Among The Living
Live Report

Sylosis – Revocation – Distant – Life Cycles @la Machine du Moulin Rouge Paris

SYLOSIS + REVOCATION + DISTANT + LIFE CYRCLES

Paris, la Machine du Moulin Rouge, 10/02/2026

Un concert Garmonbozia Inc.


 

sylosis


Le 11 février 2026 (dans la nuit du 10 au 11, selon les annonces et listings), La Machine du Moulin Rouge s’est transformée en salle d’armes. Quatre groupes, quatre manières de découper le métal, et une même idée fixe : faire monter la pression sans jamais la relâcher. La tournée “The New Flesh” rassemblait Life Cycles, Distant, Revocation et Sylosis, et Paris a eu droit à une soirée aussi dense qu’un riff de thrash joué au burin.

Une salle qui chauffe vite (Life Cycles)

Quand Life Cycles lance la soirée, l’ambiance est encore celle des manteaux qui tombent et des derniers verres attrapés au bar. Mais ça ne dure pas : la Machine est une salle qui “prend” vite, et le crossover des Texans est parfait pour allumer le carburant. Ça groove, ça accélère, ça relance, avec ce côté direct qui ne demande pas de mode d’emploi. Le public n’est pas encore compact, mais les têtes bougent déjà comme si on avait appuyé sur “lecture” au milieu d’un entraînement de combat.

On sent le rôle de l’ouvreur : mettre tout le monde au même tempo, créer une première vague de sueur, et préparer l’espace devant la scène. Mission accomplie : à la fin de leur set, la fosse n’a plus rien d’un échauffement poli.

Life Cycles — setlist

Fatal Path
Haunting Spirit
Death From Above
Creature of Darkness
Serpent’s Kiss
Eternal Flame
Portal to the Unknown
Frozen in Hell

Distant, le rouleau compresseur

Ensuite, Distant arrive comme une porte coupe-feu qu’on claque. Le son s’épaissit, la rythmique devient un marteau-pilon, et la fosse commence à se comporter comme une matière vivante : ça se tasse, ça s’ouvre, ça se referme. Là où Life Cycles travaillait le nerf, Distant travaille la masse.

Le deathcore du groupe joue sur l’impact : gros accents, breaks qui tombent au bon moment, et cette sensation de gravité augmentée dès que ça “drop”. À La Machine, ça se traduit par un pit plus franc, plus large, avec des mouvements de foule qui ressemblent à des vagues courtes mais puissantes. Rien de décoratif : c’est physique, frontal, efficace.

Distant — setlist

Nothing Left to Hate
Oedipism
Fleshweaver
Hellmøuth
Loveless Suffering
Born of Blood

Revocation : technique, mordant… et une bougie sur le gâteau

Puis vient Revocation, et la soirée change de texture. On garde la violence, mais on y ajoute la précision : riffs ciselés, reliefs plus complexes, et ce plaisir très particulier de voir une musique ultra-technique rester dangereuse. Ça joue serré, ça claque net, et Paris répond en connaisseur : pas besoin d’un long discours pour comprendre qu’on est sur le set “charnière” de la soirée — celui qui relie la brutalité pure à la virtuosité.



Et au milieu de cette mécanique de haute voltige, moment parfaitement humain : tout le crew de la tournée débarque sur scène pour souhaiter un bon anniversaire au guitariste, avec un gâteau au chocolat en main. La salle bascule instantanément : sourires, cris, lumière dans les yeux, comme si on avait entrouvert une porte backstage pendant trente secondes. C’est bref, simple, et ça rappelle pourquoi les tournées soudent autant : la violence sonore, oui… mais aussi la famille de route.

Revocation — setlist

 

Cronenberged
Sarcophagi of the Soul
Existence Is Futile
Diabolical Majesty
Galleries of Morbid Artistry
Dystopian Vermin
Strange and Eternal
The Outer Ones

Sylosis : la classe même quand la voix vacille

Malgré un vrai gros souci technique qui fera commencer le set 10 minutes en retard, quand Sylosis entre, on sent le “tête d’affiche” à la manière dont la salle se resserre : plus de téléphones (même si ça reste mesuré, et d’ailleurs, après Poison for the Lost, Josh demande a tout le public de ne plus utiliser de téléphone durant le morceau qui va suivre et qui est issu du nouvel album sorti 10 jours plus tot, sous peine d’arrêter de jouer), plus de bras levés, et surtout ce frisson collectif dès les premières notes. Le set est construit comme une trajectoire : attaque franche, montée en puissance, respiration minimale, puis final qui laisse la pièce en apnée.

Mais la vraie histoire parisienne, c’est celle de la voix.



Dès le deuxième morceau, surprise : le chanteur d’un des groupes précédents monte sur scène pour remplacer Josh au chant. Sur le moment, ça fait l’effet d’un coup de théâtre — un relais improvisé, mais tenu avec sérieux, pas un “gimmick”.

Et quand Josh reprend la main ensuite, il explique la situation : il a attrapé froid il y a plusieurs jours, il a de gros problèmes de voix, et pour assurer Paris, il s’est imposé une discipline presque monastique : ne pas prononcer un seul mot de toute la journée, juste pour préserver ce qu’il restait. (On le croit sans effort : la manière dont il gère les respirations et les phrases le dit déjà.)

Ce qui impressionne, c’est que la faiblesse devient presque un moteur dramatique : on écoute autrement, on guette les nuances, on apprécie le professionnalisme derrière l’ego. Et la salle, loin de “tester” le chanteur, se comporte comme un soutien actif : chaque refrain porté par le public ressemble à une rampe de sécurité.

Musicalement, Sylosis déroule une setlist solide, pensée pour frapper vite et fort, avec ce mélange de mélodie sombre et de riffing acéré qui fait leur signature. Le concert se termine sur une impression rare : une performance gagnée, pas simplement jouée.

(Intro tape : “I Was Made for Lovin’ You” – KISS)
Erased
I Sever
Worship Decay
Heavy Is the Crown
Poison for the Lost
All Glory, No Valour
Where the Sky Ends
Eclipsed
Servitude
Reflections Through Fire
Teras
Pariahs
(Encore)
Deadwood
The New Flesh
(Outro tape : “Girls Just Want to Have Fun” – Cyndi Lauper)

Vous l’aurez compris, hier soir à la machine du Moulin Rouge, nul besoin d’avoir fait un CAP de menuisier pour comprendre que ça poutrait sévère !


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