JOE JACKSON 
L’Olympia – Paris

Mardi 2 Juillet 2019



Après un Olympia en avril dernier, Joe Jackson revient à Paris célébrer quatre décennies d’existence avec le Four Decade Tour, à La Cigale cette fois-ci. Le britannique qui a touché à beaucoup de styles, démarrant dans une new-wave punkoïde, intégrant ensuite des rythmes latins puis abordant le jazz est toujours bien vivant quarante après ses débuts comme le prouve son vingtième album studio, le très beau ‘Fool’, sorti en Janvier 2019. Voilà, vous savez tout ou presque, assez en tous les cas pour profiter du spectacle. Alors, installez-vous confortablement à votre siège – la salle est en configuration assise -, les lumières s’éteignent…enfin pas tout de suite.

Joe Jackson


Dans l’immédiat, un public quarantenaire voire cinquantenaire, en habit de ville, s’installe tranquillement au son d’anciens morceaux de jazz. L’ambiance fait plus ambiance théâtre que concert de musique amplifiée. Quelques timides harangues accompagnées d’applaudissement se font entendre. Rien toutefois qui n’enflamme une Cigale qui patiente tout en discutant.

Vers 19h50, les lumières s’éteignent et les musiciens arrivent un par un, applaudis par le public qui est désormais très attentif.

Doug Yowell arrive le premier et s’installe derrière la batterie, suivi de Graham Marby à la basse ; l’homme accompagnait déjà Joe sur les premiers albums, ‘Look Sharp’ et ‘I’m The Man’ ! Puis le guitariste Teddy Kumpel arrive avant que le patron ne s’installe à son tour derrière les claviers, position qu’il ne quittera pas de la soirée. La réaction des spectateurs à son arrivée fait plaisir à entendre.

Le début du concert est surprenant, sans faste ni grandiloquence. Déjà, l’arrivée des musiciens est sobre et le titre ‘Alchemy’, calme et jazzy, qui ouvre le spectacle n’est pas forcément le morceau le plus facile à appréhender avec sa longue plage instrumentale d’introduction. Et que dire de ces lumières rouges qui habillent cette ouverture ! Ce morceau conclura la prestation avec les mêmes lumières et la même sortie un par un des musiciens.

Au rayon belle surprise en ce tout début de concert, le son. Épatant ! Tout est parfaitement bien dosé et cela restera le cas tout au long du concert. Un régal pour les oreilles !


Joe Jackson


Avant le deuxième morceau, Joe s’adresse à son public, demandant ceux qui étaient présents à l’Olympia, explique qu’ils ne peuvent pas faire un concert totalement différent et qu’ils joueront des titres des quatre décennies.

One More Time’ qui suit remporte un beau succès tout comme ‘Is She Really Going Out With Him’, deux titres issus du premier album sorti en 1979, ‘Look Sharp!’. ‘Fabulously Absolute’ du dernier album enchaîne et s’intègre parfaitement à la suite de ses aînés quarantenaires. Le titre, rock très enlevé, est à ranger du côté punkoïde de l’anglais.

Joe introduit longuement le prochain morceau, ‘Dave’, toujours issu de ‘Fool’. Il y parle d’une ville où tous les hommes s’appellent Dave. Cette jolie chanson tranquille avec son joli piano amène La Cigale dans une ambiance plus feutrée.

L’habillage lumineux a fort heureusement abandonné le rouge ingrat du début pour des éclairages sobres et élégants. Le fond de scène est habillé de tissus disposés comme des rideaux dont les drapés sont mis en en relief par les lumières. L’élégance prime aussi à ce niveau. Même les musiciens sont habillés avec style ; le tee-shirt basique n’est pas de mise.

Très communiquant, Joe explique que le prochain titre est issu des années quatre-vingt. ‘Another World’, grand classique jacksonnien, grand classique pop rock tout court, est salué comme il se doit par La Cigale qui apprécie aussi le court intermède à la basse. L’enchainement avec le piano qui prend la relève est de toute beauté. Le beau final du morceau remporte un vif succès.

La décennie quatre-vingt-dix est abordée avec ‘Going Down Town’, titre au rythme qui swingue et qui profite d’un gros solo de piano.

Joe varie les ambiances avec ses différents morceaux. Cette variété est bien agréable et ne nuit étonnamment pas à la cohésion d’ensemble.

Le son est toujours propre et la voix de l’anglais n’a pas bougé ! Très, très appréciable !

Après un ‘Other Me’ qui manque peut-être d’un peu de peps, le très beau ‘Real Men’ démarre comme une caresse, reçoit quelques applaudissements quand Joe attaque le chant. Puis la guitare et la batterie déchirent l’espace sonore ! Magnifique. La caresse reprend avant que batterie et guitare n’investissent à nouveau nos tympans pour leur plus grand plaisir ! Doug cassera même une baguette sur ce ‘Real men’ ce qui donnera l’occasion aux musiciens de plaisanter entre eux. Ce très beau classique de l’album ‘Night And Day’ reçoit une grosse ovation. Logique, son interprétation ce soir magnifie le titre.


Joe Jackson


« Let’s move to the 21st century » propose le chanteur, indiquant que de son point de vue, ‘Rain’ est son meilleur album. Et le prochain morceau de démarrer avec Joe, sa voix – quelle voix ! – et ses claviers avant que les autres musiciens ne rejoignent le chanteur pour un titre très enlevé ! Parfait avant ‘It’s Different For Girls’ et sa douceur. Titre qui, à nouveau, remporte un gros succès. Le public a beau être assis, il ne perd pas une miette du spectacle et montre combien il l’apprécie.

Retour à la dernière production avec le titre ‘Fool’, Joe expliquant que le fou, le bouffon est là pour faire rire mais aussi pour dire la vérité. Bizarrerie inclassable, le morceau navigue entre airs folk irlandais, inspirations jazz, soutenu par un rythme saccadé, le tout saupoudré d’un zeste de sonorités latines. Le public apprécie.

Allez, changeons d’ambiance, repartons quarante ans en arrière, avec le plus rock ‘Sunday Papers’ issu de ‘Look Sharp !’. Joe nous explique ensuite la reprise du jour : le thème d’une série policière, dans une version chantée par Sarah Vaughn, une grande chanteuse de jazz pour l’anglais qui précise avec humour qu’il n’est évidemment pas une grande chanteuse de jazz lui-même ! Il s’agit du thème de la série Peter Gunn (que certains d’entre vous peuvent connaître aussi par les Blues Brothers).

Le très enlevé ‘You can’t get what you want (till you know what you want)’, habillé de chaudes lumières orange et jaune, permet à Teddy Kumpel de placer un solo de guitare apprécié du public. Joe est entouré de sacrés musiciens ! Le joli ‘Ode To Joy’ suit avec sa guitare qui déchire l’espace, offre à Doug un court solo de batterie – chacun des musiciens a le droit à son moment, sympa. Et tout le groupe de stopper la musique d’un coup et de se figer, immobiles comme des statues ! Effet garanti, simple et frais. Le public jubile, explose lorsque Joe et ses acolytes reprennent le morceau.

Le patron présente ensuite les musiciens avant de lancer le très rock ‘I’m The Man’ qui fait se lever la salle ! Enfin ! Le tout était très élégant, superbement exécuté, avec un Joe très communicant, mais très statique. Il manquait un peu de ferveur. La voici. Le concert atteint une belle intensité ! Même Teddy et Graham quittent leur position pour se placer devant la scène !

Joe s’en va, laissant ses musiciens terminer le morceau sous les applaudissements d’un public aux anges. Il est 21h17 et cette première partie se termine avec une belle énergie rock’n’roll !

La Cigale restée debout applaudit, fait du bruit pour que le groupe revienne. Les voici de retour, Joe tenant un drôle d’objet dans les mains. Et d’expliquer que, depuis quarante-ans, ils ont essayé de faire différentes versions des morceaux, différents arrangements et que dans le cas présent, ils vont justement essayer de jouer le morceau suivant exactement comme l’original, comme il a été enregistré en studio. Le chanteur révèle enfin que l’objet qu’il tient dans les mains est la boite à rythmes originale !

Teddy est désormais au clavier – un japonais bon marché selon Joe lui-même ! -, Graham se met au xylophone.

« The first thing we have to do is to make sure this machine works” indique l’anglais. Doug qui a installé l’objet sur sa batterie, appuie sur le bouton, ferme les yeux…suspens ! ‘Steppin Out’ est lancé ! Déclenchant pour l’occasion l’apparition de nombre de portable dans la salle qui filment l’instant ! Eh, les gens ? L’instant présent, cela vous parle ? Vous avez quatre heures pour rendre votre copie !

Mais que cette chanson est belle !

« Thank you very much, thank you for supporting us, thank you for supporting live music » dira Joe avant de basculer sur le très punk ‘Got The Time’.

Alchemy’ clôture la fête vers 21h35. Élégante, variée, teintée d’humour, servie par un excellent son et d’excellents musiciens, cette soirée n’aura que pu satisfaire pleinement les fans de Joe. La réaction de la salle l’atteste !

Au fait, vous avez remarqué ? Aucune mention de première partie. Il n’y en a pas eu !


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