Nous rencontrons Necurat (chant) et Sikkardinal (guitares) de Bliss of Flesh juste après leur prestation du dimanche au Hellfest. Ils sont en forme, rigolent et sont contents de leur show qui vient de se terminer. Ils ont hâte de voir leur quatrième album dans les bacs qui sortira début 2020 chez Listenable Records. Ce nouvel album donnera un nouvel élan aux français après les soucis qu’ils ont rencontré lors de la sortie d’Empyrium qui clôturait la premier trilogie d’un cycle.

Lionel / Born666: Aujourd’hui j’étais devant la scène pour votre prestation au Hellfest, il y a une nouvelle scénographie, ça a évolué avec un côté cérémonial. Pourquoi avez-vous tout changé?

Necurat: On a  toujours accordé beaucoup d’importance à nos prestations scéniques. D’autant que venir au Hellfest était la bonne excuse pour booster et optimiser notre show à 200%. Tout c’est bien passé. Il lui manquait peut-être un quart d’heure de jeu mais bon c’était très bon. C’est pour cela qu’on a mis un point d’honneur à bien travailler notre prestation.

 

Lionel : Oui il y avait que de la fumée et du sang …

 

Necurat:  Ça fait partie d’une étape, ce sont des paliers par lesquels le groupe doit passer. Et tu ne peux pas créer un univers musical simplement que par la musique. On fait quelque chose qui mêle la spiritualité avec une pointe de satanisme par-ci par-là, à fin de recréer une ambiance sur scène .

 

Lionel:  Rappelle-moi la signification des trois mots qu’il y a sur le backdrop sur scène (“Humiliation”, “Suffering” et “Climax”)?

 

Sikkardinal: Ce sont des mots qui viennent de notre premier album qui montraient d’où l’on part et par où on devait passer pour arriver à la Divine Comédie (poème de Dante Alighieri composé entre 1303 et 1321, témoignage de la civilisation médiévale).  C’est une sorte de parcours initiatique. Qui était présent sur les trois premiers albums. Il faut d’abord passer par une phase d’humiliation: tu dois être face à toi-même et être face a tes propres miasmes. Les facettes les plus sombres de ta personnalité. Chose délicate et qui amène à la souffrance . La seconde et de pouvoir la surpasser. Pour enfin toucher à l’orgasme et réussir à te transcender, transformer. Sublimer ses douleurs est quelque chose de plus beau, voir artistique comme l’orgasme.
Necurat: Pour moi c’est un peu comme un leitmotif qui représente Bliss Of Flesh.  Au-delà des trois albums c’est aussi ce qui réunit le groupe, sa manière de penser. C’est pour cela qu’il nous paraissait important de les incorporer à la scène.

Ça traduit aussi un peu nos vies, on est passé par ces trois étapes.

Lionel : Pour en revenir au Hellfest, comment l’avez-vous vécu, avez-vous eu le temps de voir des groupes?

Necurat: Bah moi je suis arrivé vendredi. J’ai vu ta gueule et ton eau minérale, je ne sais pas si tu as un groupe mais après je n’ai plus vu grand chose. (Rire général)… Plus sérieusement j’ai vu un peu Impaled Nazarene. Le samedi je ne suis pas revenu et donc je suis là ce dimanche. En revanche ce soir j’ai envie de voir Emperor.

 

Lionel: Pouvons-nous aborder désormais le nouvel album sorti deux ans après Empyrean. Mais juste avant, quel accueil a été réservé à votre précédent album?

 

Necurat:  A priori l’accueil a été positif en général. Mais il faut se rappeler que la sortie de l’album correspondait avec le départ de Pandemic. Je ne veux pas dire que je m’en fichais de la sortie de l’album mais j’avais un autre problème à gérer. On voulait savoir ce qu’allait devenir le groupe .C’était donc une étape pour nous. On était focalisé à remettre le groupe sur pied. Il fallait qu’on trouve cette équilibre et aller de l’avant.

 

Lionel: C’était donc un gros stress?

 

Necurat:  Oui effectivement je l’ai vécu comme un gros stress. Il a vraiment fallu que je gère ça avant même de penser à l’album Empyrean. 
C’etait à la fois la fin d’un chapitre de la divine comédie  la fameuse trilogie et la fin d’une histoire.

Il fallait donc qu’on s’attelle à un nouvel album et aujourd’hui c’est parfait on a fait le Hellfest et le nouvel album va arriver. On a donc tourné une page avec Empyrean

 

Sikkardinal:  C’est vrai qu’Empyrean avait marqué une étape, un palier qu’on venait d’attendre. Maintenant on a travaillé sur ce qu’on voulait faire en matière de composition, en matière de son . En gros on a reculé d’un pas pour avancer de deux. Ce qu’on ressentait c’était de la colère. Colère froide qu’on a dû gérer. On a recruté un autre musicien. On a vu des dates qui commençait à s’accumuler. On a eu aussi des accidents qui nous ont fait annuler des dates. C’était donc une période très difficile pour nous et on a réussi à la mettre derrière nous. Et maintenant on va de l’avant et le côté positif c’est qu’on s’est relevé plus fort et on a composé un album qui représente toute notre frustration, toute notre colère, la rage qu’on avait trouvé toutes ces années là.

 

Lionel: Ce nouvel album est donc une libération ?

 

Sikkardinal: Oui absolument un catharsis.

 

Necurat : Avec une bestialité viscérale que l’on va retrouver sur ce nouvel album. Il y a 15 jours j’étais encore en studio et je trouve que quelque chose s’y est passé et avec le Festival aujourd’hui tout devient logique.




 

Lionel: J’avais déjà adoré Empyrean donc je n’ose pas imaginer ce à quoi je dois m’attendre. Vous avez changé d’équipe qui s’occupe de vous en studio ?

 

Necurat: On travaille toujours avec HK (Herr Krauss). De l’avoir rencontré sur Empyrean nous a apporté une qualité de son et c’est une personne qui est rentré dans notre monde et qui nous a compris. Et comme il est aussi dingue que nous il est rentré dans cet esprit et ça a bien fonctionné.  En gros tout ce qu’on a tenté sur Empyrean on l’a transformé sur le nouvel album.

 

Lionel: Donc c’est un album où on va retrouver de la haine, de la frustration, de l’énervement et de la colère. Est-ce qu’on va le ressentir dans la musique ? On disait que votre musique était black/death, peut-être qu’avec ce nouvel album elle va être encore plus black ?

 

Necurat: Peut-être mais bon je suis pas fan des étiquettes genre black, death ou autre… il y a aussi une histoire dans laquelle l’album a été composée. Sikkardinal l’a composé sur un temps très court, à peu près 15 jours. Il avait besoin que cela se fasse en huis clos.  L’écriture a aussi été très rapide, à peu près deux mois. Alors que pour faire un album on est plutôt sur une base de quatre ans. On a donc fait un album très très rapidement, la dynamique va donc suivre cette logique là. Le côté court nous permet de garder cette intensité.

 

Lionel:  Avez-vous réutiliser des vieux riffs qui traînaient dans des tiroirs ?

 

Necurat: Ah non pas du tout. Cardinal a réussi à mettre en avant une ambiance. Ce qui m’a aidé pour écrire et trouver des mots.  Ce qui m’a donné envie d’écrire tel ou tel mot. Ce qu’il fait et ce que j’aime dans cet album c’est cette colère que l’on ressent dans la composition. Et je pense avoir pu la retranscrire d’une façon vocale. 

 

Lionel : Sur l’album, on y retrouve que de la colère ?

 

Sikkardinal : Non. Tout d’abord l’énergie première était bien la colère pour démarrer, et ensuite pour se mettre dans un état de transe. On commençait à travailler à 6h du matin jusqu’à 1h du matin. On travaillait un riff à l’infini, on le faisait tourner, on ne pensait qu’à ça et on le retravaillait dès le lendemain à six heures. Et faire ça non-stop pendant 15 jours ça devient très épuisant. Pendant ces 15 jours on ne pensait que batterie, basse et guitare.C’était des semaines intenses mais  aussi enrichissantes. Ce qui fait plaisir c’est qu’on est tous rentrer dans cette thématique là. La ligne directrice c’est la directive du maître de l’esclave d’Angel.

 

Lionel: Vous vous êtes donc inspiré d’ouvrage ?

 

Necurat: On s’est inspiré de l’ouvrage La Servitude Volontaire de La Boétie (Thèses abordant le pouvoir des tyrans). C’est l’ouvrage qui m’a servi pour me nourrir pour la compo. L’album traite de « qu’est-ce qu’il fait qu’à un  moment tu vas te mettre à genoux devant une personne parce que toi tu choisis à un moment donné que cette personne va devenir ton bourreau, ton tyran.

Alors que le pouvoir c’est toi qui le possède! Je tiens à préciser qu’on fait pas de politique.

 

Lionel: Il y a combien de titres sur l’album?

 

Necurat: Il sort en janvier sur une durée de 45 minutes il y aura entre huit et neuf titres. Je peux te dire le titre de l’album il s’appellera Tyrant et il sortira en janvier ou février 2020 chez Listenable Records.

 

Lionel : Bah on a plus qu’à attendre, quelque chose à rajouter?

 

Bliss of Flesh: Oui va te faire foutre! (Rire général)

 

Lionel: Merci les mecs ! Merci!
 

Bliss of Flesh

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