Among The Living
Interview

Interview de Wings Of Steel – Hard Rock Café PARIS

Interview de Wings Of Steel, réalisée le 15 mai 2024 au Hard Rock Café de Paris.


Nouveau venu sur la scène internationale, Wings Of Steel est un groupe indépendant. Formé en 2019 par le chanteur Leo Unnermark et le guitariste Parker Halub, WOS a décidé de démarrer les choses comme elles avaient commencé au début des années 80 pour de nombreux groupes, lorsqu’une fantastique vague de hard rock et de NWOBHM avait déferlé sur l’Europe.
L’un est suédois, l’autre californien, ils se sont rencontrés à Los Angeles où ils étudiaient la musique dans le même établissement. Partageant un amour commun pour le hard rock et le heavy metal des années 70 et 80, les deux amis ont donc fini par fonder le groupe de leurs rêves. Musique épique revisitant ces styles classiques, leur dynamique bluesy, dopée par le registre aigu et surpuissant de Leo, se conjugue parfaitement aux riffs terriblement efficaces et solos incroyablement expressifs de Parker.
Le duo complète sa line-up avec le bassiste Mathieu Trobec, originaire de Belgique, le batteur, Marcel Binder, et un second guitariste franco-suisse, Stephan Bainet. Armé d’un son massif, leur album « Gates of Twilight » sort en 2023. Le mix est l’œuvre d’un français installé à L.A., Damien Rainaud, connu pour son travail avec des groupes comme DragonForce, Baby Metal, Fear Factory et Angra. Leurs chansons tout comme leur performance scénique démontrent une impressionnante maîtrise.


L’autre jour, j’ai écouté, à la radio, une interview sur un groupe indépendant français qui s’appelle Dreamcatcher. Ce serait intéressant de connaître, pour un groupe américain comme vous, les avantages et les inconvénients d’être indépendant ?

Parker : Commençons par les difficultés rencontrées. De nos jours, comme tout est en ligne, cela n’a pas d’importance de savoir qui tu es. Tu peux créer ta propre musique et tu as toute la technologie pour t’auto-produire et tu peux mettre tout ça sur les principaux sites de musique comme Spotify, etc… On bénéficie de cette distribution digitale. Or, le problème majeur, c’est l’argent. Il faut qu’on paye tout nous-mêmes, on doit trouver nos contacts auprès de l’industrie de la musique. On doit aussi essayer de rencontrer des managers, des agences de promotion. Par contre, c’est très difficile d’avoir accès à la radio, il faut trouver un label qui a, en général, des connexions avec la radio. Un autre inconvénient, c’est la distribution. Ça nous prend du temps  de construire notre propre réseau de distribution. Voilà ce sont les gros désavantages.

Leo : Les avantages, en revanche, c’est la liberté d’écrire ton style de musique et les paroles que tu veux. Le second avantage, c’est que tu as le contrôle sur tout ce que tu fais, ce qui représente un énorme avantage.  Même lorsque l’on a organisé cette tournée Gates of Twilight Tour, on a dû tout préparer nous-mêmes. On a fait les réservations  et on est parvenus à réaliser cette tournée : c’est une belle réalisation en soi et, bien sûr, on rencontre quelques difficultés derrière la scène. Tout dépend de nous, cela pèse aussi lourd pour nous.

Parker : Composer la musique et monter sur scène, c’est ce que la plupart des musiciens font mais en plus, on doit jouer les rôles de manager, de distributeur. On doit emballer et envoyer des CDs, par exemple, et aussi envoyer des e-mails. C’est beaucoup de travail mais, tu sais…, pour tout ce que l’on a fait jusqu’à maintenant, je crois en la qualité de ce que l’on fait. Tout ce travail, cela provient de nous.
Leo : C’est comme des parents qui élèvent leurs enfants. On s’occupe de notre groupe de la même façon que des parents s’occupent d’éduquer leurs enfants. On aide notre groupe à grandir à décoller… c’est très cool !

Donc faire des tournées et développer sa créativité sont les deux principaux avantages de votre indépendance. Revenons à votre scène d’origine, à Los Angeles. Est-ce que vous jouez dans des lieux où il faut payer pour jouer ?

Parker : On ne donnera pas de nom mais si tu connais les principaux clubs à Los Angeles, ce sont principalement ceux-là. C’est triste quand tu es musicien, tu te rends dans un club et il faut payer ces lieux juste pour pouvoir jouer sur scène. Ce n’est pas pour ça que tu obtiendras un certain succès. Dans certaines grandes salles de concert,  il y aura une tête d’affiche et tout le monde viendra voir ce groupe. On ajoute huit ou neuf autres groupes qui joueront 20 minutes chacun. Ce n’est pas un bon système pour les artistes.

Leo : Ce que j’aimerais ajouter en dernier, c’est qu’on est obligés de passer par là. Nos premiers concerts, on les a donnés au Whisky A Gogo (ndj : groupe mythique de L.A depuis les années 60). On a dû vendre tous nos billets et faire toute la promo seuls mais si ton show est bien, le club voudra que tu reviennes. Cela veut dire aussi que pratiquement tous les groupes peuvent jouer du moment qu’ils payent l’addition et qu’ils vendent eux-mêmes leurs billets. Ce qui garantit une bonne soirée pour le club, une soirée rentable.

Donc, pour des petits groupes qui ne sont pas en tête d’affiche et ne jouent que 20 minutes, combien de dollars doivent-ils payer ?

Parker : Cela dépend des salles de concert, bien sûr. Des premiers spectacles que l’on a donnés, on a versé 300 $ pour réserver et le jour du concert, on a encore donné 300 $, ça fait un total de 600 $. Le club te donne des billets pour vendre et il vend également des tickets à la caisse.

Est-ce que tu peux nommer des salles de concert où les groupes n’ont pas besoin de payer pour jouer ?

Leo : L’arrière salle du bar ! (rires)

Parker : Dans des petits bars qui te proposeront un contrat en général. C’est plutôt positif : tu as toujours tes billets à vendre. Ou bien on te dit de jouer gratuit et on te donnera une bière ! A L.A.,  il y a tellement de groupes mais beaucoup d’entre eux ne sont pas bons.

Pourquoi rester à L.A. ? Il est vrai que tout le business est là-bas : labels, maisons de disques, managers. 

Parker : Je suis né à LA. Mais les autres membres du groupe viennent de différents pays : Leo, par exemple, de Suède, Marcel d’Allemagne, Mathieu de Belgique. On est un groupe international.

Leo : On s’est rencontrés avec Parker, en 2019, au département de la musique de l’université à Hollywood. C’est à partir de là qu’on a commencé notre groupe, à écrire de la musique. On compose à Los Angeles et en plus, il fait beau !


WINGS OF STEEL - Gates of Twilight


Venons-en à votre dernier album « Gates of Twilight », sorti en 2023. Est-ce que vous avez entièrement produit votre album ou avez-vous eu recours à un ingénieur du son ?

Leo : L’album est auto-produit à 100 %.  On a travaillé avec l’ingénieur du son français Damien.

Parker : On a tout enregistré dans la maison de mes parents. Ils possèdent une maison qui date des années 60. Ils avaient construit aussi une cave car à l’époque tout le monde avait peur d’une guerre nucléaire. C’est dans la région de Los Angeles qui s’appelle Thousand Oaks.

À combien revient le prix de production de cet album ?

Parker : Relativement bon marché. Je crois, que pour le mixage, on a dû payer 5000 $, encore 1000 $ pour le travail artistique et 1500 $ pour la partie enregistrement batterie car la batterie ne pouvait pas entrer dans le studio. Au total pour la partie musique, environ 8000 $. Je n’inclus pas tous les frais de promotion bien sûr.

Et pour payer tous ces frais, devez-vous travailler en dehors de la musique ?

Leo : On essaie de se concentrer sur la musique uniquement mais on a eu des jobs auparavant. Maintenant, je donne des cours de chant et Parker donne des cours de guitare.

Parker : On investit tout dans la musique et bien sûr on reçoit, en contrepartie, de l’argent lorsque les gens achètent les CDs.

Leo : Tout l’argent circule au sein de du groupe.

Cherchez-vous à être signés par un label ou finalement préférez-vous rester indépendant ?

Leo : Ce serait formidable d’avoir un manager. Je pense que l’on pourra rester indépendant tant que cela fait sens, ça reste la meilleure option pour le groupe.

Parker : Le plus important, c’est que nous ayons la liberté d’écrire la musique, de réaliser les meilleures chansons qui soient et de contrôler la quantité suffisante de ressources pour le faire correctement.

Leo : Tant qu’on peut faire comme cela et avancer, cela nous convient.

Parker : Bien sûr, avec un manager, il faudrait que ça lui convienne aussi mais peut-être qu’un jour on obtiendra un bon contrat avec un label.

 

Demandez à Olivier : il ferait un très bon manager !

Leo : Il serait formidable !!! Oh my god !

Qu’écoutiez-vous comme musique quand vous étiez enfant ou adolescent ?

Leo : J’écoutais beaucoup de blues car mon père écoutait beaucoup de blues, alors que ma mère était plutôt dans le heavy metal. A l’adolescence, du blues, je suis passé à l’écoute du hard rock des années 70. Quand j’avais dans les 20 ans, j’allais surtout à des fêtes où on écoutait du heavy metal, du glam. Je me suis mis aussi à écouter Iron Maiden, Judas Priest, Diamond Head, Anthrax, Slayer et beaucoup d’autres groupes.

Parker : Mes parents n’écoutaient pas spécialement de la musique. Quand j’ai commencé à écouter de la musique comme Journey, j’avais 7-8 ans. A l’âge de neuf ans j’ai découvert Metallica. Entre ces deux groupes, il y a tous les éléments que j’aime vraiment dans la musique et mes goûts musicaux se sont alors développés depuis-là. C’est toujours un choix difficile car il y a tellement de groupes.

Quel groupe a vraiment lancé le désir, en vous, de chanter, de jouer de la guitare ?

Parker : Des groupes que j’aime vraiment aussi, c’est Whitesnake, Iron Maiden, Black Sabbath, Rainbow, Dio, Diamond Head.

Leo : Il y a tellement de groupes qui nous unissent ! Ceux qui ont vraiment allumé l’étincelle chez moi, qui m’ont incité au chant, c’est Ronnie James Dio car il est énorme, Steve Lee (Gotthard), David Coverdale de Whitesnake, ce sont vraiment des chanteurs qui m’ont inspiré.

Demain, jeudi 16 mai, c’est votre premier concert en France aux Etoiles à Paris. Quelles sont vos impressions, vos attentes ?

Parker :  Nous sommes super excités à l’idée de jouer devant le public parisien. Jusqu’à présent, nous avons réalisé de bons shows au cours de cette tournée. Je pense que c’est un show très spécial et qu’il y a beaucoup d’interactions et de bonnes vibrations avec ce public-là.

Leo : Je pense que c’est très particulier, je pense que ce spectacle va être spécial. Nous sommes très enthousiastes à l’idée de leur présenter notre musique.

Des projets après la tournée actuelle ?

Leo : Nous poursuivons une tournée aux États-Unis pour le dernier trimestre de l’année 2024. Ensuite, nous allons composer un nouvel album pour début 2025 et nous reviendrons certainement en France !


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