Little Steven
La Cigale – Paris
Dimanche 23 Juin 2019

littel steven


Little Steven, instigateur d’une soul flamboyante

 

Aucun doute, l’ambiance intimiste de La Cigale n’aurait pu mieux se prêter à la musique de Steven Van Zandt, aka Little Steven, accompagné de ses Disciples of Souls. C’est sans première partie que l’artiste démarre sa tournée Summer of Sorcery plus qu’envoûtante, accompagné d’une quinzaine de musiciens versatiles. Sur scène depuis ’75, le bostonien d’origine s’est surtout fait connaître comme acolyte de Bruce Springsteen, ancien membre du célèbre E-Street Band.

Avant tout indépendant, au caractère aussi bien trempé que ses accords acérés, Little Steven est bien plus que l’ancien guitariste du Boss. Véritable touche-à-tout, acteur renommé et écrivain engagé, l’artiste se livre à cœur ouvert dans un militantisme musical sincère. Humble, authentique – créateur, entre autres, d’un groupe de musiciens unis contre l’apartheid – Little Steven véhicule dès les premiers instants du show un propos empreint de tolérance aussi éthique que bienveillant. Prônant l’abolition des frontières de l’exclusion et des inégalités, le rockeur s’acharne à distribuer un message de paix, touchant et plus que jamais essentiel.


little steven


S’ancrant dans un Jersey Shore Sound bien trempé, Little Steven alterne spontanément entre funk et rhythm’n’blues. Pape de la soul et du rock psyché propre à ses débuts dans les seventies, le rockeur atteint des sommets accompagné de son groupe chevronné. Il faut dire que le bougre sait bien s’entourer, entre un trio de choristes revisitant l’esprit Motown, et un quintette de cuivres façon orchestre jazzy.

La tête scindée d’un bandana, paré de tissus chatoyants, Little Steven est aussi coloré que sa musique. A la façon d’un corsaire moderne, jamais surfait, l’artiste joue avec les textes et les mélodies pour un aboutissement harmonieux à souhait. Musicien hors pair, il revient à ses premiers amours teintés de black music avec les tubes récents de son album Soulfire. Entamant un show dense par le titre éponyme sorti en 2017 – émergence de l’ombre pour le gaillard, resté dans les pas de Springsteen pendant plus de quinze ans – Little Steven s’offre un retour aux sources intemporel.

Deux heures et demie durant, l’artiste livre une prestation sans temps mort, brillante sur toute sa durée. Entre tous les tubes qualitatifs et profonds, les épiques Love on the wrong side of Town et I’m a patriot ne manquent pas d’apporter une touche groovy à la fosse subjuguée. Little Steven n’est pas sans rappeler le génie de Stevie Wonder, avec une rythmique dans la peau et des titres mélodieux souvent dignes de Superstition.

Émouvants, les adieux peinent à se faire tant le groupe paraît infatigable, emporté dans une transe musicale exaltée. Lors des aurevoirs de Steven Van Zandt et de ses acolytes à l’énergie brute, impossible de ne pas être nostalgique d’une époque presque révolue, celle des artistes purs et des chansons emblématiques, celle des textes engagés et des personnalités téméraires aux causes solides, bataillant sans vergogne pour un monde meilleur.


 

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