regain de dynamisme à un set manquant de vivacité.

La surprise inattendue des réjouissances prend forme avec Leaves’ Eyes, supergroupe international. Dotée d’un son mélodique pêchu, la formation sort des ornières du metal symphonique pour s’aventurer en terre viking, plus proche du folk métal que du power classique. La vocaliste finlandaise Elina Siirala se démarque des stéréotypes du genre et agite ses traits elfiques d’une hargne guerrière. La chanteuse est accompagnée par nul autre qu’Alexander Krull, frontman charismatique dans la lignée d’Amon Amarth, également membre du groupe de death metal allemand Atrocity.
La féérie disparaît au profit d’une immersion dans un live épique, plus vivant, plus vécu. Entre les tubes Beowulf et Signs of The Dragonhead, les paroles mettent les légendes nordiques à l’honneur. Pour les derniers morceaux, Krull arpente la scène en costume de viking plus vrai que nature, épée au poing et casque d’acier. L’immersion est absolue, suscitant un réel engouement totalement mérité de la part du public.

C’est au cœur d’un épais brouillard que Tommy Karevik foule le décor futuriste de la scène, amorçant l’opening du set de Kamelot. Entre les volutes de fumée, la déception commence d’ores et déjà à se percevoir. Le groupe de power métal de Floride semble absent. Karevik, remplaçant suédois de Roy Khan, son prédécesseur au chant bien plus charismatique, semble désincarné. Masquant ses airs de jeune premier sous une cagoule noire, le frontman peine à assurer le show. Son manque de puissance et d’énergie est frappant, ainsi qu’une absence d’interraction avec les spectateurs.

 

En live, Kamelot donne un show insipide et musicalement médiocre, à des années-lumières de la qualité studio dont est capable le groupe. Seul Sean Tibbetts sauve la mise, bassiste pêchu à la présence scénique pleine d’énergie. Insomnia, Veil of Elysium, Amnesiac Les morceaux phares s’enchaînent presque mécaniquement, sous le joug d’un clavier entêtant. En guise de clôture,  le rappel sur Liar Liar, vrai « bon » tube pêchu teinté de heavy, en devient presque frustrant.

Cette soirée sans saveur allant sur sa fin, l’on se demande si le metal symphonique ne se serait pas cristallisé dans les années 2000, ère de l’apogée des corsets gothiques à la sortie des lycées, de Buffy contre les vampires et d’un baby boom de groupes inconnus au bataillon, s’acharnant à subsister contre vents et marrées.

 

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