Among The Living
Interview

Rencontre avec Jonathan Lino de SPHERES

Nous avons rencontré Jonathan Lino, chanteur/guitariste et créateur du groupe SPHERES. Il nous parle (entre autre) de leur dernier album Hélios.


SPHERES


Bonjour ! Je vais te demander de te présenter ainsi que ton projet.

  • Je m’appelle Jonathan Lino et je suis le chanteur et guitariste d’un groupe de métal prog qui s’appelle Spheres , avec une écriture à l’anglo-saxonne sans accent et au pluriel. J’ai fondé ce projet en 2017. Au préalable j’ai joué dans des groupes de métal et de rock prog et finalement j’ai eu envie de corréler l’ensemble pour faire un groupe de métal prog. Donc en 2017 j’ai commencé à écrire des morceaux, des idées et comme je suis ingé son, j’ai un studio à la maison assez bien équipé. J’ai rencontré des musiciens qui étaient intéressés et on a monté Spheres.
    On a sorti le premier album en 2019, Iono, qu’on a eu la chance de pouvoir défendre en live en France mais aussi en Belgique, en Hollande et dans les pays limitrophes. Puis on s’est tous pris la grosse branlée que tout le monde connait. Ça m’a laissé le temps de me remettre à composer. Comme beaucoup de groupes on a subi des remises en question et des changements de line-up. Jess, super batteur, nous a rejoint à la batterie et Clémence à la basse.
    Je leur ai montré les maquettes que j’avais et ils étaient enthousiastes donc on a fait les arrangements et en janvier 2021 on avait fini l’enregistrement.
    M&O music nous a pris pour la sortie de ce nouvel opus qui va sortir le 23 septembre. On a déjà quelques dates de concerts de confirmées dont ici (Feelgood) le soir même de la sortie puis à Liège le 1er octobre. On sort le 2ème clip le 12 octobre. La grosse release party sera à l’International avec Synapse et Alfheim le 29 octobre.
    D’autres dates se profilent sur 2023 en France, Allemagne, Suisse, Hollande…

Tu viens de répondre à presque toutes mes questions ! (Rires) Donc le covid aurait été plutôt bénéfique pour toi ? Ce repos forcé a-t-il été propice à la composition ?

  • Non ! Absolument pas ! Il ne faut pas confondre isolement et confinement. Là c’était assez déprimant. En fait ça s’est plutôt décanté entre fin 2020 et début 2022.


Le fil rouge, tu dis que c’est le prog mais c’est plus que ça non ? tu as des influences que tu revendiques, jusqu’aux Musclés d’ailleurs (rires). Mais cet album laisse davantage de place aux claviers, c’est plus aérien je trouve. Je trouve que vous avez pris de la hauteur en comparaison avec Iono qui était plus brut et terre à terre, non ?

 

  • J’ai beaucoup écouté les critiques liées à notre premier album, autant les positives que les négatives. Et concernant le négatif, on nous reprochait un certain manque d’une direction artistique claire. Je l’ai bien entendu et du coup on a décidé pour Helios de se fixer des objectifs clairs, en l’occurrence d’avoir toujours quelque chose de métal mais en même temps de l’accentuer. Du coup l’album peut en effet paraitre plus abouti et plus mature.
    Et en fait le prog ce n’est pas un genre mais un outil, une structure où un chapitre en amène un autre et ainsi de suite. On peut faire du jazz prog, de la pop prog, du rock prog, du métal prog…


spheres


Alors même si c’est structuré, vous avez gardé ce côté chaotique « salade, tomates, oignons » comme tu dis, et qui est surtout lié à ton chant qui dégage une certaine folie car on t’attend et en fait tu surprends toujours. C’est mon ressenti mais qu’en penses-tu ?

  • Alors je n’ai pas composé tous les morceaux de l’album et c’est un projet de groupes qui ne pourrait pas aboutir si je n’étais pas aussi bien entouré. Dans ma manière d’écrire, je fonctionne comme ça : j’ai un sujet, parfois même un titre, qui peut changer bien entendu, et de là je n’écris pas de texte mais de la musique. Et je vais me laisser emporté par mes émotions. Et une fois que j’estime avoir une structure viable, je l’envoie aux autres. Et eux ont tout le talent pour apporter des arrangements qui défoncent. Et là seulement je vais commencer à écrire les paroles, attachées à la rime.
    J’envoie du coup la deuxième partie avec la voix et là c’est parti pour le studio.

Il reste quoi de Iono ? As-tu rapporté des idées que tu avais déjà sur Iono et que tu as utilisées sur Hélios ?

  • En effet la première période de confinement n’est pas celle qui m’a le plus inspirée et j’étais un peu déprimé. Quand ça a commencé à aller mieux, j’ai réouvert des projets que j’avais déjà comme pour Pandemia par exemple qui était dans les cartons de 2019.

En parlant de Pandemia, les thèmes abordés sont assez sombres sur les 2 albums, non ?

  • Oui tout à fait et tu me parlais de corrélation entre les 2 albums et par exemple la dystopie était déjà un thème abordé dans le premier.

Comment vous organisez-vous pour travailler, déjà géographiquement ?

  • On vit tous en région parisienne donc on peut se voir sans trop de difficulté. Mais la pandémie nous a empêché de répéter tous ensemble et de toute façon la crédibilité pour moi ne vient pas forcément de répétitions tous ensemble. J’ai aussi besoin d’isolement pour faire un squelette. Et le reste du groupe donne forme humaine à ce squelette.

Je ne vais pas te demander quel est ton morceau préféré de l’album mais Pandemia est-il un morceau important pour toi ? Perso, c’est l’un de mes préférés.

  • Il n’est pas nécessairement éponyme de l’album mais c’est un morceau long et lourd en effet, du fait du thème qu’il aborde. Pour moi, le morceau éponyme est Spirituel Journey.
    Mais encore une fois, c’est un travail d’équipe et même si je suis le chanteur et un peu un arrangeur, j’ai besoin des autres, Olivier, Clémence et Jesse et de leurs qualités. Spheres n’existerait pas sans eux !

Quel est votre modèle économique ? Vous avez fait une campagne participative, réussie, sur 4000 euros plus 5000 de fonds propres.

  • Bien que je sois ingé son et que j’ai mon studio, tout le reste nous coûte 10000 euros. J’étais prêt à mettre beaucoup et les autres membres ont aussi participé mais il nous fallait de l’aide et c’est super bien que les gens l’aient fait et aient été si généreux !
    Là on a déjà reçu les CD, vinyles, tee-shirts …

Quel a été le retour sur investissement de Iono ? Est-ce que ce problème peut t’orienter ?

  • Déjà ce qui est sûr c’est que l’on a mis beaucoup plus de budget dans ce 2ème. Pour Iono j’étais assez content du retour dans la presse même si j’étais conscient que ça manquait de maturité. Et suite à certaines critiques, j’ai beaucoup bossé ma voix et j’ai repris des cours de chant.

Comment vois-tu Spheres dans le futur ? As-tu un 3ème album dans la tête ?

  • Oui car pour moi c’est une trilogie. Iono(sphère) en ouverture, Hélio(sphère) concernant les espaces stellaires et je tairais le nom du 3éme (rires). Pour le futur on aimerait un manager et un tourneur ou un booker. Il y a beaucoup de choses que l’on doit encore gérer nous-même et je préférerais payer un gars pour décharger un peu, et ça nous professionnaliserait.
    Le tout avec le même line-up car on s’entend super bien !

Quels sont tes derniers coups de cœur ?

  • Alors avant la pandémie j’ai beaucoup aimé Empath de Townsend, Car Bomb ou encore le dernier  Tool.

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