Among The Living
Interview

Rencontre à l’Auditorium de Saint-Ouen avec Western Machine

Entretien avec la tribu Western Machine

Par Loïc Stephan & Olivier Gestin

Le 11 Mars 2021, nous allions à l’Auditorium de Saint-Ouen rencontrer une machine pas si à l’ouest que ça. Une machine qui pue, le trio s’en vante lui-même mais qui pue les bonnes odeurs. C’est là qu’ils sont fort en fait ! Le son est gras, sale ce qu’il faut, suant d’un esprit garage mais sans s’y réduire, les compositions solides, l’album vous emmène dans un voyage finalement très visuel où les cuivres finissent de vous transporter dans un ailleurs bien agréable.
En attendant de vous plonger dans sa musique, faites plus amples connaissances avec le trio, son histoire, ses influences, ses avis sur Benjamin Biolay, Miles Davis, les BB Brunes, Bob Marley, Duke Ellington et plein d’autres choses ! Short Cuts le dernier album du trio Western Machine sort le 14 Mai 2021.
 
Western Machine

 
ATL : Quelle est l’origine du groupe ? Quelle transition y a-t-il eu entre la première formation et celle-ci qui est sur le 2eme album ?
 
Seb : Il n’y a pas eu que deux formations. Le groupe est né en 2014, à l’initiative de François et moi. On a joué dans différents projets ensemble, je joue aussi dans un autre groupe avec ma femme, un groupe qui s’appelle Rikkha dans lequel François a joué, on a fait beaucoup de cabaret ensemble, un autre groupe aussi, Merci Madame, on en a fait plein, et puis j’avais envie de reprendre le chant, d’être un peu plus lead dans les projets et au début avec François, on s’est dit qu’on allait faire un simple duo, à la Flat Duo Jets ou White Stripes. Un truc guitare batterie. On a commencé à répéter tous les deux et …c’est très dur le duo [Rires]. Ca demandait beaucoup d’énergie de ma part, être capable de chanter et tenir la guitare rythmique et soliste à la fois. A un moment, on s’est dit, on rajoute une troisième personne. Au départ, c’était un bassiste qui s’appelait Olivier. On a commencé à travailler tranquillement, on faisait un peu de reprise, puis on a lancé le projet.
 
François : On a un peu enregistré avec lui. Deux titres du premier album.
 
Seb : Oui, on a enregistré deux titres en 2015, on a enregistré un 45 tours. En fait, j’ai un label qui s’appelle Bullit Records. Ca a permis aussi de lancer le label. Le bassiste n’est pas resté, pour des raisons personnelles, cela n’est pas une question d’entente, on s’entendait bien.
 

Agathe : C’est pas ce qu’il m’a dit [Rires]


Western Machine


Seb : On a pris une autre bassiste qui était Marion et on a enregistré le premier album qui est sorti en 2016. A partir de là, c’était parti, on a tourné un peu, c’était vraiment sympa et au moment de la préparation du deuxième album, Marion était encore avec nous, elle a commencé à enregistrer avec nous l’album, et à un moment, d’elle-même, elle a dit qu’elle voulait faire une pause dans son aventure musicale, qu’elle se concentrait plus sur le Drag King, parce qu’à côté elle se travestissait en homme et même sur scène avec nous elle était en homme.
 
François : C’est Jesus La Vidange
 
Seb : Donc on s’est retrouvé à nouveau tous les deux. On a annoncé de manière publique que Marion partait, on a mis une annonce, et dès le lendemain, il y a eu une bonne amie…
 
Agathe : Attention à ce que tu dis ! [Rires]
 
Seb : Une fille exceptionnelle, une bonne amie, Agathe qui appelle et qui nous dit « vous cherchez une bassiste », « ah mais tu sais, c’est pas facile de rentrer chez nous, il y a une audition, tu veux vraiment percer dans le show business, tu es sûre ? Est-ce que tu couches ? Tu es prête à faire des extras » [Rires]
 
Agathe : Tu as plus le droit de dire ça.
 
Seb : On a fait un essai une fois et on a dit « allez, on y va ». On en a profité pour terminer cet album qui était encore en chantier, il y avait pas mal de voix, les basses étaient enregistrées par Marion, on les a gardées quand même et Agathe nous a rejoint en cours de projet et elle est venue poser les voix qu’il fallait finir parce que l’on met de plus en plus de chœur dans la musique. Depuis il y a le covid qui est arrivé, on a terminé l’album entre temps.
 
François : Le dernier concert qu’on fait, c’était le 14 Mars [2020].
 
Agathe : Mon premier et dernier concert.
 
ATL : Il y a une vidéo qui circule.
 
François : Oui, il y a une vidéo sur Youtube. « She’s Hot »
 
Seb : On est très content.
 
François : C’est une rockeuse comme on en voit peu.
 
ATL : Cela ne doit pas être évident de trouver quelqu’un aussi rapidement, il faut que cela colle humainement.
 
Seb : Tout à fait. C’est d’ailleurs le premier critère…
 
Agathe : C’est un peu dur quand même [Rires]
 
Seb : …j’estime que la technique c’est rien en fait et ce n’est pas une critique, quand on a l’énergie, l’envie. On ne fait pas du jazz, donc ça va. C’est l’efficacité.
ATL : Pour parler du nouvel album, la production est différente du précédent, avec un son plus propre, plus sophistiqué.
 
François : Le premier était plus brut. On a pas enregistré dans le même studio.
 
ATL : Est-ce que vous avez fait appel à d’autres personnes ? Est-ce que vous vous êtes entourés différemment ? Vous avez utilisé les mêmes instruments, les mêmes amplis ?
 
François : Ce n’était pas le même studio, la batterie n’était pas la même, les guitares sont les mêmes, les amplis à peu prés.
 
Seb : Il y a des évolutions de pédale et de son au fur et à mesure de l’évolution du groupe. Après, dans la méthode de production, oui, on a travaillé différemment, on a l’habitude d’aller enregistrer dans un endroit précis à Montreuil qui nous convient bien où l’on a un très très bon son et où l’on avait eu de bonnes expériences sur d’autres projets. Après, dans le mix, cela s’est fait un peu en fonction des moyens. A côté de ça, je suis ingénieur du son aussi, réalisateur, etc, donc je me suis permis de mixer l’ensemble du truc et on a senti qu’il y avait un premier titre qui se détachait du projet, un titre que François chante, et on s’est dit « Allez on paye ». Moi j’avais des connaissances parce que j’ai déjà tourné pas mal aux Etats-Unis donc rencontré pas mal de pontes du son et du métier là-bas. J’ai envoyé le morceau à Los Angeles à un cador qui s’appelle Rob Beaton qui a écouté et qui a adoré le morceau et comme on avait pas les moyens de faire tout l’album, il a fait un mix sur un premier titre, « Going Back To Hollywood ». On était ravi, enchanté du son qu’il nous avait fait. J’ai mixé le reste de l’album moi-même en gardant à l’oreille ce que lui avait fait, un peu comme ligne directrice ce qui m’a permis d’orienter le mix de manière un peu différente, c’est mieux produit, on a passé énormément de temps et enfin pour finaliser l’album, on a fait appel à ce même ingénieur du son pour faire le mastering.
 
ATL : Intéressant du coup comme démarche.
 
Seb : Si j’avais les moyens, je lâcherai le mix de l’album complet. C’est une question financière.
 
ATL : Par rapport au saxophoniste et à la trompette, c’est un peu plus intégré dans les compositions que dans le premier album, donc vous avez intégré ça davantage comme les chœurs ?
 
Seb : Bon, Matt le saxophoniste n’est pas là pour expliquer son rôle, Matt c’est un peu LE saxo du rock indé nord-est parisien, il joue dans énormément de projets. Au début, on s‘est dit, on l’intègre pas de manière fixe parce que c’est compliqué de trouver des dates où il est disponible. Donc nous, on veut pouvoir quand même travailler à trois, le projet se présente vraiment sous la forme d’un trio mais le quatrième est quand même vachement là et au final les meilleures dates qu’on a faites en live, c’était avec lui.
 
François : Il nous pique la vedette.
 
Seb : Il nous pique la vedette, il est beau comme un dieu.
 
ATL : En fait, il n’est pas en retard, vous ne l’avez pas invité [Rires]
 
Seb : Au final, on s’est dit autant l’intégrer de plus en plus et même lui écrire carrément un morceau pour lui.
 
ATL : Donc dans cet album-là, on va l’entendre plus souvent ?
 
Seb : Oui.
 
ATL : Et comment vous allez gérer ça en live, s’il n’est pas forcément présent ?
 
François : Il y a certains titres qu’on ne joue pas.
 
Seb : On a quand même pas mal de titres qui marchent sans ce qui nous permet d’avoir un set totalement crédible.

“La France n’est pas un pays de musique, c’est un pays de chanson. Une fois que tu te mets ça dans le crâne, tu comprends tout. on a toujours pas digéré Gainsbourg, c’était trop fort(…)”

 
ATL : Sur la pochette, il y a plusieurs personnages, Frida Kahlo, Johnny Cash, Bruce Lee, Elvis, Jim Jarmusch pour en citer quelques-uns. Ces gens-là, ils représentent tous quelque chose pour vous ? Quel est le lien entre eux pour vous ?
 
Seb : Là, c’est une démarche assez personnelle que j’ai eue avec l’artiste qui a fait ces portraits qui au départ m’offre un 40 x 60 d’autres portraits, il y a des portraits qui sont sur le disque. Je me dis que cela serait trop bien de faire ça mais en précisant la chose, en ne prenant que des personnages qui sont des vrais indépendants pour moi. Il y a des outlaws aussi dedans, des personnages que les gens ne vont pas forcément reconnaître et qui représentent des esprits indépendants, en tous les cas des esprits qui représentent dans la fiction – il y a des personnages de film – ou dans la vie réelle des personnages qui apportent un peu une vision un peu plus ouverte.
 
Agathe : On peut peut-être dire son nom à l’artiste ?
 
Seb : Oui, oui. C’est Tristam. Tristam qui était un des premiers punks parisiens, il a été le premier groupe de punk signé chez Barclay en 77 avec les Guilty Razors, signé sur une simple cassette de répét’ par Eddie Barclay lui-même. Bon, après, c’est tombé un peu, c’était l’époque où ça se défonçait comme des porcs, avec Taxi Girl. Ils ont fait beaucoup les cons, le groupe a fini par mourir et lui, en revanche, a fait un tube derrière, « Je suis de bonne humeur ce matin », avec lequel il a encore fait plus la fête. [Rires]. Il a essayé d’en faire d’autres. C’est très compliqué en France de faire un tube. Tu fais un tube, après ça, tu es mort.
 
Agathe : Faites gaffe. [Rires]
 
Seb : Il ne faut pas faire de tube ! J’ai mon bureau à Montreuil et c’est mon voisin donc on se voit souvent.
 
ATL : Ce n’est pas la même personne qui a fait la pochette du premier ?
 
Seb : Non. La pochette du premier, c’est un pote d’archi à moi qui a arrêté l’architecture et qui s’est mis à la BD. Et c’est lui qui a fait le clip [NDLR : de Going Back To Hollywwod].
 
ATL : Pour le clip, il avait carte blanche ou vous l’avez guidé ?
 
Seb : Je vais dire comment il s’appelle déjà, il s’appelle Laurent Zimny [NDLR : alias Big Zim]. On a fait le scénario ensemble. On a fait un premier découpage ensemble, hors dessin. On a fait un premier chemin de fer et après ça, il a tout redessiné.
 
François : On est parti à partir du texte, Seb m’avait donné un thème pour une histoire, c’est moi qui ai écrit le texte de la chanson, c’est une histoire qui se passe à Hollywood, à Las Vegas et le clip raconte l’histoire.

Western Machine


ATL : L’écriture des textes et de la musique, comment cela se passe entre vous ?
 
François : Les textes, c’est Seb surtout, sauf Hollywood, les compositions, c’est un travail commun, ça part d’un riff de guitare, ça dépend.
 
Seb : Il n’y a pas de compositions qui arrivent direct, genre « maintenant, on fait ça ». Bon Agathe, comme elle a attrapé le truc en route, on la tape encore, mais après, on la tapera plus [Rires].
 
ATL : Ce n’est pas vrai, #metoo !
 
Agathe : Mais euh ! [Rires]
 
ATL : Vous vous référez à Grand Funk Railroad, ZZ Top, Cream, des trucs plutôt aux origines du metal, il ne manquerait pas un peu de Cramps et de références punk ? [Elles sont indiquées dans le dossier de presse]
 
Seb : Les références, ce n’est pas moi qui les ai énoncées. C’est Jean-Eric Perrin à qui on a demandé d’écrire un texte de présentation de l’album donc ce sont les références qui lui ont parlé à lui. Moi au départ, je suis un énorme fan des Cramps. Il y a un côté garage qui est assez présent
 
ATL : Qu’est-ce que vous avez comme vision de la musique actuelle ? Est-ce qu’il y a des nouveautés qui vous ont excité ?
 
Seb : En France ou dans le monde ?
 
ATL : N’importe où.
 
Seb : Parce qu’aujourd’hui, il faut réussir à sortir de notre vision franco-française parce que la France elle va pas très bien musicalement. On en est à célébrer des artistes de l’année dans une période apocalyptique où on devrait tous fermer notre gueule. On en est, pour les major company, à parier sur les quatorze seize ans et à oublier complétement qu’il y a un public qui remplit des salles énormes pour aller voir Nick Cave, pour aller voir des festivals, pour aller au Hellfest, sur une musique qui n’est pas du tout mise en lumière sur la France. Ce qui n’a absolument rien à voir à l’étranger. Est-ce que cela veut dire que la musique va mal ? La musique va très bien au final, il y a des publics pour tout, pour tous les styles. Je pense à la Suède, il y a des groupes super qui sont en train d’émerger, les Viagra Boys qui est vraiment un super groupe. Amyl and the Sniffers [NDLR : Australiens]. Les Sleaford Mods qui mélangent un peu cet esprit rock, mods avec du hip hop et de l’électro. En France, je pense qu’il y a pas mal de projets qui tendraient à percer mais on les entend pas et pourtant quand on va sur facebook, on voit qu’il y a 10 000 groupes, des trucs qui sont super mais on sait pas trop. C’est très difficile d’avoir un avis sur la production actuelle et même nous comment nous positionner par rapport à la possibilité d’une réussite parce que c’est quand même ça qu’on veut. C’est intéressant parce qu’il y a quinze jours, on a reçu en répétitions comme on le fait avec vous, le rédacteur en chef de Rolling Stone et on a parlé de ça, exactement. Dire « est-ce que le rock est mort ? Qu’est-ce qu’il se passe ? ». On partageait en fait un avis vraiment commun. Le rock se porte super bien, simplement actuellement, les gros media ont décidé qu’il n’y avait pas de rock que c’était que soit hip-hop ou soit pop à la Biolay ou Luciani qui sont d’une chienlit finie, c’est mal fini. En plus ils travaillent mal ces gens-là, c’est un vrai problème pour nous aussi. Nous on fait de l’artisanal mais on finit bien, on fait des broderies quand même. Pas eux. Eux, ils s’en foutent.
 
ATL : Ceci dit, La France n’a jamais été très rock, on a eu quoi ? De Caunes qui a fait quelques émissions. Et les labels est-ce qu’ils prennent le risque ? Les signatures ?
 
Seb : Il n’y en a pas. Il n’y pas de major company qui signe un groupe [de rock], cela n’existe pas.
 
François : Il y a eu les Shaka Ponk, Skip The Use. Il y a eu les BB Brunes qui au début étaient un groupe de rock et qui ont fini par faire de la soupe.
 
Agathe : C’est vieux les BB Brunes.

Western Machine


ATL : En France, on est pas les rois du rock quand même.
 
François : C’est ce que disent les anglais [Rires].
 
Seb : La France n’est pas un pays de musique, c’est un pays de chanson. Une fois que tu te mets ça dans le crâne, tu comprends tout. Tout est chanson et même le hip-hop au final, c’est de la chanson. On veut des paroles qui nous parlent, on veut qu’on nous récite des poèmes français. Premièrement. Et deuxièmement, on a toujours pas digéré Gainsbourg, c’était trop fort, c’était un alliage parfait entre une musique qui était dans son époque et un personnage un peu sulfureux. Mais les groupes rock, non, ça finit mal.
 
ATL : Pour revenir sur le nom du groupe, Western Machine, c’est parce que vous êtes vraiment vraiment à l’Ouest ? [Rires]
 
François : C’est vrai que les influences de la musique sont plutôt américaines, plus américaines qu’anglaises et Seb et moi de mon côté, on a beaucoup tourné là-bas. On est bien imprégné de la culture.
 
Seb : Un petit côté enfantin aussi. Jouer aux cow-boys et aux indiens. Après, c’est un nom de groupe qui marche dans le monde entier. Tu peux le dire en français, en anglais, c’est la même chose.
 
Agathe : Et ça positionne bien le style de musique aussi.
 
François : On joue beaucoup pour les bikers, on joue pour les Hell’s Angels. Les bikers adorent la musique qu’on fait, les punks aussi.
 
Agathe : J’ai trouvé, en fait il faut plus dire rock, il faut dire un groupe énergique.
 
ATL : Un groupe de musique amplifiée. [Rires]
 
François : Moi je dis rock’n’roll. Rock, il y a un côté un peu ringard… « un groupe de rock ». Rock’n’Roll, cela nous correspond plus parce qu’on a des racines dans le rockabilly.
 
ATL : Même Motörhead.
 
François : C’est une des influences.
 
Seb : L’intégrité du personnage !
 
François : On a un morceau sur le premier album qui est un hommage à Lemmy.
 
ATL : Quel objet amèneriez-vous sur une île déserte ?
 
Seb : Ah, c’est pas un album, en général, c’est un album.
 
ATL : C’est la question d’après.
 
Agathe : Un godemichet.
 
ATL : Pas ta basse ?
 
Agathe : Non, je peux en fabriquer une je pense.
 
Seb : Avec des cordes en liane [Rires]. Moi, une guitare sèche.
 
François : Une petite batterie portable.
 
ATL : L’album que vous emmèneriez sur une île déserte ?
 
Agathe : London Calling des Clash.
 
Seb : Alors, moi, il y a un album qui reste toujours sorti chez moi parce que je l’écoute au moins une fois par semaine, c’est Uprising de Bob Marley qui pour moi est le meilleur album du monde. En production, en qualité musicale, en message, en positivité, il est incroyable cet album.
 
François : Cela serait un vieil album de Duke Ellington. Tout ce qu’il a fait dans les années trente. Un album qui s’appelle Jazz Cocktail, c’est vraiment magnifique, c’est du rock’n’roll.
 
Seb : Duke, c’est un modèle.
ATL : On a peut-être un bout de réponse mais quel artiste vous a donné envie d’être là où vous êtes musicalement ?
 
François : C’est les Beatles. Après, il y en a plein, mon père était chef d’orchestre, j’ai commencé par le jazz mais vraiment, mon premier coup de cœur rock, c’est les Beatles.
 
Seb : Un des artistes qui m’a profondément transcendé, c’est Miles Davis. Il y a une musicalité, j’ai jamais entendu quelqu’un jouer aussi bien. Il y a un documentaire sur Netflix sur Miles, il est incroyable, il arrive à transcender la musique au-delà de la technique, c’est fantastique.
 
Agathe : Moi, c’est difficile, j’ai fait un groupe assez tard, par contre, ce qui m’a marqué adolescente, c’est les Clash et les Stray Cats.
 
ATL : Donc Agathe, avant tu n’avais pas vraiment joué dans un groupe ?
 
Agathe : Si, si. J’ai une basse depuis que j’ai dix-sept ans, j’ai pas fait vraiment de groupe, j’ai fait un groupe à trente-six ans. J’aurais adoré faire un groupe avec mon mari mais lui, il était branché contrebasse. J’aimais pas jouer dans mon coin, je reprenais la basse tous les un ou deux ans. Après, la contrebasse, c’est vraiment un instrument qui me parle, que je trouve sensuel, il y a un putain de son. J’ai essayé mais avec des cordes en acier…on a changé les cordes mais voilà. Bon au moins maintenant, je sais les cordes qu’il faut [Rires].
 
ATL : Actuellement, au vu de la situation, vous êtes plutôt en répétitions pour être prêt à enchaîner tout de suite sur des dates ?
 
François : Oui et on prépare un live.
 
Seb : On enregistre en vidéo mi Avril. Pour diffuser un peu ce que l’on fait. Profiter de l’opportunité de la vidéo qui se met en place, c’est pas idéal non plus.
 
Agathe : C’est aussi déjà se voir, se faire du bien.
 
François : Cela permettra de montrer le groupe en situation de concert et d’avoir une carte de visite. Et oui, on travaille de manière à être dans les starting blocks pour pouvoir partir. On est opérationnel du jour au lendemain. Déjà, se retrouver une fois par semaine, jouer ensemble, en groupe !
 
ATL : Est-ce que vous voulez ajouter quelque chose ? Un mot de la fin ?
 
Seb : En mot de la fin, ce que j’espère, c’est que cette crise va faire renaître le besoin de tout le monde, je crois que c’est un besoin qui est vraiment inhérent et très présent, de retrouver la rencontre, apprécier les choses artisanales, la musique vivante. On parle beaucoup de cette crise covid mais la culture, elle a pris un pet depuis plusieurs années. On parlait avec un copain et il disait et cela correspond à peu près à l’arrivée de Sarkozy au pouvoir. Ce que fait ressortir cette crise c’est que l’on a envie un peu de retrouver le goût des choses. J’ai même aussi d’autres amis qui aujourd’hui s’en veulent d’avoir refusé d’aller voir des amis en concert, ils disent « pourquoi j’y suis pas allé en fait ? Parce que j’étais fainéant ». On s’en foutait en fait de la musique, cette crise on la vit depuis longtemps d’une certaine manière. Combien de personnes ont joué devant des salles vides et des terrasses remplis depuis qu’on peut plus fumer à l’intérieur ? En France, tout le monde fume, donc c’est pas compliqué, tu dis que tu ne peux pas fumer dans la salle, tout le monde reste sur la terrasse, à boire des bières et il n’y a personne dans la salle. J’espère qu’on va réapprécier enfin la performance humaine et la rencontre parce qu’un live, c’est ça. On avait oublié ça avant et c’est pas la covid qui est la cause, c’est nous-mêmes le problème.

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