Revolution Calling Fest – Eindhoven
23 novembre 2024
Samedi 23 novembre se déroulait le Revolution Calling Fest à Eindhoven. Le temple du Hardcore (et un peu de la oi, du punk et du post-punk) le temps d’une journée pas loin d’une trentaine de groupes. Mais quelle journée. Une orgie musicale, tout simplement.
Présents dès l’ouverture, on a commencé doucement la journée avec plusieurs groupes hollandais à savoir Bullbar (découvert pour ma part sur Oi ! Ain’t Dead volume 8 – Chaos in Nederland) groupe de Oi néerlandais très solide et enchaîné sur Swell, un très bon groupe de hardcore de Tilbur. Je suis ensuite passé sur les parisiens de Cran, qui jouaient sur la main stage. Pas forcément évident, surtout qu’il était encore tôt, mais Cran, qui reste pour moi l’un des groupes de oi parisiens le plus intéressant du moment, a su rapidement capter l’attention d’un auditoire qui n’a cessé de grossir. Pressé de voir Schedule 1, j’ai fait l’impasse sur Prowl et Hetze pour voir les canadiens sur la Warzone (on reparlera de cette scène, située à l’entrée du festival). Si les premiers morceaux ont fait craindre un manque de justesse par moment, le groupe a rapidement pris son rythme de croisière, avec une mention spéciale au jeu de scène du chanteur. Après ce petit détour vers le post-punk on est revenu aux bases avec All For Nothing sur la Warzone. Et c’est là qu’on a vite compris que ça allait être galère pour voir les groupes sur cette scène. Située à l’entrée du festival, la scène est entourée de poteaux qui peuvent très vite devenir gênants dès qu’il y a un peu de monde et masquer le groupe. Un peu déçus de ne pas avoir pu totalement profiterde All For Nothing on se rabat sur Hardsell, vétérans de la scène avec leur oi teintée de hardcore.
Le 1er gros morceau de la journée arrivait enfin, avec Bulldoze. Dès les premières notes le concert a viré au chaos. Le chanteur s’est fait déborder par les spectateurs, qui se sont empilés sur lui, perdant son micro au passage. Résultat des courses une nana qui était en backstage s’empare d’un micro pour prendre le relais au niveau chant en attendant que le chanteur retrouve le sien. On ne va pas se mentir Bulldoze avec un chant féminin c’est un concept assez étrange. Bulldoze enchaîne les titres (sans jamais faiblir, ni le public d’ailleurs). Une grosse claque shootée dans la tronche, boostée à la frustration, la colère et la testostérone. Un concert dantesque.
Le temps de se remettre de nos émotions et de récupérer les parties de nos corps éparpillées un peu partout dans la salle après Bulldoze, retour à la case Warzone pour Murphy’s Law. Mais comme on était en retard, on n’a pas vu grand-chose, mise à part que ça jouait très vite. Résultat on était à l’heure pour les vétérans de No Turning Back, qui balancent un set sans faute.

C’était ensuite le dilemme du jour, entre un groupe légendaire de la scène newyorkaise, Judge et l’étoile montante de la oi américaine Violent Way programmés en même temps. Pas la même carrière ni le même style évidemment. Ça sera finalement Judge, que je voulais voir depuis longtemps. On m’avait dit que les dernières prestations étaient parfois un peu compliquées, mais je n’ai pas regretté mon choix. Le set fut d’une grande qualité, avec à la fin un petit hommage à Lou Koller (chanteur de Sick Of It All atteint d’un cancer de la gorge) en reprenant Clobberin’ Time juste avant d’enchaîner sur le titre New York Crew. Un sans faute comme le passage de Comeback Kid.

Pour The Exploited se fut un peu particulier. Ça joue très bien, mais ça reste un brin mécanique avec un Wattie au jeu de scène toujours aussi particulier. J’ai tenté d’aller jeter un œil sur CIV, mais définitivement ce n’est pas mon truc. Cette longue journée approchait de la fin et sur la mainstage une foule de fidèles commençait à se rassembler, pour être au premier rang de la messe qui allait se tenir… le concert d’Agnostic Front. Même s’il semble de bon ton de les critiquer ces derniers temps, AF continue toujours de fédérer un très large public et de représenter la scène de New-York. Avec un set centré sur Victime In Pain, pendant une heure le groupe, épaulé à l’occasion par les membres de Violent Way, a une nouvelle fois embarqué tout le monde avec lui. Stigma et Miret ne sont plus tout jeune, et il faut en profiter. Quand ils ne seront plus là, il sera trop tard pour regretter ces moments, eux qui maintenant depuis 40 ans portent le flambeau du hardcore contre vents et marées, quels que soient les modes.

J’aurais aimé voir Lion’s Law, comme Worst Doubt programmés tous les deux sur la Warzone, mais comme on a mis du temps à rejoindre la salle, il était difficile de voir quelque chose. La soirée s’est terminée en beauté avec Biohazard, véritable machine de guerre. Globalement on a eu le même set qu’en juin à Paris, avec là aussi les petites anecdotes de Billy Graziadei sur les péripéties du groupe en tournée.

Après cette édition on regrettait presque de pas être venu aux éditions précédentes. Que ce soit au niveau de la programmation comme de l’organisation, le Revolution Calling Fest place la barre très haut. Ils ont commencé à annoncer quelques groupes pour l’année prochaine comme Cold As Life, America Nightmare, Killing Time ou Cockney Rejects.
Un très bon moment marqué également par nos péripéties pour se rendre sur place en train ou notre rencontre avec les douanes françaises au retour…


