Un vendredi soir pas comme les autres m’attendait ce 9 novembre 2018 au Backstage O’SULLIVAN, Paris. Chaussée de mes plus belles bottes zébrées en clin d’œil à l’album « ANIMAL » sorti le 19 octobre chez Spinefarm Records. J’étais bien décidée à en savoir plus sur cet ovni, ce contrepied musical à leur discographie. Je me suis engouffrée dans le Tour bus avec Jorgen Munkeby, le leader de SHINING (Norway) pour une petite interview au calme loin du bruit parisien et de la déferlante qui s‘ensuivra au concert deux heures plus tard….



Je brûle d’envie de savoir de quelle manière définies-tu « ANIMAL » ce huitième album studio qui m’a un peu perdue je t’avoue ?

Ah… je vois ce que tu veux dire, depuis 2010, de tous nos albums plus le live, c’est le premier sur lequel personne ne met une étiquette et j’en suis plutôt fier et content. Et je ne pense pas qu’il ait besoin d’une étiquette d’ailleurs.

C’est tellement différent de BLACK JAZZ, qui vous avait révélé aux plus intrépides d’entre-nous…tu avoues que c’est un peu déstabilisant pour ton public ?

J’entends toujours ce genre de chose avec nos albums Blackjazz et One One One qui sont aussi proches que peut l’être RIHANNA de FOO FIGHTERS mais quoi que je n’y avais pas pensé, SHINING s’ouvre à d’autres personnes au fil des albums.
Oui, tu as raison, la musique de « Animal » va être plus facile à apprécier par plus de gens. Malgré tout, il y a beaucoup à faire pour toucher les gens, les concerts, la promo. Cela va être un nouveau challenge malgré le potentiel qu’on a déjà acquis.

Quelles ont été les sources d’inspiration pour « ANIMAL » ?

Elles ont été très diverses en fait, mais rien de défini finalement. On a composé en se laissant aller, sans but, avec le nouveau bassiste. Je voulais aller là où je n’avais pas encore été, c’était le seul but à  atteindre.  C’est une inspiration en elle-même.

Les paroles sont plutôt sombres par rapport à la musique non ?

Oui, ce sont les plus sérieuses jamais écrites. Elles contrastent avec le style musical qu’on montre en surface, c’est vrai. Ce côté pop ne révèle pas au premier abord le thème de la Mort et les conséquences pour ceux qui restent ainsi que tous les sentiments exacerbés à cette période. La plupart des titres traite de cela. Seuls deux titres sont plus « party time ».

Sur scène, vocalement, est-ce que cela va être assez difficile de passer du chant saturé à la pop et chant clair ?

Ça va être difficile exactement, d’une part car c’est pour moi une nouvelle manière de chanter et le live est une vraie épreuve à renouveler tous les soirs pendant un mois.

J’imagine que tu vas relever le challenge car tu ne sembles pas aimer trop la facilité ?

Ah oui, ce n’est pas faux. La plupart des musiciens qui m’ont inspiré ont évolué au cours de leur carrière dans des choses très compliquées, que ce soit en Jazz (John Coltrane), Metal (SEPULTURA…), classique (MAHLER), et autres DILLINGER ESCAPE PLAN, DEVIN TOWNSEND. J’écoute vraiment de tout alors il y a une longue  liste.

Quels sont tes meilleurs souvenirs de ton aventure avec SHINING ?

Deux mémorables : enregistrer Blackjazz. Ce ne fut pas facile de l’enregistrer car à l’époque, j’étais dans un marasme assez incroyable et les gens ont détesté l’album. Maintenant beaucoup l’aiment mais je t’assure que lorsqu’il est sorti ce fut très dur à encaisser.
L’autre souvenir a été l’enregistrement au sommet de la montagne où l’on a fait déposer le matériel par hélico, un moment exceptionnel. Je dois absolument mentionner notre concert de 2015 au Divan du Monde, après les événements du Bataclan à Paris.

La date approche d’ailleurs, je me suis toujours demandée ce qui a pu se passer dans vos têtes avant le show.

Il a fallu attendre le Ok de la police puis prendre la décision de jouer ou pas. J’ai rapidement décidé de jouer parce que je ne veux pas que ma peur puisse décider pour moi. Jamais. Je suis sûr que la décision était la bonne car mon fils avait à l’époque un mois et tu es obligé de penser à ce qu’il pourrait y avoir comme conséquences dans ce contexte. Tous les groupes dans le tour bus étaient d’accord alors, ce fameux soir j’ai pu ressentir une émotion intense lorsque j’ai joué la Marseillaise au Saxo pour ouvrir le show, tout le monde chantait avec le majeur en l’air.

Revenons à ton actualité. Un clip tourné en Islande par « Gaui H Pic» a été annoncé, quand allons nous pouvoir le découvrir ?

Bientôt, il est prêt à présent. On a mis un peu de temps pour l’étalonnage et j’ai changé deux  trois trucs au dernier moment. C’est le producteur en France qui a eu l’idée de demander à Gaui qui a super bien géré la totalité de l’aventure. On n’aurait pas pu mieux faire.

Qu’est-ce qui te pousse encore et toujours à aller plus loin ?

Les nouveaux challenges, la curiosité, réaliser des choses étonnantes, composer et jouer devant les gens et les voir être heureux de partager ce moment. En vieillissant, je me rends compte à quel point tout cela est précieux.  Apprécier la vie c’est ce que je veux continuer à faire aussi longtemps que possible.


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