ROB ZOMBIE
Le Batclan – Paris
19 Juin 2019


rob zombie


Rob Zombie, un enfer bien rodé

 

Sans aucun doute, le terme Survolté s’annonce comme idéal pour décrire l’état du Bataclan, complet à l’affiche du rockeur ricain dans la capitale. Peu de temps avant son passage au Hellfest, Mister Zombie a droit à une date dédiée, digne de son succès maintenant planétaire. Toujours aussi inclassable, Rob se plaît dans un melting pot teinté d’étrangeté musicale. Entre lourdeur indus, rythmique nü-metal, riffs hard rock et consonances heavy, le tout s’invente hors des frontières. Fait pour être aimé ou détesté, le gaillard du Massachusetts compte bien jouer là-dessus le temps d’une heure et quart de live.

 

Entouré de ses fidèles musiciens, acolytes dark tout droits sortis d’un cirque glauque, c’est sur American Witch que Rob Zombie débarque tout aussi grimé. En somme, une bonne entrée en scène dansante à l’ambiance freak show, et l’occasion pour l’audience de démarrer un headbanging ininterrompu. Entre instru ravageuse et performance scénique, Zombie a su choisir le bon lineup.

 

Ovni de la planète musicale actuelle, le frontman en joue, cabotin à souhait. Une chose est sûre : le bougre s’éclate au moins autant que son public. Artiste généreux, Zombie n’hésite pas à arpenter la salle moite et blindée sans faiblir. Entre faisceaux de lumière rougeoyantes et dreadlocks monumentales, bravo à ceux qui auront distingué le visage de l’intéressé durant tout le show ! Oiseau rare, Rob joue tour à tour au détraqué, puis au hippie camé façon peace and love. « Legalize it ! » scande-t-il dans la salle, avant d’entonner le célèbre Get High en ode à la pelouse dont il ne s’est certainement pas privé avant de venir. Pour ou contre ? Pas le problème de la salle, là pour danser.

 

Né des tripes des films d’exploitation, le projet fou du groupe ne serait rien sans son imagerie shock rock que ne renierai pas ce bon vieux Alice Cooper. Entre projections seventies, greluches peu vêtues et explosions d’hémoglobine, Zombie se plaît à immerger la salle comble dans ses fantasmes joliment malsains. Attention aux âmes sensibles, aux puritains et aux phobiques en tous genres ! Qui ne penserait pas à Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper, ou encore aux œuvres cadavériques du célèbre Witkin devant les déviances cérébrales du chanteur inspiré ?

 

Chaque tube est une immersion dans une micro-scénette délirante et burlesque, offrant la vision d’un univers mâtiné d’érotico-trash aux relents vintage. Parmi les très bons titres : Pussy Liquor, strip club bien glauque digne d’un bord d’autoroute US, Mars Needs Women, délire dansant aux inspiration SF, et Lords of Salem, entre horreur, images animées, seins siliconés et bûcher ardent.

 

Archi pro des premiers accords à sa sortie de scène, Zombie et ses acolytes sont irréprochables. Mais le bonhomme a du culot, et le prouve (une fois de trop) avec la projection d’un trailer de son prochain long métrage, bientôt en salle. Trop commercial pour les français, le Rob ? Pourtant acclamé pour ses talents de metteur en scène avec les bien connus The Devil’s Rejects et House of 1000 Corpses, pas sûr que ce soit bien le moment en plein concert, déjà presque trop court. Preuve que trop d’auto-promo tue l’auto-promo, cet acte maladroit laissera son audience mi-figue mi-raisin. A la fois cool et transgressif, Rob Zombie ne serait-il pas une incarnation contemporaine de l’ambivalence du Diable ? En attendant la réponse, une redescente sur terre ne serait pas de trop pour le frontman lunatique.


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