Among The Living
Live Report

Kat Von D – L’Alhambra, Paris  

Kat Von D

L’Alhambra, Paris
16 juin 2025

 

Kat Von D L’Alhambra, Paris


Kat Von D : avant lencre et la gloire, les notes au bout des doigts

 

Bien avant que son nom ne devienne synonyme de tatouages spectaculaires, de télé-réalité culte, de best-sellers et d’un empire cosmétique mondial, Kat Von D, que l’on connaît aujourd’hui pour son trait de liner aussi précis que ses aiguilles, a longtemps eu un autre rituel : s’asseoir au piano, seule, chaque jour, pendant près de deux heures. Une habitude presque sacrée, loin du tumulte qu’allait devenir sa vie.

À une époque où rien ne la prédestinait encore à la scène médiatique, la jeune Katherine Von Drachenberg consacrait près de deux heures par jour à cet instrument, explorant les harmonies classiques avec la même intensité que celle qui marquera plus tard ses traits d’encre.

Ce rapport intime à la musique, souvent éclipsé par son image publique, révèle une autre facette de l’artiste : celle d’une mélomane rigoureuse, passionnée, pour qui les touches noires et blanches servaient déjà de toile d’expression bien avant la peau humaine. Son premier album solo, Love Made Me Do It (2021), marque une nouvelle ère. Inspirée par les sonorités darkwave, goth et synthpop des années 80, elle y dévoile une voix grave, envoûtante, un univers à mi-chemin entre Siouxsie Sioux et Depeche Mode.

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20h tapantes, l’obscurité tombe sur la scène et une silhouette familière émerge. Seul sur scène mais loin d’être isolé, Leafar Seyer, dernier membre actif du duo PRAYERS, ouvre les hostilités. À ses côtés – ou plutôt, en garde rapprochée – deux hommes à l’allure de gardes du corps : crânes rasés, lunettes noires, torses tatoués, sabres en main. Ils resteront figés toute la durée du concert, formant une étrange barrière presque intimidante, bloquant même partiellement la vue du public placé sur les côtés. Le ton est donné.


the prayers


Dès le premier titre, l’ambiance est posée : sombre, directe, viscérale. Pour ceux qui ne connaissaient que de nom le mari de Kat Von D, cette entrée en matière suffit à les captiver. Le show se veut spontané, brut, sans artifice superflu – et c’est justement cette sobriété qui fonctionne à merveille. Chaque titre est craché comme une prière rageuse, une incantation à la fois urbaine et mystique. Un concert court, intense, sans détour – à l’image de l’artiste. Pas de compromis, pas de concessions. Juste Leafar, sa vision, son esthétique, son feu intérieur.

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Dès le début du concert, un enregistrement d’une reprise d’« All By Myself » de Céline Dion, interprétée par la tatoueuse a résonné dans la salle, plongeant immédiatement le public dans une ambiance électrisante.

Les premières notes s’élèvent, délicates et hypnotiques, dessinant un paysage sonore à la fois sombre et envoûtant. La voix grave et ensorcelante de Kat empreinte d’une sensualité froide et presque mystique, s’entrelace avec finesse aux accords subtils et précis de Sammi Doll, dont la maîtrise instrumentale ajoute une profondeur captivante au morceau. Chaque parole, chaque inflexion, semble chargée d’émotion, racontant une histoire où se mêlent passion, mélancolie et mystère.



Le concert gagne en intensité avec l’enchaînement des morceaux Hate et Exorcism, où Kat Von D dévoile une facette plus sombre et torturée de son univers. Hate frappe fort dès les premières notes, la batterie martèle un rythme incisif tandis que la guitare rugit, créant un décor sonore à la fois brut et fascinant. La voix de Kat, à la fois puissante et déchirante, déverse une colère contenue qui électrise la salle. On sent toute l’ampleur émotionnelle du morceau, porté par une interprétation viscérale qui touche droit au cœur.

Puis vient le moment de la complicité partagée : Kat Von D invite son mari à la rejoindre sur scène, instaurant une nouvelle dynamique. Ensemble, ils interprètent Dead et Black Leather, deux titres où la complémentarité de leurs voix crée une alchimie rare. Les nuances se font plus riches, les émotions plus palpables, comme si chaque note racontait une histoire personnelle, une confidence intime. La tension sensuelle de « Black Leather » enveloppe la salle, mêlant audace et vulnérabilité, tandis que « Dead » révèle une mélancolie poignante.

Une performance intense et maîtrisée qui confirme Kat Von D comme une figure incontournable de la scène contemporaine. Son univers singulier, alliant force et sensibilité, séduit un public en pleine expansion. Ce concert marque une étape significative dans son évolution artistique, annonçant de nouveaux horizons prometteurs.


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