Among The Living
Interview

Interview de Black Bomb A avec Sam et Poun

Rencontre avec Sam et Poun de BLACK BOMB A

 


Le dernier album date de 2018. 6 ans c’est long, même avec le covid. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?

En 2018 avec l’avant-dernier album, on a tourné un an, ça a enchaîné sur le COVID et le confinement et après quand on a pu reprendre la route, on a commencé à composer, sans trop se mettre la pression, on a un peu traîné. Il y a eu aussi le changement de line-up, tout ça fait qu’on a mis un peu plus de temps que prévu pour écrire et sortir le nouvel album. C’est le nouveau line-up qui nous a donné la motivation pour retourner en studio.

Ce changement vous a permis de donner une nouvelle dynamique et d’apporter du sang frais ?

Hervé était fatigué, ça faisait 22 ans qu’il était dans le groupe, Jackou depuis une dizaine d’années avait un autre projet. BBA c’est une histoire d’amitié, on s’est posé la question de continuer. Relancer un groupe avec de nouvelles personnes ce n’est pas évident, mais l’envie était là. Si on a continué avec le nouveau line-up c’est pour continuer dans l’esprit BBA, évidemment avec de nouvelles choses, mais sans pour autant partir sur tout autre chose. Un changement de line-up ça apporte toujours quelque chose de frais dans un groupe.

La composition du nouvel album c’est fait avec les nouveaux membres ?

Oui naturellement. Sam avait déjà commencé à bosser en posant pas mal de riffs, de structures, de morceaux. Ils se sont vus tous les 3 et se sont enfermés chez Jordan(nouveau batteur), qui fait pas mal de prods, pour bosser. Quand il avait des morceaux qui étaient avancés, ils nous les envoyaient (à Poun et Arno). Et chez nous avec notre matos, on faisait des maquettes.

Comment s’est passée la composition de l’album et son enregistrement ? J’ai cru comprendre que l’album a été enregistré aux studios ICP à Bruxelles et à Paris.

C’est Sam et Jordan qui sont allés à ICP pour bosser les batteries avec le producteur de l’album, Francis Cast. C’était une opportunité grâce à notre maison de disques pour enregistrer la batterie et profiter de l’acoustique et du matos qui est incroyable. ICP c’est un des plus gros studios en Europe (Variété, Metal, Rock). C’était une super expérience mais c’est un coût d’enregistrer là-bas. Notre batteur était ravi, c’était Disneyland pour lui. Et pour l’enregistrement final, on est revenu sur Paris aux studios de Francis Cast, on a fait les guitares, le chant, la basse ; le mix, le tout très condensé.

Si je dis que j’ai trouvé que sur cet album il me semblait un peu plus punk dans l’esprit avec plus de groove par rapport au précédent vous êtes d’accord ?

C’est marrant parce que des gens nous ont parlé de ce côté groove de l’album, et en même temps certains l’ont trouvé plus violent que d’habitude. Les deux sont présents c’est certain. C’est à la fois une conséquence de ce qu’on écoute. ET puis chaque musicien a son style et son identité musicale. C’est sûr qu’entre le Jeu de batterie de Jordan plus groovy et celui d’Hervé plus metal c’est deux écoles, deux styles, donc oui.

Petite nouveauté également ces interludes. J’ai trouvé ça super intéressant, pourquoi ne pas avoir développé cette  idée sur plusieurs morceaux ?

C’est Arno et Jordan qui ont un peu bossé là-dessus. On s’est dit que ça pouvait être un plus pour l’album, par rapport aux morceaux qui sont très cashs, donner du souffle avant de repartir. Et puis c’est l’occasion de donner des sons un peu différents de ce qu’on fait d’habitude, il y a un passage de batterie un peu jungle / C’est intéressant comme travail, tu proposes autre chose sans dénaturer les autres morceaux, sans être artificiel. C’est peut-être une évolution future du groupe. On n’avait jamais essayé cette forme de compo et ça été plutôt bien accueilli.



Le clip Crashboys, avec le mec qui fait du bmx, c’est un hasard ou c’est une volonté de mettre en avant une passion ? Rappeler le côté street du groupe ?

Oui on est attaché à tout ce qui vient de la rue, le BMX, le skate… Le choix du BMX dans le clip c’est qu’on trouvait que ça fonctionnait parfaitement avec la musique. C’est aussi pour faire écho à ce groupe de mecs aux USA qui font du vélo extrême dans la rue. Sans être des porte-drapeaux, on kiff tout ce qui appartient à cette forme de contre-culture. On veut rester connecté aux formes de cultures qui viennent de la rue. On ne le voit pas forcément dans le clip mais les mecs faisaient des trucs de malade, ils nous faisaient des figures de dingue.

1994-2024, 30 ans que le groupe existe.  Et pourtant dans mon souvenir j’ai l’impression de vous avoir vu tourner plutôt fin 90.

94 ou 95, il y a un doute. Après les premières années, on n’a pas fait énormément de date, on a surtout travaillé à construire l’identité du groupe. On a dû travailler 3-4 ans avant de sortir quelque chose. Le 1er ep c’est 99 et le 1er album 2001.

Vous arrivez encore à vous supporter ?

Pas tous (rires) Certains sont partis, certains sont revenus.

Est-ce que ce n’est pas différent pour les groupes qui démarrent aujourd’hui ?

C’est possible, c’est une question de génération. C’est une évidence que tu ne regardais pas les choses de la même manière il y a 30 ans. Tu as beau vouloir programmer ton groupe, ta carrière, au final tu ne sais jamais vraiment ce qui va t’arriver. Avec Black Bomb A on voulait faire de la musique, des concerts et prendre un max de plaisir.

Les évènements marquants

Notre rencontre avec Lofofora qui nous a mis le pied à l’étrier, avec The Exploited et Wattie qui est venu faire un feat, le Hellfest…. Lofo ça nous a propulsé c’est certain. Avec eux on a pu jouer, même si c’était en première partie, devant 400-500 personnes au moins tous les soirs. Pour un groupe comme nous c’était énorme

Et vous avez toujours envie de tourner après 30 ans d’existence ?

Oui on adore ça. Le studio c’est presque la corvée. Dès qu’on joue pas pendant un mois on est en manque, on commence à être chiant à la maison. On est programmé pour être sur la route, malgré la fatigue c’est incroyable de jouer ta musique tous les soirs devant des gens qui apprécient le truc. Et puis les rencontres que tu peux faire. Quand tu rencontres un groupe comme Sick Of It All c’est magique. Les mecs sont cools, ils jouent partout, ils ne se prennent pas la tête. C’est comme les mecs d’Agnostic Front, c’est l’ancienne école dans la mentalité, tu fais de la musique avec des potes, pour le plaisir, et sur scène tu donnes tout.

Quel est votre rapport à la musique et la façon dont on l’écoute aujourd’hui (spotify, deezer, bandcamp…) ? J’ai vu que vous allez rééditer votre discographie en vinyle.

On est conscient qu’on vend moins, qu’on touche moins de monde. Les gens et les plus jeunes aujourd’hui ne consomment plus la musique de la même façon. Ils écoutent plus un album comme nous on écoutait un album du début jusqu’à la fin. Pour le vinyle, c’est une demande du public et puis c’est sympa de redécouvrir pour certains la discographie en physique. En plus on fait plusieurs versions du vinyle, on veut faire de beaux objets.

(Sam) En ce qui concerne notre consommation personnelle, j’achète toujours du vinyle.

Moi (Poun) pas du tout collectionneur ou acheteur, j’attends d’avoir un peu de place à la maison pour le faire.


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