NIGHTWISH – BEAST IN BLACK
AccorHotels Arena Paris
Samedi 10 Novembre 2018

nightwish


Nightwish, une parenthèse poétique

 

C’est une date unique dans la capitale qui accueille les finlandais de Nightwish, pour une soirée qui promet monts et merveilles. En opening, les Beast In Black ouvrent le bal. Malheureusement toujours aussi décevant qu’au Trabendo quelques mois auparavant – alors en première partie de Rhapsody – le groupe ne fait guère mieux en foulant la scène d’AccorHotels Arena.

 

Plus magistral, le show reste pourtant insipide. Beast In Black a beau bénéficier d’un florilège d’artifices en tout genre, avantagés au niveau du son et de la lumière, rien n’y fait. Niveau audience, cela ne prend qu’à moitié, et pour cause. La qualité n’est pas au rendez-vous, mêlant metal symphonique et refrains pop presque vulgaires par leur manque de caractère. Bien ficelé, l’ending du set se termine par l’annonce de la tournée Européenne du groupe. Et, surprise, une date en France ! En somme, un bon coup de com’ pour les finlandais, et une date à éviter pour les autres.



Un entracte d’une demi-heure amorce l’entrée en scène de Nightwish. La ponctualité nordique est de mise ! Le ton est donné avec un minuteur projeté sur écran 3D, chargé de faire le décompte des soixante secondes les plus tendues de la soirée. D’un ton sérieux, presque grave, une voix off préviens l’audience : le groupe ne souhaite pas voir de portables brandis dans la fosse pendant le show. Et pour cause ! Au programme, deux heures de concert narratif digne d’une machine à remonter le temps.

 

C’est par une intro celtique à la flûte que commence le live, suivie de près par une entrée majestueuse et très acclamée des membres du groupe. Nightwish maîtrise l’art de la scène, empreint d’une aura qui ne se retrouve nul part ailleurs dans le metal symphonique. Moins kitsch que d’autres formations du même acabit et doté d’une touche résolument rock, le groupe a de la bouteille et n’hésite pas à le faire transparaître !

 

Aussi sublime que talentueuse, la valkyrie Floor Jansen fait peu à peu oublier la légendaire Tarja. Avec un style proche de celui de la chanteuse fondatrice, la frontwoman actuelle arbore la même crinière de jais, entre style goth et femme fatale. Plus guerrière, plus séductrice que la sculpturale et hiératique Tarja, Floor est simplement idéale dans son rôle. Vocalement plus rock’n roll que sa prédécesseure, la chanteuse de Nightwish version 2018 amène le groupe vers des refrains plus pêchus, moins lyriques.



Quand à Tuomas Holopainen, cerveau de la bande sévissant au clavier, il restera sur son piédestal jusqu’au salut final ! Le compositeur semble immergé dans son monde intérieur, esquissant par moment quelques timides sourires à l’audience à qui il doit son succès planétaire. Introverti, concentré sur ses compositions et haut-de-forme vissé sur le crâne, les seuls moments de fantaisie de Tuomas se révèlent lorsqu’il trinque à coup de vin rouge avec Floor, sa muse favorite.

 

Niveau tubes, la salle n’à pas de quoi être déçue ! Nightwish débute les classiques avec Wish I Had An Angel, duo emblématique avec le bassiste Marco Hietala, avant d’enchaîner peu après sur le très dynamique I Want My Tears Back, vecteur d’une énergie soudaine. The Kinslayer et Nemo laissent place à la pépite inattendue The Carpenter, premier single du groupe marquant les débuts de la formation, et moment d’émotion pour la foule conquise.



Peu de choses peuvent entacher ce live féérique et merveilleusement performé, si ce n’est la politique trop stricte d’AccorHotels Arena. Plus laxiste lorsque la salle s’appelait encore Bercy, l’ambiance s’est policée, avec un florilège de règles absurdes n’ayant rien à faire dans un concert de metal. Ici, interdiction de se lever dans les tribunes, et pas de slammeurs au programme… Le show restera donc figé au niveau du public, ponctué par des jets de flammes presque trop réguliers. Le résultat est loin de la folie anarchique et joyeusement délurée du live de Nightwish au Hellfest 2018, entre bousculades déjantées et hystérie collective propre à une si belle clôture de festival !

 

Profitant tout de même d’un si beau spectacle, l’on se demande soudain si Nightwish ne serait pas encore plus percutant dénué de ses artifices. Entre effets pyrotechniques permanents et constantes projections tridimensionnelles, une distance évidente se crée entre le groupe et son audience. A quand un set plus sobre, moins starisé, sur une scène dépouillée ? Où Nightwish existerait à travers la seule force de ses morceaux, à la puissance de composition inégalable et si onirique.


 

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