Among The Living
Interview

Entretien avec Niko, le chanteur du groupe HAUMEA

Nous nous sommes entretenus par mail avec Niko, le chanteur du groupe Hauméa à l’occasion de la sortie de leur EP “Leaving“.

 

Un mot sur la situation actuelle et comment la vivez-vous ?

Niko (chant) : Je ne ferai pas le détail personnel de la vie de chacun des membres du groupe mais évidemment nous sommes impactés par cette situation . D’un point de vue musical c’est frustrant car nous ne pouvons pas défendre l’ep en live mais c’est un moindre mal comparé évidemment à ce qui se passe en ce moment. Il est évident que sans surfer sur la vague covid 19 cela nous influencera certainement dans nos compositions prochaines d’une manière ou d’une autre le titre Bones en témoignait déjà avant l’heure.

Pourquoi avoir choisi ce format d’EP 7 titres alors que votre précédente production était déjà un EP?

Nous avons tous une expérience musicale qui ne date pas d’hier mais Hauméa est encore jeune, un deuxième EP permet de mûrir le concept, de  défricher, de tester notre son avant évidemment un album que nous souhaitons tous.

Cet EP est une auto production, vous l’avez financé en fond propres ? 

En partie oui mais nous avons aussi obtenu une subvention du FAR Région Normandie via notre association Kulpa.

Comment définissez-vous le style d’HAUMEA ?

Rock métal alternatif… Pour répondre à la question mais on se prend pas la tête avec les étiquettes, on fait notre musique nourrie de nos influences et individualités.

Vous chantez en Anglais, mais aussi en français. C’est naturel pour vous ou avez-vous un choix difficile à faire (rire) ?
Le rire est justifié… c’est devenu naturel maintenant mais au début cela ne devait pas être le cas. Après il est vrai que je viens de l’École chanson et rock français donc c’était plus évident pour moi que Léa par exemple qui vient du brutal death ou Andy du death metal, Seb aimant le punk hardcore français était déjà plus réceptif. On a tenté, on s’est décomplexé de ce mélange anglais français et puis l’accueil du public a été positif donc on s’est dit OK maintenant c’est une composante de notre style on le garde.

Sur des titres comme « Bones », « Marbre » ou encore « I Kwon Them » vous mixez les deux langues ? Pourquoi ce choix (plutôt judicieux d’ailleurs je trouve) ?

Merci c’est sympa de ta part. Disons que les deux langues ont leurs avantages et inconvénients. Donc je pioche à l’instinct sur l’une ou l’autre.
Les refrains se prêtent mieux à l anglais les images poétiques sont mieux formulés en français.. C’est très subjectif tout ça il n’y a pas de règles c’est au Feeling, au ressenti. Dans Breath il y a un passage en allemand car je trouve cette langue magnifique..
Et oui ! L’important en fait c’est l’émotion et le ton  quelque soit la langue. Pendant des années j’ai écouté des morceaux sans comprendre précisément la finesse des textes, Radiohead par exemple, et pour autant l’émotion était là, à 14 ans j’écoutais Nirvana comme tout le monde et je saisissais bien que le monsieur n’était pas l’apôtre de la joie ! D’ailleurs dans Sick il y a un petit clin d’œil au Penny Royal Tea de Kurt.

Des textes entièrement en français, cela ne vous tente pas ?

Rien n’est arrêté. Il n’y a pas de règles pourquoi pas… Du moment que ça sonne. Nous sommes en ce moment en train  d’adapter le Dormeur du Val de Rimbaud donc vraiment pas de limite des lors que tout les membres valident.

Sur « Bones », vous parlez de l’impact de l’homme sur son environnement. C’est un sujet terriblement d’actualité qui vous tient particulièrement à cœur ?

Disons qu’il faudrait vraiment vivre dans une grotte ou être sacrément égoïste pour s’en foutre totalement. Sans être militant ni partir dans des polémiques nous faisons le constat qu’on va quand même droit dans le mur. Après être cohérent de bout en bout regarde chacun.
Nous n’avons pas la prétention de donner des leçons et nous sommes nous mêmes loin d’être irréprochables. On fait ce qu’on peut. Mais ce n’est pas un créneau musical politiquement correct pour nous, on surfe pas sur la vague écolo pour faire consensuel, on a certaines convictions mais elles sont propres et personnelles  à chaque membre d’Hauméa.
Gojira est très pointu sur le sujet là où certains groupes sont soit disant militant et partent avec 10 semi remorques de Matos et gueulent s’ils n’ont pas leur marque préférée de salade sous vide…


haumea


« I Know Them » (sur sa première partie) sonne très « rock français» dans son approche. Est ce quelque chose que vous voudriez développer à l’avenir car ta voix s’y prête très bien.

Merci je le prends comme un compliment. Nous garderons toujours notre équilibre schizophrène si je puis dire. Donc il faut qu’il y ait de tout et que chaque membre du groupe puisse s’y retrouver, notre identité est là, multiple. Donc on fera du Hauméa sans se soucier de le catégoriser en rock français ou autre et puis la scène modifie énormément la perception des morceaux et abolie les clivages rock métal hardcore punk neo fusion etc etc…

Le Rock d’Hauméa est trés addictif par ces oscillations comme on peut l’entendre sur Sick par exemple, entre des phases planantes et un rock kick ass. Il y a un coté expérimental dans Hauméa mais sans être pompeux. Qu’en pensez-vous ?

C’est une bonne chose merci ! Oui on nous a déjà parlé de cet aspect expérimental c’est assez gratifiant comme remarque. Disons qu’on n’a pas la volonté de révolutionner quoi que ce soit niveau musical on fait notre musique comme on peut, veut et avec les moyens et compétences dont on dispose.
Si ça sonne pas déjà vu tant mieux mais notre vraie volonté c’est d’être sincère et efficace émotionnellement. C’est curieux comme expression mais c’est ce que j’attends de la musique que j’écoute qu’elle  m’impacte immédiatement et de manière addictive.

Qu’attendez-vous de « Leaving » ?

Qu’on devienne la référence française du genre et qu’on ai chacun une limousine pour aller à nos loges… Humour. Qu’il vive sur scène et dans les oreilles des gens, qu’il nous permette de jouer sur des scènes sympas et le plus longtemps possible. Qu’il nous donne une base d’auditeurs qui seront curieux d’accueillir un futur album d’Hauméa.

Comment appréhendez-vous la scène « Metal » hexagonale aujourd’hui (je parle évidement avant l’épisode Covid19) ?

Je ne sais pas quoi te répondre sincèrement, simplement il y a des très bons groupes chez nous on a pas à rougir des USA. Gojira, Lofo, Black Bomb A, Ultra Vomit, Mass Hysteria, Tagada Jones, Sidilarsen, pour ne citer qu’eux car il y’en à tant d’autres et un clin d’œil à Silence Of The Abyss à qui on souhaite le meilleur.

Quels sont vos influences au sein du groupe ?

Me concernant: Depeche Mode (et oui !) Deftones et Rammstein pour : Andy le guitariste Alter Bridge, 36 Crazyfists   et Katatonia. Pour Léa la bassite, Pink, Abba, William Scheller,  pour seb le batteur : Gojira, Deftones et Suicidal Tendencies.

On vous laisse le mot de la fin.

merci à vous de faire la promotion de groupe comme nous, au plaisir de se croiser sur scène et hésitez pas à vous procurer l’ep !!!


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