Entretien avec Alexis, Jean Noël et Christophe du groupe Mortuary
Interview réalisée au Muscadeath le 21 septembre 2024
Par Martine Varago
Présentez-vous à tous ceux qui ne vous connaissent pas.
Alexis Baudin : Je suis guitariste pour Mortuary depuis 1994.
Jean Noël Verdeck : Bassiste, j’ai formé le groupe en 1989 avec le chanteur Patrick Germonville.
Christophe de la Poteche : j’ai rejoint Mortuary pour la première fois en 1996 et on a enregistré un album Heredicate (1998) ensemble. Je suis parti dans d’autres directions, puis je suis revenu cette année après 25 ans d’absence.
Depuis 1989, cela fait une sacrée durée de vie pour un groupe et sûrement beaucoup de tournées. Avez-vous créé des affinités particulières avec certains groupes ?
Jean-Noël : Bien évidemment. C’est avec la majorité des groupes que l’on s’entend généralement bien. Outre les groupes que l’on retrouve plusieurs fois dans les festivals, par exemple, et au bout de certaines rencontres, il y a des affinités qui se créent. On a beaucoup de sympathie pour un groupe proche de chez nous Deep Inside qui est de Nancy et que l’on adore.
Alexis : Et on avait aussi tourné avec des groupes internationaux comme Vader (ndj : groupe de death metal polonais) avec qui on s’est bien entendus. On avait fait une tournée en bus d’une dizaine de jours.
Jean Noël : Un groupe chilien également qui s’appelait Disaster Natural avec qui on avait tourné à Cuba en 2013. On a gardé d’excellentes relations avec eux. Le guitariste est venu en France et il a enregistré un solo sur l’un de nos albums. Voici un bel exemple d’amitié qui s’est créée entre deux groupes. C’est la magie de la musique !
Je reviens à ce que sur ce que tu as dit Christophe. Pourquoi est-ce que tu es revenu dans le groupe après 25 ans d’absence ?
Christophe : J’habitais à l’étranger et je suis revenu en France fin 2019. J’ai renoué contact avec mes anciens potes de Nancy et quand Gauthier est parti et après discussion cela nous a plu que je reprenne le flambeau à la guitare.
Alexis : Cela s’est fait assez naturellement. Gauthier a décidé de partir. Il continue avec son groupe de prédilection Merciless. Christophe est arrivé et nous a déclaré son envie de refaire du metal avec nous.
Jean-Noël : Cela tombait bien car Gauthier s’en allait et on connaissait le sérieux de Christophe donc on a accepté naturellement. On est très contents de son retour !
Comment avez-vous pu jouer à Cuba car c’est un pays plutôt fermé ?
Alexis : C’était préparé un an à l’avance et c’est une connaissance qui vivait là-bas.
Jean-Noël : C’est David Chapelet en fait qui a déménagé à Cuba et il organisait une tournée itinérante deux fois par an en février et en août. Il nous a contactés : nous y étions sept à huit groupes de nationalités différentes à chaque tournée : des Français, des Belges et des Suédois. David s’occupait de toute l’organisation, de la logistique et des réservations des lieux. On est donc partis en 2013 à Cuba au Brutal Fest et cela reste un souvenir incroyable !
Alexis : À chaque date de concert jouait également un groupe local de metal comme Combat Noise.
Parlons d’un tout autre sujet. Les métalleux adorent exhiber leurs tatouages mais on n’en voit aucun sur vous. Ou bien cachez-vous vos tatouages ?
Christophe : Si, j’en ai ! Je les ai fait faire au Brésil justement. Ils représentent des éléments de la culture brésilienne du Nordeste et plus précisément de Recife comme des personnages traditionnels du carnaval et celui-ci (exhibant son mollet gauche) représente un agent protecteur du Brésil. Les gens ont tous cette représentation en bois devant leur maison pour protéger des mauvais esprits. Le spiritisme est très fort là-bas.
Grâce a ton tatouage tu te sens protégé ! (Rires) Ce sont des souvenirs de la vie dans un lieu de passage. Et toi Jean-Noël ?
Jean-Noël : Je n’en ai pas parce que je n’ai pas eu d’idée pour en faire réaliser. C’est tellement personnel un tatouage qu’il faut vraiment trouver quelque chose qui plaise. Je suis aussi de l’ancienne génération ! (Rires)
Les tatouages sont devenus à la mode depuis plusieurs années. Voilà mon explication mais j’aime beaucoup regarder les tatouages.
Oui, le tatouage Malabar que l’on a connu dans notre enfance ! Et à ton tour Alexis.
Alexis: J’avais un pote qui faisait des tatouages et un jour, il m’a tatoué dans son garage. Cela représente un espèce de virus. On l’a aposé sur le troisième album de Mortuary. C’est devenu un peu grossier car là, l’encre a été bue par la peau. J’aimais bien le motif et je voulais que cela me rappelle cette époque avec le groupe. Mon pote était disponible et il testait des trucs. J’ai fait le cobaye avec plaisir.
Vous amorcez le travail d’un prochain album. Pouvez-vous dévoiler la direction de ce futur LP ?
Jean-Noël : Cela va dans la continuité des précédents albums, une thématique parlant de la surconsommation.
Alexis : Il y aura un peu plus de fiction dans les textes, sur la manière d’imaginer comment sera le monde avec l’évolution que l’on connaît. Par exemple, dans le dernier album, on a un morceau qui évoque la violence envers les femmes et c’est très bien d’en parler. Pour le processus de composition musicale, chacun apporte la sienne, enregistrée dans un fichier. On les écoute et on retravaille ensemble sur ce qui nous plaît et nous plaît pas.
Jean-Noël : Alexis a pas mal d’idées. Il enregistre et nous les envoie.
Christophe : On travaille beaucoup à distance.
Alexis : Depuis le Covid. D’autant plus qu’on n’habite pas tous la même région : Nancy, Lyon et Paris. De temps en temps, on se fait un gros weekend quand on a plein d’idées et de choses à travailler. On a de la ressource et des idées en train de grandir ! On peut faire beaucoup d’enregistrements chez nous avant d’envoyer une démo au mixage en studio. On retournera peut-être au studio Hertz. Quant au niveau son, on aimerait bien que cela sonne plus organique, plus sauvage, un son plus brut.
Christophe : Rendre une musique complexe avec dynamique, harmonie et des passages à une vitesse plus lente jusqu’à une vitesse très rapide permet de rendre le morceau plus vivant.
Avez-vous des informations complémentaires à ajouter avant de nous quitter ?
Jean-Noël : On prépare une surprise pour 2025, voire pour les fêtes de cette fin d’année avec des invités qui ont déjà joué dans Mortuary. Cela va être sympa pour les fans. C’est quelque chose qui nous tenait à cœur. Il y a un titre pour cet album mais on ne peut pas le dire ! (rires)




